article comment count is: 2

« Moi, lui exposer mes fantasmes ? Il me prendrait pour une dévergondée »

Shuuuuut ! pourrait bien résumer le rapport qu’entretient une écrasante majorité de Burundaises quant au fait d’extérioriser leurs désirs sexuels. Un état des lieux qui découle d’une socialisation où le sexe est tabou en général et plus rigoriste quand il s’agit de la fille en particulier.

C’est le Rubicon qu’elle ne se croit pas capable de franchir si facilement. Chantal, vingt-quatre ans, est en relation amoureuse avec un garçon qu’elle a rencontré à la fac. Leurs rapports sont loin d’être platoniques. Ces moments d’ébats qui s’invitent dans cette idylle « sont toujours des fruits de l’entreprise de mon mec », avoue-t-elle. Ne la croyez ni frigide ni celle qui joue les sainte Nitouche, que nenni! « J’ai quand même peur que si je lui montre que j’ai envie que l’on fasse l’amour, il me prenne pour une éhontée », confie-t-elle.

Pour pallier à cette « barrière » qu’elle s’est mise, elle se montre très entreprenante dès que la libido de monsieur monte d’un cran. Ce qui se perd à droite se récupère à gauche, dit-on. Cette situation de « prisonnière volontaire », diraient certain·e·s, ne lui convient pas du tout. Mais « du moment où elle peut préserver notre couple, entre deux maux ne choisit-on pas le moindre ?» . Quelle philosophe.

Noria, une Bujumburoise de naissance, se réclamant même « un peu féministe » vit une situation pas si éloignée de celle de Chantal, une fille de l’ « intérieur » descendue à Bujumbura pour ses études. « Avec mon petit ami, nous filons le parfait amour. Mais lui exposer mes fantasmes (elle pouffe) ? Il me prendrait pour une dévergondée ».

Culture versus nature

Un peu à la de Beauvoir, on ne naît pas Burundaise, on le devient, suis-je tenté de dire. Burundaise étant entendu comme cet être biologique qui, mis dans un moule de normes et valeurs dès sa naissance, aboutit à un être social à la sauce burundaise. 

Déjà quand une fille qui drague un garçon est une fieffée gashirasoni, l’on comprend que si elle demande explicitement une petite partie de jambes en l’air, ce n’est pas la plus orthodoxe des démarches. « Ummmh, ça fait quand même trop pute une meuf qui te le demande ouvertement », tranche Yvan, un homme dans la trentaine.

Ubupfasoni, l’image était-elle trop belle ?

Il est de notoriété publique que « umurundikazi w’indero agira ubupfasoni ». Ce concept d’ubupfasoni, lui-même vague et discutable à certains endroits où l’on y trouve des relents de machisme, me semble-t-il (j’aimerais bien me tromper), confiner la Burundaise dans une posture de quasi-vestale imposée.

Mais ce qu’il ne faut pas oublier est que même la dernière des prudes a son capital libidinal. Ce n’est qu’un truisme d’une évidence indiscutable. Une réalité qui précède la très idéalisée image de l’Ubupfasoni. Si elles ne parviennent pas à exprimer leurs désirs, n’est-ce pas plus la conséquence logique de l’éducation genrée reçue qu’une hypothétique pudeur ? En somme, une mascarade qui n’a pas vraiment lieu d’être ?

 

Est-ce que vous avez trouvé cet article utile?

Partagez-nous votre opinion

Les commentaires récents (2)

  1. Je pense qu’il faut se liberer de cette prison volontaire comme vous le dites! L’acte en sois est un accord commun mais s’il n’y a qu’un seul partis qui s’y prend a la tache ca deviens ennuyant et le risque de tromperie augmente! Si on choisis d’avoir une vie sexuel active il faut en accepté les consequences et se foutre de l’avis des autres car a la fin de la journée tu l’auras fait pour ton plaisir non pas celui de la societé ! Mais en toute bonne chrètienne je vous conseillerais de vous abstenir et de prié ! Mais bon Dieu n’oblige a rien et cela dependra de vos choix de vie ! #2020 we don’t judge!😜

  2. Effectivement moi je choisi que la fille a le droit de demander le sex tout comme l’homme car elles ont aussi un corps et je ne crois pas que si t’as confiance en ton homme t’as peur de le lui dire car normalement tu devrais être ouvert à lui dans votre relation c’est ça le plus important et pour le public t’es pas tombé amoureux du public mais de ton homme c’est à lui d’en juger non au public et le concept « ubuphasoni » est différente de ça car il s’agit d’être honnête vers celui que t’aime mais franchement en tant que chrétienne je vs conseille de vs abstenir et d’attendre le bon moment pr ça