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Accord entre le Burundi et le FMI : une goutte dans un océan ?

Coincé entre les pressions inflationnistes sur le marché local et le contexte économique international tendu, le Burundi vient de décrocher une aide de plus de 261 millions de USD au près du Fonds Monétaire International (FMI). En contrepartie, Gitega devra accepter de respecter certaines conditions dont des réformes structurelles de son économie pour bénéficier de cet appui financier. Mais ce coup de main sera-t-il suffisant pour une économie si exsangue ?

Dans son communiqué du lundi 10 avril, le FMI a annoncé lundi, un accord conclu avec le gouvernement burundais sur la mise en place d’un programme d’aide de 261 millions USD. Selon cette institution, cette action va dans le sens d’aider le pays à « soutenir la reprise économique face aux chocs ». De nombreuses raisons dont les difficultés liées aux déséquilibres macroéconomiques font que le Burundi soit un pays éligible à la facilité élargie de crédit. Visiblement, avec son économie meurtrie par les sanctions économiques qui ont duré plus de 6 ans, le Burundi s’efforce d’assainir ses relations avec ses partenaires internationaux. 

Gitega devra montrer patte blanche 

L’accord est signé après trois longs mois de discussions entre les services de finances nationales burundaises et les experts du FMI. Ce Fonds mondial considéré comme un « surveillant » de la politique monétaire dans le monde n’y est pas allé les mains vides. Elle a posé des exigences. En effet, si l’accord devient effectif après l’aval du conseil d’administration du Fonds mondial, le gouvernement du Burundi s’engage à mettre en application une série de réformes sur plan économique. « La gouvernance et les réformes structurelles seront au cœur du programme des autorités à moyen terme pour assurer un environnement des affaires propice à une croissance diversifiée et inclusive tirée par le secteur privé et à la création d’emplois », peut-on lire dans le communiqué.

S’il reste encore une étape pour le déboursement des fonds, on peut du moins espérer son aboutissement. Certains signaux montrent déjà la volonté de Gitega de se rapprocher des recommandations des institutions de Bretton Wood. C’est notamment la réouverture des bureaux de change ou l’autorisation des retraits en devises pour les comptes des particuliers. 

Une intervention qui arrive à point nommé

L’économie burundaise a beaucoup saigné. Il faut suffisamment de carburant pour remettre la machine en marche. Plombée par les sanctions économiques et étouffée par les retombées de la Covid-19, elle ne sera pas épargnée par les pressions inflationnistes doublée d’une dépréciation monétaire et la pénurie de la devise. L’inflation qui s’était établie à 18,9% en moyenne selon la Banque centrale (BRB) en 2022 a rebondi à 28,6% en glissement annuel fin janvier 2023. L’insuffisance de devises a touché le marché local fortement dominé par les importations et a continuellement nourri l’inflation. Ce qui a fait chuter le pouvoir d’achat et bousculé les économies des ménages. D’autres facteurs comme la dette intérieure, l’insuffisance des précipitations qui impacte la production agricole ont également martyrisé l’économie nationale. 

260 millions USD, dose suffisante pour une économie si agonisante ?

Dans ses relations bilatérales et multilatérales avec des pays, le FMI s’appuie sur trois axes : surveiller la situation économique dans les pays, assister financièrement les pays membres et garantir une assistance technique et une formation pour appuyer les administrations publiques dans la mise en œuvre des politiques avisées. Pour le Burundi, l’appui financier promis est de 261 millions USD sur une période de 3 ans, soit une somme légèrement supérieure à 80 millions USD par an. 

Selon Faustin Ndikumana, président et représentant légal de PARCEM, ce qui est plus important est plutôt le fait que le gouvernement ouvre une fenêtre de collaboration avec le FMI. S’exprimant sur Akeza net, un des médias locaux, cet économiste et activiste s’est dit plutôt satisfait. « Ce qui est important est que le FMI vient appuyer les politiques du pays pour la bonne marche des réformes engagées et cela peut ouvrir une brèche pour le retour d’autres partenaires économiques ». Pour Ndikumana, il s’agit d’un pas important qui vient d’être réalisé. Selon certains observateurs, le Burundi relance timidement la diplomatie économique auprès de ses potentiels partenaires.

 

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