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« Mon mari a volé toute mon épargne et s’est enfui avec une autre femme »

Même si la loi interdit et punit la violence économique, certaines femmes en subissent et gardent le silence. Combattre ce fléau demande, non seulement un cadre juridique adapté, mais également une sensibilisation et un fonds pour accompagner les victimes.

Sous un soleil de plomb, au marché de Cotebu. Claire attend impatiemment les clients.Visage abattu, couvert de sueur, la jeune dame a du mal à raconter sa misère : « Si mon mari n’avait pas volé mon épargne, je pourrais tenir et nourrir mes enfants malgré la COVID-19.»

Au mois d’octobre 2019, son ex-époux  l’a dépouillé d’une somme de 300 000 BIF qu’elle avait épargnée depuis 2017. Il a aussi vendu tout le stock de 500 kg de riz qu’elle avait récolté espérant le vendre lorsque le prix aurait grimpé.

Après, son mari l’a abandonnée. Il s’est remarié avec une jeune fille, qui jadis, travaillait en Oman. « Pour le moment, je suis traumatisée et découragée. Et voici, la pandémie vient de ruiner mon business, mon seul gagne-pain quotidien. »

Elle a du mal à payer le loyer et à nourrir ses enfants. Inquiète pour l’avenir incertain de ses enfants, Claire fait savoir que son fils est malade depuis deux jours. 

« Mon mari contrôle tout mon argent »

Cette courageuse maman raconte la genèse de son calvaire. « Mon ex-conjoint veut contrôler tout mon argent et l’utilise comme il veut sans mon consentement. ». Il reste à la maison. Claire passe toute la journée au marché de Cotebu pour vendre les fruits.  

Au début, son mari lui faisait régulièrement des reproches  dès qu’elle effectuait des achats, que ce soit pour des affaires personnelles ou pour le foyer. « Il me demandait  de faire le détail de tout ce que j’ai consommé et de tous les achats effectués ». 

La femme n’était plus libre de faire ses achats et finissait par ne plus avoir accès directement et librement à son argent.  Tous les soirs, son mari lui demandait de lui verser tout son argent.  La femme s’exécutait sans rechigner. Et de témoigner : « Le lendemain matin, il ne me donnait pas la totalité. Il gardait entre 3000 et 5000 BIF. Quand je lui demandais pourquoi il ne me  donnait pas tout mon argent, il ne répondait pas et quittait la maison ». 

L’époux vole l’épargne de sa femme

« Après deux semaines, j’avais constaté que je ne pouvais pas continuer de travailler dans ces conditions. », raconte Claire. Et d’ajouter : « Quand j’ai refusé de lui donner l’argent, il m’a battue ».

Face à ce traumatisme, cette brave femme n’a pas cédé. Elle a décidé de cacher son épargne dans sa valise. Finalement, le mari a fini par découvrir cet argent. « Je ne sais pas comment il a découvert la cachette », se désole-t-elle.

Dénoncer une violence économique est un tabou

« Je ne pouvais pas dénoncer le comportement de mon ex-mari», déplore-t-elle. Cette jeune femme juge incommode qu’une femme dénonce son mari ou les siens qui ont commis des violences à son encontre. Selon elle, se plaindre en justice relève de l’imprudence.

Selon la culture burundaise, les femmes sont tenues de garder le secret  face aux conflits, les malentendus et les violences qu’elles subissent dans le foyer.

Un témoignage éloquent et une triste réalité que certaines femmes burundaises subissent des violences économiques et  gardent le silence. 

Il faut que l’État et les associations militant pour les droits des femmes fassent une campagne de sensibilisation appelant les femmes à dénoncer les violences économiques.

En outre, il faut mettre en place un fonds pour accompagner les femmes victimes pour relancer leurs activités ou payer la dette contractée et spoliée par leurs maris. 

 

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Les commentaires récents (2)

  1. C’est très honteux de maltraiter ta femme alors que tu as juré devant Dieu et le public qu’on est devenu UN!Les hommes pareils ont besoin d’une correction juridique très approfondie!!