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Éducation sexuelle : « Les parents devraient faire le premier pas »

La sexualité est un phénomène qui caractérise tout être humain, l’adolescent y compris. L’une des alternatives pour ne pas s’y perdre pendant cette période est la discussion parent-enfant ou éducateur-éduqué. Mais encore faut-il que parents et éducateurs exercent effectivement leur rôle. 

Traditionnellement, au Burundi, l’éducation sexuelle était confiée aux tantes et les grandes sœurs pour les filles et les oncles pour les garçons. De nos jours, on réserve l’éducation sexuelle aux enseignants mais en réalité, ces derniers font vite de refiler la tache aux parents. Qui, à leur tour, peinent à aborder le sujet avec leurs enfants.

Au Burundi, en 2017, on dénombrait 77 mille personnes vivant avec le VIH/SIDA avec plus de 3000 décès, et 50 % de séropositifs ont moins de 25 ans, selon le Réseau National des Jeunes vivant avec le VIH (RNJ+). Les chiffres des grossesses non désirées, des infections sexuellement transmissibles, les abandons d’écoles,… font froid dans le dos.  Le dialogue autour de la sexualité ne diminuerait-il pas ces chiffres ?

Autres temps, autre pédagogie

On entend parfois plus d’un s’exclamer avec des mots comme abana b’ubu (les enfants d’aujourd’hui, ndlr). Mais il ne faut pas oublier que les temps changent et qu’il est difficile voire impossible de ne pas être affecté. L’influence parentale du 21e siècle n’est pas celle des années passées. A l’ère actuelle, les adolescents burundais n’hésitent pas à copier la vie de ceux du Canada, France, etc. Et les parents dans tout ça ?

« Les parents burundais ne sont pas encore mieux préparés pour aborder le sujet avec leurs enfants, remarque Egide Nimubona, psychologue accompagnateur des enfants et des jeunes adolescents, « ils veulent toujours user de la rigueur. Or pour une bonne relation parent-enfant, on doit se sentir égaux pour que l’enfant confie tous ses problèmes, pose des questions auxquelles il n’a pas de réponses ».

Et de conclure : « Les parents devraient être les premiers à amorcer la discussion avec les enfants. C’est à eux d’anticiper, de faire le premiers pas. Le parent doit amener l’adolescent à demander ce qu’il ne sait pas autour de la sexualité. Et surtout, il faut écouter et ne pas juger les enfants qui te font confiance. Même s’il n’est pas dans le bon chemin, le changement d’un comportement est un processus. Il faut y aller doucement.»

Certains parents attendent que leurs enfants les affrontent en premier. Et vice versa. Résultat, il s’installe autour de la sexualité une omerta qui ne dit pas son nom. Parents et enfants se retrouvent ensuite à gérer des situations plus ardues que s’ils avaient abordé le sujet bien plus tôt. Cette situation ne doit plus durer. L’Etat devrait aussi renforcer l’éducation sexuelle en mettant dans les cursus plus de formations sur la sexualité surtout dans les classes où l’on rencontre des adolescents. Les adolescents devraient avoir droit à une information suffisante autour de la sexualité. 

 

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