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Féminicides : comment arrêter la recrudescence de ces crimes ?

Comment peut-on en arriver à ôter la vie à sa moitié ? Cette blogueuse est révulsée par le regain de cette forme de criminalité qu’est le féminicide. Son texte nous plonge dans ce monde sordide et odieux du meurtre des femmes simplement parce qu’elles sont femmes. Est-ce une sonnette d’alarme ? Un cri du cœur ? Le désespoir d’une observatrice impuissante face à une société à la dérive ? Faites-vous en une opinion vous-même.    

Ces derniers temps, il ne se passe pas un mois sans que l’on voie passer sur les réseaux sociaux une information faisant état d’une femme tuée par son mari. Des fois ces femmes sont enceintes ou viennent d’accoucher. Les bourreaux sont arrêtés immédiatement ou dans les jours qui suivent, mais cela n’empêche que quelque jours plus tard, d’autres crimes de même nature réapparaissent. Le dernier en date est celui de cet homme de la commune Kiremba en province  de Ngozi qui a tué son ex-femme alors qu’ils venaient de divorcer quelques semaines avant. 

Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, on voit le meurtrier raconter son crime tranquillement, avec un petit sourire au coin des lèvres, comme si cela ne l’affectait outre mesure. Et je suis là à me demander comment on en arrive à tuer sa femme. Pourquoi ne pas juste la quitter ou la chasser au lieu de la tuer ?  

Est-ce des crimes passionnels résultant d’un trop plein d’amour qui en vient  à se transformer en une jalousie maladive et meurtrière ? Est-ce des disputes ou différends de longues dates qui aboutissent à des féminicides pures et simples ? Entendons par féminicide le meurtre d’une femme parce que c’est une femme, mais il peut prendre plusieurs formes. Je suis toujours sidérée de penser qu’un homme peut tuer de sang froid la mère de ses enfants. 

Un phénomène nouveau ou effet de médiatisation ?

En y réfléchissant, je me demande si ces cas de féminicides ont toujours existé sans médias en ligne pour les rapporter, ou si c’est un phénomène nouveau au Burundi. Selon l’Office des Nations Unies contre les drogues et le crime, sur l’ensemble des 87 000 meurtres de femmes répertoriés en 2017, 58 % ont été tuées par leur partenaire ou par un membre de la famille, dont 30 000 (34 %) par leur précédent ou actuel partenaire sexuel. Qu’en est-il du Burundi ? C’est évidemment difficile d’avoir accès à ces chiffres dans notre pays mais quoi qu’il en soit, il s’observe une recrudescence des féminicides dans plusieurs coins du pays. 

Avec les années de guerres et les crises socio-politiques que le pays a connues, les gens ne sont plus étonnés ou effrayés par un mort de plus ou de moins, femme ou pas. Encore moins, lorsqu’il s’agit d’une affaire entre époux ou partenaires sexuels. Ça devient juste un fait divers. 

La prévention est-elle possible ? 

Mais comment prévenir un crime dont on ne sait ni où ni quand il va se passer, me demanderez-vous ? Je vous répondrai que c’est en punissant d’une façon exemplaire les coupables. Comme ça, celui qui aura encore cette idée macabre de tuer sa femme/compagne/copine saura qu’il le payera très cher. Certes dans l’article 211 du code pénal, il est mentionné que « tout acte par lequel une personne donne volontairement la mort à autrui est qualifié de meurtre. Il est puni de la servitude pénale à perpétuité ». Mais est-ce suffisant ? Quelqu’un qui a déjà tué son semblable, qu’est-ce qui pourrait l’atteindre, lui faire peur ou lui faire encore plus mal, si ce n’est pas la mort elle-même ? Dans ces cas, on en viendrait presque à regretter que la peine de mort ait été abolie… 

Du coup, la solution qui reste est de sensibiliser le plus possible, dans les réunions collinaires, dans les émissions radios télévisées, d’avertir la population de la peine qu’encourt le coupable. Dans tous les cas, il ne faut jamais permettre que ces crimes deviennent banals. Les gens doivent comprendre qu’il y a des interdits. En kirundi ça sonne encore mieux : « Ibidakorwa  » et « Ikizira». Se séparer, chasser, divorcer, etc., tout est « acceptable », si ça peut éviter un meurtre !

 

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