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VSBG : Quid de la prise en charge médicale. 

Au Burundi, les violences sexuelles basées sur le genre (VSBG) sont une réalité vu les chiffres avancés par les ONG. 1500 cas par an selon le Centre Seruka. Un fléau qui ronge les cœurs mais que certains n’osent pas dénoncer. Il est temps de changer.  

Oui, c’est inimaginable, une malédiction, un sacrilège d’entendre qu’il y a des fillettes violées par leurs grands-pères, leurs papas ou oncles. Des gaminées tuées après viol. Des femmes qui exigent des dizaines de coups à leurs époux, des maris qui traitent leurs bien-aimées comme des objets de plaisir, des esclaves louables ou vendables. 

Des patrons d’entreprises qui harcèlent leurs employées promettant des primes et des promotions.  Des enseignants, des directeurs qui forcent leurs « poussins » à coucher avec eux pour avoir des points, ou avancer de classe. Des prélats qui écorchent leurs moutons, leurs agneaux au lieu de les protéger.

Des mères d’enfants (Banyina w’ibibondo) ou des pères de famille qui planifient, organisent, paient des assassins pour se défaire de leurs maris ou vice-versa. Ils font fi des bons discours, des cadeaux, des photos, des selfies qui ont  immortalisé leur union. Et si je me rappelle-bien, devant le prêtre, ou le pasteur, ils avaient juré : « Nzogukunda mu mahirwe no mumagorwa gushika gupfa kwanje ». Et ce, sous les applaudissements des parents, des amis et sans oublier que Dieu est omniprésent. 

D’autres, surtout les hommes, privent de sorties leurs épouses, les obligent à adopter un certain accoutrement ou un style de coiffure malgré elles. « Au lieu de prendre leurs épouses comme des partenaires, ils les traitent comme des subalternes, des « enfants toujours en besoin d’être éduqués. »

Face aux violences sexuelles basées sur le genre (VSBG), tout le monde est concerné d’une façon ou d’une autre.  Et avec ce fléau, notre société perd petit à petit son  « Ubuntu ». 

L’indifférence tue

Osons appeler un chat un chat. À commencer par les jeunes, filles et garçons, créons un front pour dénoncer les VSBG, et soutenir moralement les victimes de ces insanités.

Divorçons avec le « Niko zubakwa », cette mentalité burundaise qui maintient la femme dans un silence absolu malgré le tort subi, pour construire une société respectueuse de la dignité humaine. 

À un certain moment, des hommes n’étaient pas concernés, ce qui ne signifie pas qu’ils étaient épargnés. Certains subissaient des coups, des bastonnades, des injures en public : « Bontwenga. Nomaramara. Abandi bagabo bonkengera », se disaient-ils, préférant, « gupfira ipoze », marchant avec une blessure interne qui, au fur du temps, entraîne un traumatisme, un suicide.

Le combat contre les VSBG nous concerne tous. C’est mon combat, c’est ton combat, c’est notre combat. Et pour réussir, la synergie est notre force, et l’indifférence, notre talon d’Achille.

 

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