article comment count is: 0

Congrès du Comité central du Cndd-Fdd : repartir sur de nouvelles bases ?

Comme tous les vendredis, à 9h heures tapantes, les gratteurs de papier de Yaga se sont réunis pour échanger à bâtons rompus sur ce qui a fait l’actualité du pays de lait et de miel. Indéniablement, c’est le grand conclave du parti au pouvoir qui s’est taillé la part du lion dans l’actualité de la semaine. La crème de la crème du Cndd-Fdd avait rendez-vous à Ngozi. Une conférence de presse a même été organisée au pas de course. Inévitablement, les chroniqueurs de Yaga en ont discuté.

Le Comité central du parti Cndd-Fdd a tenu une réunion la semaine derrière.  Un communiqué prononcé sur un ton martial est sorti. Le communiqué qui a sanctionné cette grand-messe sonne comme un nouveau départ que le parti propose. D’aucuns se sont posé la question sur le timing et le contenu du communiqué.  Certains se sont étonnés en entendant le parti, déjà au pouvoir, faire des propositions aux relents d’un nouveau programme alors qu’un gouvernement issu de ses rangs est sensé mettre en application un programme pour lequel les Burundais ont voté en 2020. Un autre programme ? Un second souffle ? Une réorientation de l’action gouvernementale ? Remettre la cathédrale au milieu du village ? Les interrogations ont surgi pendant la réunion de rédaction de Yaga.  

Le secrétaire général du parti au pouvoir a été incisif, comme à son habitude dans la conférence de presse qui a suivi le congrès du Comité central. Mais il a au moins le mérite d’avoir été concret. « Iyo ingorane zibonetse nta mukuru yidoga. Yiga umuti ». Et justement, un des chroniqueurs de Yaga s’est posé la question par rapport à la concrétisation des desiderata du parti au pouvoir. Selon lui, fait des déclarations d’intention, c’est toujours bien. Et Dieu seul sait que par les temps qui courent, les Burundais ont besoin des solutions urgentes. Il faut donc aller au-delà des déclarations, car les gens attendent des actes. 

Revoir la copie ?

Sur la question des pénuries récurrentes du carburant, M. Réverien Ndikuriyo a rappelé que le carburant s’achète en devises. Augmenter les exportations pour faire rentrer les devises, tout le monde est d’accord que c’est une solution (pas la seule peut-être) pour en finir avec le manque de devises. Augmenter les exportations du café jusqu’à 45 mille tonnes en 4 ans, produire 1 million de tonnes d’avocats à exporter en 5 ans, 500 milles de fertilisants exportés : des objectifs nobles en soi. Reste à retrousser les manches et à travailler. Le parti donne des orientations, vivement que l’exécution suive, et ici c’est peut-être les techniciens qu’on attend au tournant pour savoir comment on va atteindre ces objectifs et d’autres qu’on ne mentionne pas tous ici, mais qui ont été déjà annoncés. Cela étant dit, revenons un petit moment sur les préoccupations d’un collègue par rapports aux assises du parti à Ngozi. Pourquoi maintenant ? Nous sommes dans la 4ème année de l’actuelle mandature qui durera 7 ans. Est-ce à dire que le parti au pouvoir va revoir le programme pour lequel il a été élu ? Ou s’agit-il de réinventer la façon d’exécution de l’ancien, avec quelques réajustements à la clé ?  Comme l’a souligné dans le journal Iwacu un politicien, « Cela risque de faire penser que finalement, dans le système au pouvoir, il y aurait plusieurs centres de décision et qui marchent à des vitesses différentes ». C’est évident que le pays connaît des difficultés sociaux-économiques et c’est logique de proposer des solutions. La question que le collègue s’est posée est de savoir comment le faire, qui le fait et quand le faire.  

‘’Gusirimuka’’ : dandysme en perspective ? 

D’autres mesures intéressantes ont été annoncées, comme la remise en place des régimes d’internat dans les écoles, abandonner progressivement l’usage du charbon de bois au profit de l’utilisation du gaz pour protéger l’environnement. Plusieurs autres mesures sont aussi envisagées en faveur de la santé publique, l’éducation, la justice, le sport, la culture. On a hâte de savoir comment tout cela sera mis en application et surtout quand ! Mais une des mesures envisagées a fait tiquer plus d’une. La réintroduction de la formation civique et patriotique de deux ans pour tous les lauréats des écoles secondaires. La réédition du service militaire obligatoire qui a déjà été essayé ? Apparemment, c’est de ça qu’il s’agit.  La sécurité et la défense de la patrie est-elle vraiment en danger au point d’envisager une mesure aussi importante qui ne manquera pas d’avoir des répercussions sur l’avenir des jeunes?, s’est interrogé un collègue. 

Mais ce qui a encore fait couler beaucoup d’encre et de salive est ce que la prote-parole du parti Cndd-Fdd appelle « isekeza ryo gusirimuka ». Quelle forme prendra cette campagne ? Comment va-t-on procéder ? S’agit-il d’une campagne en faveur de l’hygiène et d’assainissement comme il en a été mentionner dans le discours ? Ou s’achemine-t-on aussi vers la naissance de citoyens dandy, toujours tirés à 4 épingles ? La sapologie, cette tendance vers l’élégance ou l’attirance vers la mode va-t-il se démocratiser avec cette campagne ? Tant de questions que les chroniqueurs de Yaga se sont posée. Tout cela m’a rappelé ce candidat présidentiel, malheureusement décédé, qui promettait que s’il était élu, il achèterait des chaussures à tous les Burundais. C’était moins ambitieux que ‘’gusirimuka’’, mais l’idée était déjà là.  

Est-ce que vous avez trouvé cet article utile?

Partagez-nous votre opinion