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Infamie à Gitongo : Kessia, 7 ans, vivra désormais avec la souillure du viol

Une hideuse réalité s’installe insidieusement dans la routine de nos vies : le viol des enfants en bas âge par des adultes. Il suffit d’un instant d’inattention ou d’une simple naïveté d’un parent pour que l’horreur tombe dans toute sa hideur. Voici l’histoire de Kessia, âgée de 7 seulement, qui a subi les assauts voraces d’un adulte et vivra dorénavant avec cette balafre du destin qu’est le viol. 

Une mauvaise nouvelle est venue perturbée la routine des créateurs de contenus de Yaga. Mardi soir du 12 mars courant, une des activistes qui milite en faveur des droits des femmes a contacté en urgence l’un des responsables de Yaga pour porter à sa connaissance une triste affaire de viol d’une petite fille du nom de Kessia, habitant la commune Muhuta de la province de Rumonge. Pour savoir ce qui s’est réellement passé, un reporter de Yaga s’est rendu sur les lieux. 

Pour arriver à Gitongo, il faut affronter le relief escarpé des montagnes surplombant le lac Tanganyika. Mais avant d’y arriver, il faut d’abord regagner Gitaza d’où une moto vous transporte sur les pistes des montagnes abruptes de Muhuta. Il faut avoir le cœur bien accroché pour rouler à moto dans ce coin. Gitongo n’est pas très loin de Gitaza, mais la randonnée à moto peut vous coûter la bagatelle de 30 à 40 mille Fbu, ce qui veut dire que l’aller-retour Gitaza-Gitongo vous coûte entre 60 et 80 mille Fbu. Mais, parlons d’abord de ce qui est arrivé à Kessia. 

L’horreur dans toute sa hideur

Mme Géneviève Iratubona, 23 ans, rentre fatiguée des travaux champêtres. Alors qu’elle prépare le repas aux environs de 19h, elle envoie sa petite fille Kessia Mugiraneza lui acheter un crédit téléphonique de 1 000 Fbu à un kiosque se trouvant à quelques mètres de la maison. Kessia trouve le kiosque fermé. Elle revient le dire à sa mère qui l’envoie cette fois-ci chez Léa Ndayisenga, une voisine dont le garçon, Kelis, élève en terminale, fait le commerce des ‘’unités’’ Lumitel. La fillette y va sans se poser de questions. Arrivée chez la voisine, elle trouve le garçon qu’elle cherche devant la maison. Celui-ci lui pince les joues (kumurya ibinuma) puis la soulève et l’amène derrière la maison et commet son forfait. Après cela, il rhabille la petite fille qui pleurniche doucement. « Alors qu’il la ramène de derrière la maison, le démon le ressaisit encore une fois. Il la reprend et la ramène derrière la maison et refait son affaire »

A ce moment précis, la petite fille, qui se tenait près de sa mère et écoutait notre conversation sans y participer, montre deux doigts, l’index et le majeur, et prononce, sans aucune émotion dans la voix, un mot : « Kabiri ! » (Deux fois, Ndlr). On marque un temps de pause. Le moment est terrible. C’est le seul mot qu’elle prononcera en notre présence. 

Un criminel inconscient de la gravité de son acte ? 

Le petite Kessia est donc rentrée à la maison en pleurant, les habits tâchés de sang. La maman essaie de savoir ce qui s’est passé et va voir Nyumbakumi (chef de cellule) de Gitara pour lui raconter les mésaventures de sa petite fille. Nyumbakumi lui conseille d’amener la petite fille au centre de soins avant toute autre chose. Mais il fait déjà nuit. Il faudra attendre le lendemain pour cela. Mais Géneviève a du mal à accepter ce qui vient d’arriver à sa petite fille. Elle décide d’appeler Kelis, le violeur en personne. Celui-ci explique que la fille a buté sur quelque chose et qu’elle s’est blessée en tombant. La mère meurtrie accule le garçon dans ses derniers retranchements. Ce dernier, très en colère, envoie à Géneviève, un message expliquant qu’il n’a pas eu de relations sexuelles avec la petite fille, parce qu’il n’a pas enlevé son caleçon à lui, qu’il a seulement déshabillé l’enfant et s’est frotté à elle. La mère a l’impression de visionner un film d’horreur. Quand le garçon réalise qu’il a commis l’irréparable, il prend la poudre d’escampette. 

