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Des rendez-vous amoureux sur les lieux de culte

Les églises sont des lieux sacrés qui réunissent une multitude de personnes dans tous les coins du pays. Des gens y trouvent d’ailleurs une opportunité de conquérir une âme esseulée pour des desseins plus ou moins nobles.

Le lieu indéniable et incontournable de rencontre pour la plupart des boys et des bonnes travaillant à Bujumbura est de toute évidence le lieu de culte. Tandis que certains recherchent la vie éternelle et le salut de leurs âmes dans les églises, d’autres y vont en tant que chasseurs, à l’affût de leur âme-sœur.

« La grande majorité des travailleurs domestiques trouve leur amoureux à l’église. » Affirme Anicet*, 23 ans qui a 5 ans d’expérience dans le métier de boy. Un peu hésitant au début, il se livre peu à peu. Il me raconte que les dimanches dans son église, le culte commence à 15h et prend fin à 16h 30 : « C’est le moment idéal pour faire des connaissances. Et pourquoi ne pas rentrer avec quelques contacts ? », confie le jeune homme, avec un sourire.

D’une pierre, deux coups

Il n’y a pas que les hommes qui vont dans les églises pour courtiser. Les jeunes filles donnent également des rendez-vous à leurs amoureux ou prétendants pour venir prier dans leur église. C’est le cas de Jeanne*, une belle jeune fille de 22 ans travaillant comme bonne à Kanyosha : « J’étais attirée par le sens de l’humour d’un homme que j’ai connu dans un groupe whatsapp. Très vite, nous avons entamé une discussion à deux (inbox). Mais je voulais que notre relation prenne de l’ampleur. Je l’ai donc invité à venir prier dans mon église. », avoue-t-elle. Aujourd’hui, cela va faire deux ans qu’elle est en couple avec l’homme de 4 ans son aîné, qui travaille à Kibenga.

Quand ils se sont connus, Jeanne priait dans une église pentecôtiste et son coup de cœur dans une église catholique, mais par amour, il a fini par rejoindre sa belle sur son lieu de prière.

Attristée, elle m’avoue qu’à l’heure où nous discutons son couple bat de l’aile pour des histoires de tromperie. « Mpora numva ko yagiye kuraba abandi bakobwa atabimbwiye. » (Des fois, on apprend qu’il est allé voir d’autres filles à mon insu, Ndlr)

Gare aux déceptions !

Nous sommes tous humains. Parfois, nous fonçons naïvement là où le cœur bat plus fort et nous nous en mordons les doigts après. En tout cas, c’est le vécu de Paul*, 35 ans qui travaille toujours comme boy dans un quartier au sud de Bujumbura. « Quand j’étais plus jeune, au début de la vingtaine, je me suis mis en couple avec une jeune fille de mon âge que j’avais croisé à l’église. », raconte-t-il.

Avant de former un couple, ils se saluaient par courtoisie, mais un certain dimanche à la fin du culte, ils ont longuement échangé. Cette fois, la discussion s’est soldée par l’obtention du contact mobile de la jeune femme. Quelque temps après, les deux tourtereaux se sont mis en couple. « Nous nous aimions beaucoup, mais j’avais peu à lui offrir. Après une année de relation, j’ai appris que ma copine était enceinte d’un taximan. », se souvient douloureusement Paul. Très déprimé à l’époque, il a même pensé à se suicider.

Paul reconnaît que de nombreux couples se forment après les cultes du dimanche. Selon lui, la plupart sont des jeunes qui ne sont pas très matures. Il ajoute également : « Benshi ni bamwe bakundana ivy’umubiri gusa. » Plusieurs d’entre eux ne recherchent qu’un(e) partenaire sexuel(le). Il explique que c’est entre autres, la raison pour laquelle certaines bonnes tombent enceintes, car elles s’adonnent souvent à ce genre de pratique.

Ces jeunes, qui travaillent dans les ménages, devraient se méfier de ces histoires sans lendemain. Sinon, ils risquent de perdre de vue leurs ambitions et de s’attirer les problèmes comme des grossesses non désirées.

 

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