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En finira-t-on un jour avec les grossesses en milieu scolaire ?

Les grossesses précoces constituent une vive préoccupation dans le monde entier. En milieu scolaire, ces dernières deviennent un des obstacles de la scolarisation des jeunes filles. Malgré la politique de « zéro grossesse à l’école », lancée par le gouvernement du Burundi depuis 7 ans, les chiffres sont en légère baisse, mais pas à un rythme satisfaisant.

Elles sont nombreuses à quitter chaque année l’école et à voir leurs rêves se résumer en une vie de fille-mère. Leurs vies changent le jour où elles apprennent qu’elles sont enceintes. Vivant dans le stress permanent, elles font l’objet de moqueries, sont chassées de l’école, et parfois de la maison familiale. Certaines dépriment, d’autres éprouvent de la honte, se considérant comme responsables de tous les problèmes familiaux. Elles sont tout le temps en conflit avec leurs mères. Après la grossesse, elles sont laissées à elles-mêmes, elles sont considérées comme des femmes et non comme des enfants peu importe leur âge. Tel est la galère de ces « mères prématurées ». 

Les auteurs eux se la coulent douce

Jacques Nshimirimana, commissionnaire à la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme au Burundi (CNIDH) y voit plutôt une contre performance dans la punition des auteurs de ces grossesses précoces. « Ils devraient être punis conformément à la loi. Cependant, c’est regrettable que certaines élèves-mères cachent l’identité de l’auteur. Dans ce cas, il n’y a pas de punition ». Il souligne également qu’il arrive que les punitions tombent, l’emprisonnement par exemple, mais que le phénomène de corruption fait que même s’il y en a qui sont emprisonnés ils sont relâchés avant de purger leur peine. Parfois, les familles arrangent l’affaire à l’amiable, ce qui fait que certains auteurs de ces grossesses échappent à la punition. D’autres fois, à cause de cette corruption, les familles sont intimidées par les auteurs de la grossesse et finissent par abandonner le procès.

Même son de cloche chez Dieudonné Ndayisenga, cadre du ministère de l’éducation qui trouve déplorable que c’est souvent les enseignants et les camarades de classes qui sont les auteurs de ces grossesses. 

La faute incombe aussi aux parents démissionnaires

Charles Ndizeye, président de la commission chargé du genre au sénat burundais, accuse certains parents qui ne suivent plus l’éducation de leurs filles lorsque celles-ci commencent le cycle secondaire. « Ils croient qu’elles sont plus intelligentes et ils les laissent se comporter comme elles le veulent », indique-t-il. Et d’ajouter que des fois le niveau d’instruction des parents ne leur permet donc plus d’assurer convenablement le rôle de l’autorité parentale. Cela arrive lorsque le niveau d’instruction des enfants devient supérieur à celui des parents. Selon cet élu du peuple, parmi les causes de ces grossesses, il y a entre autres la pauvreté dans les familles, le matérialisme des filles qui cherchent des produits de luxe au péril de leur vie mais aussi la dégradation des mœurs.

Le rapport dressé par le ministère de l’éducation montre que 1.233 filles ont quitté l’école l’année scolaire 2019-2020. La province la plus touchée par ce phénomène est Kayanza (136 filles) suivie de Muyinga (101). Le bon élève est Bubanza avec seulement 21 filles qui ont eu des grossesses précoces cette même année scolaire. Ces cas concernent beaucoup plus la tranche d’âge de 16 à 23 ans dans l’ensemble et de 13 à 15 ans dans les écoles fondamentales.

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