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« Alcootest et pistolet radar » : la clé pour la prévention des accidents routiers ?

Alors qu’au Burundi, les chiffres des accidents routiers font froid dans le dos, un billet paru sur Yaga vient de dresser quelques solutions préventives. Jugeant ces solutions plus « théoriques », la blogueuse Niyongere Païnette  nous propose des idées pratiques. Analyse.

Les chiffres sont là, les routes au Burundi sont devenues un cimetière. Les accidents de la route font plus de victimes que le VIH/Sida ou la tuberculose. Et les causes sont légion. Des « cercueils ambulants » qui servent de bus de transport à la conduite en état d’ébriété en passant par l’excès de vitesse, il y a de quoi nous interpeller. La liste peut être rallongée avec plusieurs interrogations : comment la police routière surveille ces excès de vitesse ? Comment savoir le degré d’alcool chez un conducteur passablement éméché ?

Pour trouver la réponse, les questions ont été posées à dix chauffeurs rencontrés sur la Route nationale n°1 (RN1). Avez-vous déjà eu une contravention pour un excès de vitesse, ou pour excès d’alcool au volant ? La réponse fut une surprise : « Jamais ». Un « non » catégorique. L’un m’a répondu : « Un jour on m’a accusé d’excès de vitesse, ce qui était vrai, mais comme il n’y a pas de pistolet radar pour le démontrer, le policier m’a laisser partir ». Claude, un autre chauffeur sur la RN2 a avoué qu’il lui arrive souvent de conduire en ayant bu, mais que jamais il n’a eu de contravention car « il n’y a aucun alcootest sur les routes du Burundi »

Et pourtant, la loi n’est pas muette

Surprise par leurs réponses, j’ai questionné le décret n°1/26 du 23 novembre 2012, portant code de la circulation routière. En ses articles 190, 191 et 192, la conduite en état d’ivresse est strictement interdite, et lorsqu’un agent de police a des raisons de soupçonner la présence d’alcool dans l’organisme d’un conducteur en circulation, il peut le sommer de lui fournir immédiatement un échantillon de son haleine aux fins d’analyses alcootest. Et dans l’article 200, il est interdit à tout conducteur de dépasser 50 km/h en agglomération ou en milieux urbains, et 100 km/h en campagne.

Voulant savoir où ça coince, un policier rencontré sur la RN1 m’avoua que ces instruments ne sont pour lui qu’un souvenir de quand il était en formation à l’école de police, mais qu’il ne les a jamais vu sur terrain.

L’urgence s’impose

L’alcool diminue le niveau de vigilance, ce qui n’est pas sans conséquences quand on est au volant. Là, c’est sans oublier ceux qui roulent rapidement pour arriver tôt à destination. Une fausse bonne idée, car on peut finir au cimetière ou à l’hôpital. La possession des alcootests et des pistolets radar par la sécurité routière aidera donc, à déterminer, si la personne au volant est apte à conduire à ce moment ou non, et à quelle vitesse il roule. De l’autre côté de la Kanyaru par exemple, en deux mois, le Rwanda a réduit de 26 % les accidents mortels à l’aide de l’alcootest.

Mais, tout cela ne sera possible qu’avec l’abolition de la corruption chez les policiers avec le fameux billet de 2000 Fbu. À part la police, les bars et boites de nuits devraient mettre les alcootests à la disposition de leur clientèle, pour surveiller leur consommation d’alcool à la sortie, afin de ne pas mettre en danger la vie des autres. Pour les sorties en groupe, les gens devraient décider au préalable la personne qui conduira au retour, pour qu’il s’abstienne de boire. En attendant ces changements, buvez avec modération et roulez doucement.

 

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