Sieur Kelis n’avait même pas encore éteint son téléphone deux jours après la commission du viol. Il a même bipé une activiste qui avait essayé de le joindre pour lui demander des explications. Même, quand on était à Gitaza, on a essayé de le joindre. Son téléphone sonnait, mais il n’a pas décroché. 

Dimanche, la petite fille a été prise en charge au centre de santé de Gitongo. Les professionnels de santé l’ont transférée ensuite à l’hôpital de Kabezi où des soins appropriés lui ont été prodigués. 

Les développements de l’affaire

Après les soins à l’hôpital de Kabezi et l’établissement d’une expertise médical, le médecin a envoyé Kessia au centre Seruka pour les soins complémentaires et l’établissement d’une expertise médical. Ensuite, Géneviève, la maman, est allée voir l’OPJ de Gitaza, qui l’a reçue et l’a écouté attentivement. Après, l’OPJ a procédé à l’arrestation de Mme Léa Ndayisenga, la mère de Kelis, le présumé violeur de la petite Kessia. Il a aussi arrêté un certain Dismas, chef de cellule de Gitara. Les deux sont soupçonnés d’avoir cherché à résoudre cette affaire à l’amiable. Geneviève soupçonne également Léa d’avoir couvert son fils pour lui permettre de s’en fuir après le forfait. « Lorsqu’un agent de police est venu appréhender Kelis, Léa lui a dit qu’il était allé laver ses habits. Quand l’agent de police est revenu à la charge, elle lui a dit qu’il était parti prendre son téléphone là où il l’avait laissé pour charger ».

Kelis s’est évanoui dans la nature sans laisser de traces. Mais sa cavale ne durera pas longtemps, selon les sources policières proches du dossier. Nous leur avons même posé la question de savoir pourquoi on n’utilise pas la géolocalisation pour débusquer le fugitif. Il nous a été communiqué que cette solution est envisageable, que la police est prête à délivrer une réquisition à l’endroit de l’ARCT dans ce sens, mais que c’est la partie lésée qui se chargera de l’acheminer à cette institution. 

Les implications de cette terrible affaire

Les deux personnes qui avaient été arrêtées ont été relâchées, fautes de preuves, ce qui a ulcéré la mère de la jeune fille. Mais nos sources nous ont affirmés qu’il n’y avait aucune once de preuve qu’ils ont essayé d’arranger cette affaire à l’amiable. Les agents de police ont été sensibilisés sur ce genre d’affaire. Ils se sont fait une joie de monter un dossier sur eux, nous ont assuré nos sources. Actuellement, le dossier a été transmis au procureur de la République à Rumonge. 

Cette ignoble histoire a coûté les yeux de la tête à la famille. Mme Geneviève fait partie de ces gens que la vie n’a pas gâtés. Elle passe son temps à labourer la terre pour faire vivre sa fille. Elle n’a rien demandé, et elle aurait été contente de rester dans l’anonymat en continuant à mener une vie tranquille. Mais voilà qu’elle est obligée de faire face à une terrible situation qu’elle n’aurait jamais imaginé. Et avec ça, toutes ses maigres économies y sont passées. En faisant un rapide calcul avec nous, la somme dépensée est de 151 600 Fbu. La moitié de cet argent a été empruntée aux voisins compatissants. Elle en appelle aux bienfaiteurs pour lui venir en aide pour qu’elle puisse obtenir justice et se reconstruire une vie après cette épouvantable épreuve.

 

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