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Tuer son conjoint, un crime odieux

Au Burundi, des cas d’assassinats entre époux existent, sont récurrents et cela inquiète. Si dans la plupart des cas des femmes sont victimes, un retour de bâton semble se ruer sur les hommes. Dans tous les cas, ces situations sont le reflet d’un malaise social qui a besoin de diagnostic.

Pour éviter d’entraver le travail de la justice, je me permets de partir d’un cas moins récent. Il s’agit d’un officier de police qui a tué sa femme en zone de Kanyosha en décembre 2018. L’officier en question a été dernièrement révoqué des corps de la police. Un cas qui renvoie à d’autres bien similaires qui n’ont pas manqué de défrayer la chronique.

De Venus à Seth

Suivez-moi un instant dans le monde de Venus, déesse de l’amour dans la mythologie romaine. Sentez combien il fait beau d’y reposer. Supposons ensuite que vous êtes en couple, vos fiançailles sont bien connues du public. Personne ne peut plus se passer de l’autre. Ça y est, le mariage n’est plus loin. De votre union sont issus deux gosses super beaux. Tout semble parfait, jusqu’au jour où…

Comme si un vaisseau spatial survient de nulle part et vous intime l’ordre de rejoindre Seth, le dieu du désordre et de la confusion dans la mythologie grecque, vous êtes conduits sans résistance vers une destination toute différente du paradis de Venus. Entre suspicion, angoisse, déception, infidélité, hypocrisie, le cocktail est explosif, difficile d’y survivre. Lorsqu’on en arrive à ôter la vie de celui ou celle que l’on chérissait, l’irréparable a été consommé. 

Sieur « Niko zubakwa » n’est pas innocent

Au cœur de la vie de couple se succèdent plusieurs scènes. Certaines s’enchaînent avec une fureur et une fougue inouïes. Entre amour et haine, la ligne de séparation devient fine, très fine. C’est cet amalgame qui, bien des fois, finit par provoquer des scandales. Oui mais, jusqu’à tuer ? Tuer est un acte lourd de conséquences. C’est curieux de voir comment certains conjoints parviennent à en finir avec leur partenaire avec une facilité déconcertante. C’est un acte qui, au-delà de la prison, jette l’opprobre sur  toute la famille et l’entourage.

Parmi les coupables de cet état de fait, l’adage, « Niko zubakwa » (ainsi se construit un ménage, ndlr). C’est devenu la potion magique prescrite à presque toutes les familles en détresse. C’est sans se rendre compte des conflits conjugaux dont cela est le catalyseur. Voilà un pan de la culture burundaise à revoir. « Niko zubakwa » incite des couples à rester sous le même toit sans pour autant vider les questions en suspens. En couple, le désaccord est certes quasi-permanent, à condition d’y remédier. Mais si une solution tarde à venir au sujet des questions vitales, une cohabitation peut faciliter l’accomplissement du plan macabre de l’un des partenaires.

Pour un changement de mentalité

Si l’amour est la pierre angulaire d’une relation de couple, il est temps de le recadrer face aux réalités vécues, et prendre le danger qu’encourt un couple en désaccord. On ne peut pas penser que le temps pourra résoudre tous les problèmes de couple. Taire les problèmes que traverse le foyer est une consigne nous inculquée dès le bas âge. Mais il a été démontré qu’un problème non avoué ou mal présenté finit par aboutir le plus souvent à une issue fatale.

Il serait important que l’Etat revoie la loi en la matière notamment le code des personnes et de la famille, vieux de plus de 30 ans. Et pourquoi pas, qu’il organise des états généraux sur la famille au Burundi. Des enquêtes permettraient de mettre en évidence combien certaines familles burundaises vivent sous le diktat de la culture face à une modernité qui apporte constamment de nouveaux défis à la vie conjugale, des défis qui trouvent rarement solution.

 

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Les commentaires récents (1)

  1. 1. Jewe sindasobanukirwa neza igituma i Burundi nama numva ngo naka yagirizwa icaha NGO YACIYE AHUNGA!!! (aho lero akaba asize umugore n’abana batagifise uwobaronderera icobatunga, kandi ukibaza ko ivyo bagirizwa bingana no gupfira mu mahanga).
    2. Mugihe naho iyo nkozi y’ikibi ifaswe, kenshi biraboneka k’umengo biri mu mico y’abarundi aho bakora amafuti/amabi HANYUMA AHO KWEMERA GUHANIRWA AMABI BAKOZE BAKAZA GUSA BATAKAMBA NGO BAJE GUSABA IKIGONGWE GUSA ATA N’INDISHI BATANZE (manque de prise de responsabilite totale de ses actes).
    3. Nk’ubu mu budagi niyumvira ko abantu benshi bazi ko hari amabi bayakoze nabo boyishura umunyororo wo guherayo kuko abanazi bo hejuru bakorana na Adolphe Hitler baciriwe urwo gupfa.
    Jewe mbona no muri kazoza nk’umurundi azokora amabi YIYUMVIRA KO NAWE AZOSABA GUSA IKIGONGWE NK’UKO UBU BIKORWA (= perpetration de la culture de l’impunite).