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Mariage : « Gukubita ku ntoke » ou l’art du « money talks »

Un peu comme ces cuisiniers et serveurs qui travaillent dans les hôtels à multiples étoiles qui chauffent et réchauffent les plats qu’ils sont  incapables de s’offrir, ou ces vendeurs de voitures de luxes, même si ils les essaient et les entretiennent, elles finissent dans les garages de ceux qui en ont les moyens. Pour le mariage, c’est la même chose ; certains réchauffent les plats, d’autres se chargent de les manger…

Bienvenue au Burundi où le mariage n’est plus attractif pour certains et un sacrifice pour les autres. Autant dire que se marier ce n’est pas donné à tout le monde. Et oui ! Il faut l’avouer, le mariage dans sa conception actuelle, cette journée et tout ce qui va avec peut coûter une fortune.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres

Enfin, bonheur, c’est selon. Parlons plutôt d’une bonne opération financière win-win. Certains ont vu venir cette « janviose chronique » qui s’est installée insidieusement dans notre société et qui s’est généralisée dans les porte-monnaies du jeune homme burundais lambda. 

Dans cette vague de migrations des jeunes burundais vers l’Europe ou l’Amérique du Nord, une composante essentielle manque pour perfectionner la recette : la combinaison d’avoir une « belle femme » et plus ou moins « éduquée à la burundaise ». Résultat. Le marché dans leur environnement européen ou américain devient rude voire impénétrable. Et voilà, le retour au bercail. Et là, « uhejeje kuvunja » (après avoir changé les devises en monnaie locale), le reste égal construction comme on nous disait en cours de dessin scientifique dans le temps.

Le modus operandi

Sans aucune prétention de conceptualiser ou théoriser un phénomène qui est de loin une équation à multiples variables, je vous offre juste un exemple parmi tant d’autres mais qui en dit long sur l’aspect pécuniaire du phénomène.

Ornella*, 25 ans, vient de terminer son master à l’étranger et rentre fièrement pour servir son pays mais pas que. Audry, 28 ans, termine à peine son baccalauréat. Entre les années élastiques et les interruptions dues aux crises politico-sécuritaires, sa seule consolation fût les conversations sur WhatsApp avec sa chère aimée. Il faut dire qu’ils sont ensemble depuis qu’ils sont à l’école secondaire. Heureux de se retrouver après de longues années, leurs sentiments n’ont jamais été aussi ardents.

Tout se passe à merveille jusqu’à ce que les «  vacanciers » s’en mêlent. Audace*, 32 ans, il vient de passer 14 ans aux États-Unis, il rentre au pays avec une seule et unique mission : « opération mariage ». Il a déjà préparé le terrain car il n’a pas de temps à perdre. Il a exactement un mois pour convaincre une jeune femme de passer le restant de ses jours à ses côtés. Dans ces conditions, il sait pertinemment que  faire la cour à l’ancienne ne fonctionnera pas. Du coup, il met un joker : sortir son porte-monnaie et faire valoir un argument de taille : « Je me charge de tout ».

Audace avait déjà fait sa petite enquête sur Ornella. Une belle fille, intelligente, bien éduquée, sage même à l’étranger loin de ses parents. La totale quoi. Audace l’avait déjà contacté depuis les USA histoire de tâter le terrain. Ornella n’y a pas attaché beaucoup d’importance. Mais quand Audace arrive on the ground, la donne ne tarde pas à changer. Quelques rendez-vous et le tour est joué.

Au finish, le plan se présente comme suit : gusaba irembo (annonce du garçon à la famille de la fille) dans un mois, la  dot dans trois mois et le mariage dans six mois.

Pour la suite, je ne vous apprends rien. Dress to impress. Dans l’entre temps, Audry, « ku ntoke ngo mashu » !

 

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Les commentaires récents (2)

  1. Tout est dit comme Eddy vrt « Que du vrai »
    Triste réalité ce qui veut dire tout simplement aujourd’hui quand il y’a pas l’argent faut mieux s’en écarter

  2. Difficile de le croire mais c’est une triste réalité, même moi je m’attend à ce qu’à n’importe quand on me frappe sur les mains 😂😂😂😂😂😂