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La paternité, et moi dans tout ça ?

La naissance d’un enfant n’est pas sans conséquences sur les habitudes et les comportements du couple. Entre l’« enfant cadeau du ciel » et l’« enfant, ce boulet que la femme/fille est la seule à porter », ce jeune papa nous parle, sans détour, de la réorganisation de l’espace et du temps que l’homme doit faire pour se mettre au service de cette « bénédiction du ciel ». Une tâche qui est tout sauf simple pour la gent masculine qui tient mordicus à ses petites habitudes.

Avoir un enfant « est une bénédiction », dit-on. Oui bien entendu ! Mais ce que l’on ne dit pas, c’est que bien que la femme subisse toute la charge physique de mettre au monde et de pouponner le nouveau-né, c’est également une charge mentale pour le mari ou compagnon à plusieurs égards. Cette obligation de réformer son fonctionnement, son mode de vie et de devoir s’adapter qui pèse sur l’homme comme une épée de Damoclès, ne laisse que très peu de place pour notre besoin de considération. C’est ainsi que naît la question qui ronge : « Et moi dans tout ça ? »

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai toujours cru que l’homme ne se marie pas pour avoir des enfants. On est principalement motivé par l’envie de vivre avec « cette » femme et de pouvoir satisfaire les piliers de la masculinité : la reconnaissance, le sexe et l’argent, entre autres. Oui, flatter notre égo si vous voulez. On a une vision étriqué de la construction d’un foyer qui sous-entend que nous devrons faire des enfants pour accomplir le rite de passation qui ferait de notre couple un aboutissement. C’est bien beau tout ça, mais l’homme se perd souvent dans le processus et se retrouve délaissé. Bonjour maintenant les phrases du style : « Fais ceci ! Aide-moi là ! Tu n’es pas là ! Pourquoi tu réagis comme ça ? Tu penses à nous ? ». Bye bye à tout ce que tu étais ! La seule chose qui reste, et plus précisément en travers de la gorge, est la sensation d’occuper un second rôle. Celui  qui a toutes les responsabilités de la star du film, mais sans les lauriers en plus. 

« Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour nos enfants ? » 

La naissance d’un enfant, au-delà de la joie que cela  procure, c’est surtout un gros travail de réajustement de la manière de fonctionner de l’homme. Déjà que ce n’est pas évident de laisser entrer une femme dans sa vie, alors si l’on doit revoir toute notre organisation et ne pas être encensé pour cela, avouez que c’est déroutant ! Vous devez avoir cette connaissance qui se disait plus productif la nuit, passer des heures derrière son écran pour travailler, avec un temps de travail qui varie en fonction de votre domaine professionnel. Vous connaissez cette tête qu’ils font au moment de parler des concessions qui sont faites à ce niveau ? Oui, c’est un crève-cœur ! Cette nostalgie ressentie et cachée derrière un sourire qui dit : « Qu’est-ce que l’on ne ferait pas pour nos enfants ? ».

L’adaptation, cette notion qui suppose l’évolution, le changement surtout, nous est présentée comme l’attente de la famille, de la société en fait, en vers l’homme. Alors vous me direz : « Oui, heu… faut bien grandir, il ne s’agit pas que de toi, etc… ». Et je suis d’accord. L’être humain est appelé à évoluer. On ne compte pas rester les mêmes indéfiniment non plus hein. Mais écoutez, ce n’est plaisant pour personne de passer au second plan ! Le rôle du travailleur de l’ombre, ce n’est pas pour ça que tu signes ! Honnêtement, la chose à laquelle tu penses quand tu vas te marier, c’est que tu seras la star de cette histoire ! Bon après, il y en a qui aime partager la lumière. Vous savez ? « Nous sommes à deux dans cette histoire ! » haha. 

Glissez par moment un mot gentil au Papa ! 

S’adapter est tout un processus. Ça ne se fait pas du jour au lendemain sur un claquement de doigt. Il y a un travail de redéfinition que traverse l’homme qui doit être entendu. A force de lire, entendre et voir que les femmes changent (les hormones et tout), qu’il faut apprendre à les aimer, les valoriser et les soutenir, on en est venu à oublier que les hommes passent par les mêmes étapes. « Et ben oui, le gars que tu as épousé n’est plus celui qu’il était l’année passée. ». Il y a eu le mariage et maintenant, il y a le bébé. Ce n’est pas la peine de lui sortir des phrases lui rappelant qu’il a changé comme si c’était une mauvaise chose. Les hommes sont aussi des êtres sensibles qui seront touchés si, au milieu du chaos que peut engendrer la venue d’un enfant, vous lui glissiez par moment un petit mot gentil. 

« Soutenez-nous dans le doute »

Ceci dit, d’une manière plus générale, la société n’accompagne pas de façon efficace les hommes dans ces étapes. Il n’y a pas de séances qui préparent l’homme à ce ressenti : « Etre désabusé ! ». La bonne nouvelle, c’est que c’est juste une phase. On en parle mais il y en a qui ne s’en porte pas plus mal aussi ! J’ai déjà entendu la théorie de la communication comme fondement dans un couple. C’est un des éléments. Dans les faits, ça reviendrait à parler dans le vide. Parce qu’il faut que le partenaire se fasse une idée au préalable des moments qui l’attendent, de ce que la société attendra de lui, de la réalité sur la gestion des rôles et des priorités, ainsi que du fait que c’est normal que toutes les choses l’affectent mentalement. 

Quoi qu’il en soit, quand on y réfléchit la solution est simple avec une touche de complexité : accompagnez-nous dans ces ajustements, soutenez-nous dans le doute. En d’autres termes, on existe et on a des sentiments ! Il ne s’agit pas d’une forme de solution miracle mais d’une proposition qui mérite le détour. Oh ! J’oubliais, gardez-nous le rôle de la co-star dans notre film. Juste pour garantir un équilibre.

 

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