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L’art : le remède à une société divisée

Et si l’art détenait le pouvoir « ultime » d’unir des groupes qui, autrefois, s’étaient déchirés ? C’est la question que s’est posée notre blogueur. Eléments de réponse…

À Athènes, il y a 2000 ans, on pouvait croiser un vieil homme à la barbe blanche, debout, entouré par un groupe de jeunes hommes. Cet homme se nomme Platon. Il est philosophe. Il passait ses journées à pratiquer la discipline de « la pensée ». Lors de ses longs monologues, il aurait lancé cette phrase devenue célèbre aujourd’hui :« La musique adoucit les mœurs ». Mais que voulait-il dire par là ? Selon le blog La parenthèse enchantée, l’auteur de « la musique, donne à ceux qui l’écoute, des vertus éducatives et apaisantes. Elle éduque à travers le message que fait passer le chanteur. En outre, elle apaise l’âme par le rythme et l’harmonie. Les musiciens à travers la mélodie des instruments touchent fort les âmes ». 

Quittons un peu l’antiquité grecque pour les années 90 et début 2000. Au Burundi. Un jeune chanteur commençait à faire sa place dans le cœur des Burundais, Kidumu. Et une chanson en particulier :Yaramenje. Avec des paroles qui appellent à la réconciliation et à l’unité. Yaramenje deviendra l’hymne de la réconciliation pour un peuple qui venait de passer plus de 10 ans dans la guerre civile. À l’époque, le président de la République, Pierre Buyoya invita même Kidumu à faire plusieurs concerts afin d’apaiser les tensions qui existaient entre les Burundais. «Yaramenje est sans conteste, l’une des chansons les plus importantes dans l’histoire du Burundi », dit un jeune étudiant en sociologie. Mais il n’y a pas que la chanson pour « toucher fort les âmes ».

L’art (en général) comme vecteur de réconciliation ?

Josué Mugisha est un comédien burundais, danseur-chorégraphe, metteur en scène et dramaturge. Selon cet artiste, « l’art peut contribuer à unir deux groupes qui étaient en conflit. Mais, il peut aussi être à l’origine du « mal ». Par exemple, au Rwanda, des chansons remplies de haines ont été composées et ont participé dans la propagande qui déboucha sur le génocide. Et après des chansons comme Never Again ont été composées pour transmettre un message d’amour et d’unité, sans parler des pièces de théâtre qui ont suivi après et dans la même lignée ».

Rivaldo Niyonizigiye partage la même vision que Josué Mugisha. Mais ce dramaturge qui a participé dans le collectif qui a accouché la pièce de théâtre « Abana b’Amazi » et compositeur aussi ; va plus loin en disant que  l’art est « un moyen facile d’atteindre les cœurs des gens ». Il ajoute que « l’art est un outil qui déclenche des dialogues sur le passé. L’art permet donc de créer des discussions dans un cadre plus facile, plus humain ». 

Et quant à la jeune comédienne Laly Sangano, du moment que l’art va vers les groupes en conflit (ou qui ont été en conflit), dans ce cas, il va contribuer à leur réconciliation. « Il faut que l’art cible ces groupes et sache comment aborder le conflit. Par exemple, dans le théâtre, on a le psychodrame, qui est le théâtre thérapeutique. Ce dernier est un outil qui nous permet d’aborder des thématiques qui amènent à la réconciliation des deux groupes en conflit ». 

Peut-on se fier à l’art pour réconcilier les Burundais ? Certainement oui, selon Josué Mugisha. Il renchérit : « Nous avons des projets de pièces de théâtre sur lesquels travaillent des jeunes comédiens et comédiennes, et qui vont dans l’optique de la transmission des mémoires. Tout ça, dans le but de permettre la réconciliation entre les Burundais ».

Si Platon trouvait en la musique, un pouvoir d’adoucir les mœurs, les mécanismes de la Justice transitionnelle ne trouveraient-ils pas dans l’art le pouvoir d’adoucir les cœurs meurtris et de permettre de retrouver la paix et l’unité ? 

 

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Les commentaires récents (1)

  1. Mais les médias eux aussi ne peuvent-ils pas contribuer à la division ou à l’Union des groupes distincts ? Faites votre mieux pour raccommoder nos coeurs déchirés.