Longtemps, avec la forge et les habits à base de l’écorce des arbres, le Burundi d’antan avait réussi à développer des modèles d’innovations pérennes. Cela n’est plus le cas aujourd’hui. Au moment où le 21 avril était célébrée la journée mondiale de la créativité et de l’innovation, où en est le Burundi ?
Au Burundi, l’Innovation, avec grand I, est un grand puzzle composé de plusieurs initiatives qui en sont les pièces. Citons l’innovation week qui est à sa troisième édition, la construction d’un véhicule et d’un groupe électrogène qui ne consomment pas de carburant, le tuk-tuk hélico, des jeunes qui tentent de construire un hélicoptère à Gitega, où des jeunes qui érigent des stations radio avec des objets assemblés, les réseaux sociaux comme Gasape, des applications comme Frasasu, les plateformes IHela et Afripay, les compétitions comme le Yaga innovation challenge, le Burundi Innovation hub, etc. Ce qui ne manque pas, ce sont les activités innovantes au Burundi.
Au cours de l’innovation Week par exemple, un haut dignitaire s’époustoufle : « Cette semaine de l’innovation a permis de constater à quel point les jeunes Burundais sont porteurs d’innovation, de créativité et de solutions novatrices pour résoudre les problèmes auxquels nos sociétés sont confrontées ».
Virage à 180 degrés
Malgré ces initiatives innovantes, la lecture de l’édition 2023 du rapport de l’Indice mondial de l’innovation, fait ressortir une place du Burundi qui n’est pas reluisante. Le Burundi est à la 130ème place sur 132 pays évalués, avec un score de 12,5 %. Par rapport à l’année 2022, le Burundi a gardé la même place (130ème place) et a rehaussé son score de 0,2 % car, il avait 12,3 % en 2022.
Par rapport à ces homologues de l’EAC, le Burundi est le mauvais élève de la région. Il ferme la marche, car le Kenya est à la 100ème place, suivi du Rwanda à la 103ème place, de la Tanzanie à la 113ème place, l’Ouganda à la 121ème place, et enfin le Burundi (130ème place).
Même si ce niveau de l’innovation est en chute libre, cette place vient de loin. Il a fallu la lecture du rapport de 2021 et de 2020 de cet indice, pour remarquer que le Burundi ne figurait même pas sur cette classification, car il ne remplissait pas les critères pour y figurait.
Les quatre péchés capitaux
Pour être une nation innovante, et mener à bon port ces initiatives innovantes dans le futur, il y a plusieurs éléments à corriger. Le premier, c’est la recherche. L’innovation sans la recherche, c’est construire sur du sable mouvant. Les centres de recherche restent moins nombreux dans ce pays. Quelle claque ça a été quand j’ai appris qu’au Burundi, pour 1 million de personnes, on compte 23 chercheurs, alors que la moyenne mondiale est de 1500 chercheurs ?
La seconde tare qui mine l’innovation est le manque de reconnaissance de l’innovation locale. Tu auras beau innové, mais tant que le produit est de fabrication locale, le Burundais lambda préférera toujours le même produit, mais importé. Et les innovateurs cramés par ce manque de reconnaissance, se demandent bien à quoi leur servira de continuer à innover dans leurs œuvres.
Le troisième, c’est le copier-coller des soi-disant innovateurs. Même si le Burundi connaît une floraison de nouvelles entreprises, le hic est qu’en analysant la situation de plus près, plusieurs entreprises sont moins innovantes et ne font que copier les autres.
Le quatrième bémol est le manque d’attraction des génies burundais. Les enfants du pays installés ailleurs brillent par leurs innovations, de la médecine à l’économie en passant par les domaines de la brasserie, et de l’aviation. Mais, si ces cerveaux profitent aux pays qui les ont accueillis, ils peuvent aussi l’être pour le Burundi, à condition de créer un écosystème où ils s’épanouiraient.
La création étant fondamentale pour l’innovation, venir à bout du défi de l’innovation ne se fera pas comme par enchantement. Favoriser la recherche et l’attraction des génies de la diaspora, sans oublier mettre en branle tout ce qu’il faut pour consommer locale et cesser le copier-coller restent les voies royales pour y arriver.

Le Burundi a presque tout qui peut nous aider à franchir le pas. Mais, nos leadeurs, nous-mêmes, nous ne voulons pas nos produits, nos connaissances, notre developpemeent. Laissons d’aider les étranger se developper de chez nous,bref nous aimons pas les burunfais nos freres mais plutot les etrangers.