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Prédation sexuelle en milieu professionnel : à quand la fin de l’omerta ?

On ne le sait que très bien, le chômage est devenu presque une fatalité pour les jeunes. Mais même quand on gagne le gros lot et qu’on dégote un job dans une entreprise, les choses peuvent aller de travers. Ayant décliné les avances de son employeur véreux, Anitha a perdu son poste…. mais elle a gardé sa dignité intacte. Témoignage.

« Mon boulot a été comme un jackpot », lance Anitha*, 27 ans. Fraichement sortie des auditoires et en pleine rédaction de son mémoire, elle est tombée sur une juteuse offre : assistante du responsable des Ressources Humaines dans une entreprise privée. Le manager de l’entreprise était un blanc dans la quarantaine. « J’ai été bien accueillie dans la boite, ce qui m’a fort rassurée », se remémore-t-elle. Mais, plus le temps passait, plus le patron devenait de plus en plus familier avec la nouvelle recrue. « Après un mois dans mes nouvelles fonctions, le manager a commencé à me faire des avances appuyées de jour en jour. Il avait mon numéro de téléphone et m’écrivait des messages qui n’avaient rien à voir avec le boulot ». Au départ, la ‘’bleue’’ de la boîte  croyait que c’était pour l’intérêt du travail. Sans pour autant être irrespectueuse, elle répondait aux messages tout en gardant une certaine distance. «  Je trouvais un peu exagéré de parler à mon supérieur d’égal à égal ».

La résignation pour garder son poste

Comme si les messages ne suffisaient pas, le manager ira encore plus loin. Des propositions de sorties après les heures de travail ou des invitations d’excursion dans des endroits sublimes, toutes les tentatives laissaient la pauvre assistante perplexe. La peur s’est mêlée au doute. « Je ne savais pas quoi répondre à toutes ces invitations car je ne voyais aucun intérêt à passer des moments avec le boss ». Le comble de malheur, il ne lui était pas facile d’esquiver les avances vu que les deux travaillaient dans le même bureau. Un jour, une invitation d’aller prendre un verre après le boulot lui est faite. Le cœur d’Anitha balance, mais après une longue insistance, elle finira par accepter. « De peur de perdre mon travail, je me suis résignée à contrecœur, car un seul ordre de sa part et j’étais virée », précise-t-elle. Par précaution, elle propose que le « verre » soit partagé durant la pause de midi. « Je me souviens que durant ce soi-disant rendez-vous, j’étais vraiment mal à l’aise et je priais pour que personne ne nous reconnaisse », continue Anitha. 

Licenciée à la fin

Après ce premier rendez-vous, le manager ne cessera pas de la harceler. Petit à petit, tout cela affectera le rythme de travail d’Anitha. Les remarques au boulot se soldaient presque toujours par des propositions de sortie après le travail. « Chaque matin, je me sentais stressée en pensant que je devais passer toute la journée avec un employeur qui me harcelait ». Malgré tout cela, Anitha n’a jamais pipé mot à ses collègues pour ne pas mettre en danger son poste. Elle optera pour ne plus répondre aux messages de son boss. Sauf que sa décision va lui couter cher, car quelques temps plus tard, elle sera licenciée. Motif avancé : l’entreprise était dans une mauvaise passe financière et devait se séparer de certains travailleurs. « Je suis sûr que c’était plutôt lié à mon refus de devenir sa « maîtresse » car oui, il était marié et sa femme était à l’étranger ». Ce licenciement lui a fait mal, mais il lui a permis de garder sa dignité. Elle continuera à rédiger tranquillement son mémoire. 

La mésaventure d’Anitha est loin d’être un cas isolé. Le milieu professionnel cache des prédateurs prêt à tout pour arriver à leurs fins. Les victimes s’enferment dans la peur ou finissent par tomber dans le panneau. Et si tout le monde se mobilisait pour briser le silence ?

*Anitha est un nom d’emprunt.

 

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