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Il m’a dit : « Une Burundaise qui dit non, ne dit pas vraiment non »

Alors qu’elle pensait rendre visite à un bon ami, Fiona* a été forcée d’avoir des relations sexuelles sans son consentement. Témoignage.

Les Burundaises, c’est : « Wanaze ubona ndanse ? » (ai-je résisté quand tu as essayé de me mettre à terre pour me posséder ?). C’est par cette formule qu’il m’a expliqué qu’en fait les Burundaises, nous ne sommes pas assez open quand il s’agit de parler sexe. Pour lui nous sommes évasives en tout. Pour un oui ou pour un non. « Vous êtes les mêmes, et pour te dire la vérité, une Burundaise qui dit non ne veut pas vraiment dire non ».

Ce qui me choquait le plus, c’est le naturel avec lequel il parlait. Il alignait mot à mot sa piètre réflexion pour me convaincre qu’il ne m’a pas violé. Parce que oui, je lui avais lancé un « tu m’as violée  » à la figure. Je pèse mes mots. Je le crois toujours.

Pourtant des heures avant, il se comportait en gentleman. Loin de ce monsieur subitement devenu étranger et dont l’odeur du foutre éclipsait nos parfums et m’écœurait. Je n’étais pas chaude pour ce date mais quand il m’a dit qu’il a dû retoucher son emploi du temps pour que mon jour d’anniversaire coïncide avec ses vacances (il vit au Canada), ma conscience m’a conseillé de lui rendre la politesse.

« Niko zubakwa avant l’heure »

Avec mes amies, c’était pire ! Quand je leur ai raconté ma mésaventure, je suis devenue la risée du groupe. « Il fallait être assez forte pour le repousser ». C’est peut-être vrai, mais je ne suis pas John Cena. « Il fallait repousser ses avances dès les premières tentatives, ça se voit quand même un mec qui veut coucher avec une fille ». C’est aussi vrai et c’est ce que j’ai fait. Il s’en est allé sans passer par la case préliminaire. C’était la très pauvre limite de mon veto.

Je me sentais comme embarquée dans un thriller de très mauvais goût. Là où je pensais trouver la compréhension, l’empathie, bonjour les jugements. Certaines sont allées jusqu’à me demander si j’étais « bien habillée  ».

C’était juste un ami. Certes, je soupçonnais quelques velléités de drague de par ses messages mais je lui avais bien signifié que je voyais quelqu’un et que le nous qu’il disait vouloir ne pouvait pas exister un jour.

Je ne suis pas la prude des prudes. N’en déplaise à certaines, je ne suis même pas féministe ou disons que je ne me reconnais pas ainsi. Mais, purée, je suis un être humain. N’est-ce pas suffisant pour mériter un peu de respect sans être casée au préalable ?

Et le pire dans tout ça, ceux et celles (ah oui) qui croient qu’une Burundaise ne peut pas dire non pour dire vraiment non doivent être légion. Pour eux, nous sommes ces proies qui se plaisent à se jeter dans les bras de prédateurs en feignant leur refus. Mais, sommes-nous vraiment si connes que ça ?

*Le prénom a été modifié

 

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Les commentaires récents (2)

  1. La question du viol est devenue très courante. Ce qui m’inquiète c’est la définition de ce mot !
    Il faudrait par ailleurs que l’Etat prenne la chose en mains.