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Inondations à Gatumba : À quand la délocalisation de la population ?

Alors que la commission de gestion et la prévention des catastrophes naturelles a déclaré que le site de Gatumba ne devrait plus être habité, force est de constater que les sinistrés sont de retour dans la localité. Or, voilà qu’avec la saison pluvieuse de cette année, l’eau revient et menace ces populations. À quand donc la délocalisation ? Y a-t-il une mesure plus durable ? Analyse.

C’est une réalité cousue de fil blanc, la zone Gatumba est une zone à risque. Pour comprendre ça, partons des faits. Selon une étude, sa topographie de basse altitude de 774 m est surplombée par des terres hautes qui vont jusqu’à 2670 m. Elle est encerclée par deux ramifications de la rivière de Rusizi qui drainent des eaux de plusieurs affluents en amont. Aussi, elle est riveraine du lac Tanganyika qui connaît, à son tour des montées des eaux.

Et, pour couronner le tout, le mauvais aménagement de ce territoire vient accabler les choses. D’après cette même étude, cette zone est faiblement viabilisée et ne respecte pas les normes urbanistiques. Les constructions obstruent les ruissellements des eaux et l’insuffisance d’évacuation des eaux en particulier pendant la saison pluvieuse demeure problématique. Pire encore, la nappe phréatique de cette zone est superficielle et saturée.

Or, d’après les estimations de l’IGEBU (Institut Géographique du Burundi), avec le changement climatique, le Burundi sera marqué par des pluies supérieures à la normale. Ce qui accroît les risques d’autres inondations. Une tragédie absolue.

Les experts, eux, s’inquiètent… 

Pour eux, cette zone ne devrait plus être habitée. Selon l’expert Ndayizeye Tharcisse, environnementaliste, les crues de la Rusizi et les inondations sont loin de s’arrêter. Les facteurs ci-haut cités en témoignent : « Les précipitations qui s’annoncent pourraient empirer la situation si rien n’est fait. La délocalisation de ces habitants de Gatumba est la seule solution durable ! », explique-t-il. Selon lui, le gouvernement devrait trouver de nouvelles terres dans une zone non-inondable pour déplacer la population de Gatumba.

A mon humble avis, en restant à Gatumba, cette population ne va pas se développer économiquement. Or, comment prétendre que personne ne doit être oublié du développement, d’après le Plan National du Développement 2018-2027, si la population de Kinyinya I, Kinyinya II, Mushasha I, Mushasha II, Muyange I, Muyange II et Gaharawe se heurte à des sévères contraintes liées à l’inondation et qui les empêchent de monter des activités génératrices de revenu ?

De toute évidence, permettre aux sinistrés de retourner dans cette zone n’est en aucun cas une solution durable. Même si les eaux reculent, les pluies vont reprendre et tout sera à reconstruire.

 

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Les commentaires récents (1)

  1. C’est une bonne idée. Moi aussi j’y habite. Mais la quesion est pour le gouvernement à trouver là où il peut installer tous le Gatumba(populations). Et se poser aussi la question comment sera t-il à propos de leur vie corrante qu’il aviez au parravant. Alors, on a entendu parler les places non urbanisées. Que sera la solution de l’urbanisation après la reinstallation? Par exemple, il y a ceux qui ont des parcelles de 20/10, les autres 10/5, voire le 5/5. Est-ce que ils continueront à vivre dans cette condition ou bien le gouvernement se sacrifiera pour leur offrir les mêmes dimensions. L’autre question. Nous constatons qu’après la reinstallation, la zone deviendra inhabitable. Est-ce que l’eglise comme catholique, l’hotel comme kiranzira pahorina, la coopec, la BGF(banque de gestion et de financement) seront-elles deplacés? Ou bien les écoles comme: le lycée communal, Ets Gatumba, st françois xavier, EPCM Gatumba, carithas, etc. Seront-elles suprimées? C’est un veritable problème. Facile à comprendre, difficile à resoudre. Merci bcp!