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À Sabrina, ma fille : « Sois plus prudente que ta maman et moi »

Veuf et père de 3 enfants, Alexis a du mal à regarder, sa fille en pleine adolescence, droit dans les yeux pour lui donner des conseils sur la sexualité et les dangers qui sont derrière cette période. D’où l’idée de lui écrire une lettre à celle-ci.

Ma chère fille, 

Tu es si adorable. Chaque matin, je te regarde et j’ai l’impression que tu grandis toutes les 30 secondes. J’en suis très impressionné, fier, ému et réconforté. Regarde-toi dans la glace. Tu es la photo crachée de ta mère. Elle te manque je sais, mais tu n’es pas la seule.

Le sujet de ce petit texte n’est pas de la nostalgie, loin de là. Tu sais, prunelle de mes yeux, la communication entre un père et sa fille n’est pas toujours facile bien que tu sois ma progéniture, ma raison d’être. Tu n’es plus la petite fille que je taquinais du matin au soir. Tu as tellement grandi que j’ai du mal à intégrer le fait que tu deviennes petit à petit une femme. Il est plus que temps que l’on aborde des choses sérieuses. 

Ma Sabrina, du haut de tes 17 ans et une beauté qui pourrait défroquer Prêtres et Archevêques, il est de mon devoir de te prévenir sur ce qui peut rôder autour de toi. Le bon comme le mauvais.

Du droit de savoir

Il y a une réalité que tu as droit de connaître. A cette date même que je t’écris, à notre époque, ta mère venait d’avoir ses 17ans. C’est fou comme coïncidence. On vivait le grand amour. On s’aimait beaucoup et nos corps ont cédé aux pulsions. C’est à ce moment que tu t’es invité aux cérémonies. Ta mère est alors tombée enceinte de toi. Ce n’était pas la joie, du tout. Elle a été obligée de passer les trois premiers mois de la grossesse chez une amie pour éviter de croiser le regard de ses parents. Tellement elle avait honte d’elle, de nous, de notre aventure. 

De mon côté, je ne pouvais que me condamner, me haïr de tout mon être. Je noyais mon chagrin dans l’alcool, mon cœur était lourd de peine. J’étais encore à l’université, en première année de candidature tandis que ta mère, elle, commençait à peine le cycle supérieur du secondaire. Tu comprends plus que moi que j’étais pris pour un assassin, un violeur. Je me l’accusais à chaque battement de mon cœur. En même temps, je l’aimais encore, et de plus en plus. Avec ta venue au monde, le corps des étudiants s’est organisé pour nous appuyer, et nous avons pu vivre ensemble. Tant bien que mal.

Sois plus prudente

Ma petite chérie ! Notre histoire ne peut être résumée sur une petite page. J’ai beaucoup à te révéler. Mais mon souhait le plus cher est de ne jamais avoir à revivre le même scénario avec toi. Je n’y survivrais pas, en plus de l’absence de ta tendre mère.

Sabrina, tu pourrais avoir déjà un petit ami. C’est ton plein droit, et je ne pourrais m’y opposer. Mais je tiens à te supplier. Sois plus prudente, réaliste et objective. Fixe-toi des buts à atteindre, gère bien ton corps, confie-toi à de vraies amies, fais de bons choix. Ne choisis jamais la voie la plus facile, ne prends pas de solutions irréfléchies. Tu es peut-être encore jeune, te dis-tu peut-être, mais c’est la période de la vie la plus difficile à franchir. À compter de cette lettre, je voudrais casser le statut de père/enfant et devenir ton ami, ton confident. Celui qui t’aime et t’aimera jusqu’à son dernier souffle.

Ton cher papa

 

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Les commentaires récents (10)

  1. C’est honorable de la part d’un parent agerageza gutahura son enfant sans avoir à jouer les simagrées des mentalités coincées selon lesquelles ces sujets devraient rester tabous. Cela n’engendre que des grossesses indésirables et des malentendus. Acclamons de bons pères comme celui là

  2. Si tous les parents étaient ainsi ! Il faut aller au delà des tabous pour protéger nos enfants ! Si tu ne lui conseille pas à son bas âge, il grandira avec ses idées , bonnes ou mauvaises !
    Chapeau à ce Papa

  3. C’est vrema adorable, petit à petit on arrivera à une communication ouverte entre parent et enfant sur ces sujets qu’on considère coe tabous