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Twittoscopie : “Reta mvyeyi”, vu par les Abatwip

Les temps ont évolué. Avant, pour discuter de la vie politique du Burundi, il fallait se rendre au cabaret. Aujourd’hui, Twitter est devenu le rendez-vous incontournable du débat politique. Et comme il fallait s’y attendre, la nomination du nouveau gouvernement a fait parler d’elle. Revue.

Comme le disait si bien le Guide de la révolution zaïroise, le feu maréchal Mobutu : « Une nation à deux têtes est un monstre » et par conséquent, elle ne peut être dirigée correctement, peut-on toujours faire ce constat ? Wait and see comme le disent les Anglais. J’en ai aussi l’impression par rapport à tout ce qui nous est rapporté par les fins connaisseurs de la société burundaise d’outre-Twitter. 

La nomination du plus haut gradé de la police au poste de premier-ministre nous a renvoyés à nos études de sciences politiques, de droit, d’histoire. Et certains n’ont pas hésité à nous le recommander comme un petit-déjeuner quotidien. Dans un système tout nouvellement imposé par la Constitution de 2018, les institutions de l’État deviennent difficiles à comprendre. Qui fait quoi ? Qui mérite quoi, pour qui et quand ?

Certains diront qu’il n’y a rien à comprendre parce que les choses avaient ainsi été prévues. On n’a qu’à s’y faire comme le disent nos amis du pays de Lumumba. 

À peine le gouvernement dévoilé, les Abatwip dans leur immensité ont donné aussi de la voix. Les déçus, les joyeux et les attentistes étaient tous là. Et nous autres qui n’avons pas des dons de prophétie et d’analyse nous allons nous rabattre aux gazouillis de nos chers aimés Abatwip. 

Mutama 2, ou les autres qui le confondent déjà à un maréchal, vient même de faire une OPA sur le compte Twitter du gouvernement du Burundi. Ce qui risque de faire jaser.  

En parallèle, d’autres théories fleurissent. À la vitesse d’un fragment de seconde, une autopsie a été effectuée sur le défunt président pour justifier la nomination. 

La polémique autour du Premier ministre a pratiquement occulté celle du vice-président, un homme qui revient aux affaires. Ainsi revient celui qui priva les Burundais de la bière de midi. Personne n’en parle. Le commissaire principal général de la police prend beaucoup de place. On a oublié qu’il y avait la nomination d’un vice-président au même moment.

Le gouvernement Bunyoni avec un homme craint

Les nominations se sont poursuivies au lendemain de la mise en terre de feu Nkurunziza. Un gouvernement à 15 ministres nous est parvenu dans la soirée du dimanche. Des surpris, des repêchés, des critiques, des satisfaits, c’est tout un cocktail explosif auquel nous avons pris goût depuis un certain temps sur le réseau de l’oiseau bleu qui s’est réuni. 

Les absences commentées de Rwasa

Aujourd’hui leader incontesté de l’opposition, Rwasa semble n’avoir toujours pas digéré sa défaite aux élections, racontent des Abatwip. Actuel vice-président de l’Assemblée nationale, serait-il en disgrâce comme le fait croire son parti ? Du moins sur les grands éléments qui ont caractérisé ces derniers jours la vie politique du Burundi, sa parole ne se fait plus entendre. Seul le compte de Twitter de son parti semble parler à sa place. À quoi serait-il en train de penser ?

Comme quoi il aurait traduit en acte les paroles ci-après : « En politique, il n’y a pas d’ennemis.»

Les adieux au guide

La semaine aura été marquée par la mise en terre du défunt président Nkurunziza à Gitega. Des cérémonies qui ont permis à des milliers des Burundais de redécouvrir l’ex première dame en oratrice et moralisatrice de la société et de la classe politique. Une sortie qui lui a valu des honneurs de plusieurs personnalités mais…

La sobriété avec laquelle les événements ont eu lieu n’est pas à négliger. Le corps du défunt a été porté sous terre dans le strict secret de la famille. Aux enfants et à la veuve, nous ne pouvons que leur souhaiter beaucoup de courage.

 

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