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Burundi : où en est-on dans la gestion des déchets d’équipements électriques et électroniques ?

Les déchets électroniques présentent une double facette : ils sont une menace et une opportunité. Dans la mission de la gestion appropriée de ces déchets, le Burundi a encore du pain sur la planche.

Les DEEE ou D3E sont les déchets d’équipements électriques et électroniques fonctionnant grâce à des courants électriques ou à des champs électromagnétiques. On inclut aussi dans cette catégorie des équipements de production, de transfert et de mesure de ces courants et champs. Il s’agit d’appareils ménagers, équipements informatiques et de télécommunication, matériels d’éclairage, piles, accumulateurs… 

Selon le WEEE Forum, pour cette année 2019, 50 millions de tonnes de déchets électroniques seront générées dans le monde. Mais seulement 10 millions de tonnes de l’ensemble de ces DEEE seront collectées et traitées selon les règles de l’art. 

Au Burundi, depuis des années, la gestion des DEEE est assurée en partie par le secteur informel, avec des pratiques inappropriées. A partir de 2010, GLICE (Great lakes initiatives for communities empowerment) est la seule structure burundaise qui opère dans la gestion appropriée des DEEE. Chaque année, environ 30 tonnes de déchets sont collectées. 

Après démantèlement, ils sont dispatchés en fractions pures et en fractions complexes (piles, batteries, carte mère,…). Les premières sont revalorisées ici au Burundi, les secondes doivent être acheminées vers les pays ayant une technologie appropriée pour leur valorisation et dépollution. 

DEEE, entre risque et opportunité

Roger Ouedraogo est le représentant légal de GLICE au Burundi. Il nous informe sur les deux faces des DEEE : « Les équipements électriques et électroniques contiennent des substances nocives pour l’environnement et pour l’homme. Il s’agit des métaux lourds comme le mercure et le plomb, les retardateurs de flammes bromés, polychlorobiphényles, gaz fluorés… »

Certaines de ces substances, une fois déversées dans la nature, sont à l’origine de la bioaccumulation ; ainsi, elles entrent dans la chaîne alimentaire avec de graves répercussions sur la santé humaine : des troubles hormonaux, des cancers,… En brûlant ces déchets dans le but d’en extraire certains composants ou pour s’en débarrasser, l’air est pollué et c’est à nous d’en pâtir.

Malgré ces menaces, ces DEEE sont une opportunité.  M. Roger Ouedraogo le précise : « Actuellement, les D3E constituent une mine urbaine » ». Ils contiennent des matériaux de valeurs et précieux comme l’indium, le palladium, l’or, le cuivre, l’aluminium, l’argent, le fer,… « Lorsqu’ils sont récupérés et recyclés à travers des usines spécialisées, ils servent de la matière première secondaire (MPS). Ce qui diminue la pression sur les ressources naturelles et réduit leur impact global sur l’environnement », poursuit-il. Par le processus de gestion appropriée de ces déchets, naissent des emplois verts.

Défis à la gestion éco-rationnelle des DEEE.

Au Burundi, les lois ne sont pas claires et spécifiques sur la gestion de ce genre de déchets. À titre d’exemple, nous avons : la loi No 1/010 portant code de l’environnement en République du Burundi promulguée le 30/6/2000, et la Politique nationale d’assainissement (PAN). Ces lois les considèrent dans l’ensemble des déchets solides. D’ailleurs, la journée internationale des déchets électroniques, célébrée le 14 octobre, semble être méconnue par la plupart des personnes concernées.

M. Roger déplore l’attitude de certaines institutions qui ont l’habitude de vendre aux enchères aux particuliers des équipements électroniques en fin de vie. Ceux qui acquièrent ces outils sont par après confrontés à leurs déchets, ce qui est à l’origine de leur gestion inappropriée.

Pour les ménages et les réparateurs, il y a encore fort à faire pour la sensibilisation sur la nécessité de gérer ces déchets suivant les normes en vigueur. Beaucoup restent réticents à s’en débarrasser (ex. Poste TV, ordinateurs non-fonctionnels…) et d’autres ignorent la dangerosité de ces déchets. Certains déchets sont souvent mélangés avec d’autres ordures organiques ménagères.  

Pour faciliter le contrôle et la gestion de ces déchets, la législation nationale doit être claire et spécifique à ces D3E. Et l’État doit s’investir dans l’application de ces lois. Individuellement, nous devons avoir conscience de l’impact qu’ont ces D3E sur l’environnement et sur notre santé, prendre au sérieux leur dangerosité.

 

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Les commentaires récents (1)

  1. Merci beaucoup à Ivan pour cet article. C’est un des domaines méconnus au Burundi qu’il faut exploite surtout les jeunes étant donné la précarité de l’emploi.