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« Promotion canapé »: entre son poste et sa dignité, il faut choisir

Avec le taux de chômage qui ne cesse d’augmenter, dégoter un emploi est devenu très compliqué. Quand on a la chance d’en trouver, décider tout d’un coup de quitter son boulot est un choix très difficile. Dorine, 24 ans, a dû s’y résoudre. Elle nous raconte comment elle a jeté l’éponge à cause du harcèlement répété d’un patron véreux.

Dorine a atterri dans une entreprise comme chargée de marketing. Avec deux ans d’expérience dans un domaine similaire, il n’y avait rien à lui apprendre, sauf quelques directives à suivre. Vu qu’elle travaillait dans le même bureau que son supérieur, les conversations n’ont pas tardé à tourner autour de sa personne et non du métier. Quelques fois après les heures de travail, l’équipe de l’entreprise aimait aller prendre un verre ensemble, histoire de papoter et parler des perspectives du boulot. Dorine se sentait épanouie au travail, car elle s’était vite intégrée dans l’équipe. « J’étais étonnée de voir un supérieur prendre un verre avec ses subalternes, chose rare dans beaucoup d’entreprises », se rappelle-t-elle. Jusque-là, l’ambiance au travail était plutôt bon enfant.

Le vrai visage du boss

Rien de plus gênant quand on doit parler de sa vie privée au travail, surtout quand c’est un chef qui fait le premier pas. « Avec le temps, le boss a pris l’habitude de m’envoyer des messages jusque tard dans la nuit. Je ne voyais aucun mal dans cela, sauf qu’il commençait à s’intéresser à ma vie privée », témoigne Dorine. La jeune citadine n’arrivait pas à cerner les conversations de son boss. Grâce à ces sorties entre collègues après le travail, elle s’était trouvée un ami avec qui elle partageait ses confidences. « Je lui ai fait part de mon inquiétude suscitée par les avances du boss. Ça commençait à aller trop loin puisqu’il me demandait même de  passer le temps chez lui ». Ces avances, Dorine n’arrivait pas à les contenir. Elle devait souvent expliquer pourquoi il y a des messages auxquels elle n’a pas répondu la veille. L’histoire s’emballa quand, après six mois,  il a été question de renouveler son contrat. Tout reposait dans les mains du boss, car lui seul pouvait décider si Dorine continuait à travailler ou pas. « A deux jours du renouvellement, il est allé jusqu’à me dire que si j’acceptais ce qu’il me demandait, le boulot serait à moi, si non…… C’est ce même jour qu’il avoua qu’il m’aimait et tout le tralala qui va avec », raconte-t-elle. 

Ce qui devait arriver arriva

Malgré tous ces tumultes, Dorine restera sereine. « Vaut mieux perdre mon poste que ma dignité », se dit-elle. Comme par magie, elle parviendra à signer le nouveau contrat, non sans conséquences. Après que tous les blocages aient échoués, le patron fera tout pour que Dorine soit mal cotée. Des mises en garde par ici, de faux rapports par là, etc. Les six mois du second contrat seront un calvaire pour elle. « Il organisait même des réunions de tout le staff  juste pour me blâmer, comme quoi je ne faisais pas avancer l’entreprise. Mon cahier de charges a été « surchargé » sciemment, et je n’avais pas eu d’autres choix que me de conformer aux nouvelles responsabilités », précise-t-elle. Se sentant de plus en plus inutile au travail, la jeune femme finira par jeter l’éponge, laissant ainsi le poste vacant, non pas à cause d’une incompétence, mais sous la pression du patron. C’est plus tard que ses anciens collègues lui apprendront que le boss s’est frotté les mains après son départ, mettant en garde le reste des employés que quiconque s’opposera à lui n’aura plus de place dans l’entreprise. 

Dorine est un exemple de la résilience des femmes et des filles face aux patrons prédateurs qui veulent débaucher leurs employées grâce à leur position. Certainement que d’autres femmes (ou même des hommes) sont en train de se battre pour résister aux assauts des patrons sans foi ni loi, qui pensent que tout leur est permis. Cela est une turpitude qui est bien connu au Burundi, un phénomène qui tend à se banaliser. Tout le monde devrait se lever comme un seul homme pour dire non aux harcèlements en milieu professionnel. 

 

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