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Bujumbura : comment prévenir les inondations ?

Depuis quelques années, les citadins sont habitués aux scènes de flaques d’eau envahissant la voirie de la mairie de Bujumbura. Les eaux de pluie débordent les canalisations et perturbent la circulation. La menace de fortes précipitations plane sur la capitale économique comme une épée de Damoclès. Quelles sont les mesures à prendre pour protéger la ville ? Un expert a confié ses réflexions à notre blogueur.

Pendant la saison des pluies, des trombes d’eau inondent les rues de la ville de Bujumbura. Le boulevard Patrice Lumumba (devant BCB, KCB, BRB), l’avenue du peuple Murundi (devant l’hôtel Water Front), la chaussée prince Louis Rwagasore (devant la Brarudi), tous ces lieux se transforment en petits lacs après de fortes pluies. Certaines rues du centre-ville deviennent parfois impraticables. Quant aux rues des quartiers périphériques, n’en parlons même pas. Des infrastructures publiques, des ponts, des écoles et des routes très coûteux ont été endommagés par les eaux pluviales. Ce n’est donc plus un secret, Bujumbura demeure sous la menace des eaux de pluie du fait que la ville se situe au pied des montagnes de la crête Zaïre- Nil. 

Selon Chris Noël Nduwimana, spécialiste en aménagement urbain, ces inondations pluviales qui menacent Bujumbura sont provoquées par des causes multiples.

Des canalisations « entonnoir »

On le disait, les inondations de Bujumbura sont liées à l’emplacement de la ville qui est construite dans la plaine située au pied des escarpements montagneux. Toutes les eaux de ruissellement traversent la ville de Bujumbura, pour finir leur course dans le lac Tanganyika.

Mais selon cet expert, les constructions sont un autre facteur favorisant les inondations. Ces dernières empêchent les eaux de pluie de s’infiltrer dans le sol parce que les surfaces sont cimentées ou goudronnées.

En plus de ce qui vient d’être évoqué, ajoutons le fait que les infrastructures de canalisation sont vétustes et défaillantes. Ces infrastructures vont des montagnes de l’est de la ville à la rive du lac Tanganyika. Mais avec l’expansion de la ville, les canaux d’évacuation des eaux de ruissellement deviennent comme un entonnoir.  « Les entrées sont grandes et multiples, mais la sortie est petite.  C’est pourquoi les eaux stagnent plusieurs heures en villes » (ce qui crée les petits lacs dont on parlait plus haut), indique M. Nduwimana.

Selon lui, s’il y a une expansion de la ville, les canalisations, elles, n’ont pas été conçues pour recevoir toutes ces eaux de ruissellement. Ceux qui les ont construits n’ont pas anticipé la gestion des eaux en adéquations avec les dimensions actuelles de la ville.

En outre l’expert déplore l’absence de solutions permettant d’accroître l’infiltration et le ralentissement des eaux de ruissellement. C’est à cause de cela que la ville est exposée à de fréquentes inondations.

Quelques mesures urgentes

Pour protéger la ville contre les inondations pluviales, Chris Noel Nduwimana propose à l’Etat de mettre en place un plan directeur d’aménagement urbain adéquat. Celui-ci devrait donner des orientations claires de l’aménagement de la ville sur une longue période. Ce plan devrait aussi dessiner une nouvelle vision de la gestion des eaux pluviales dans la ville de Bujumbura.  

Pratiquement, chaque commune devrait avoir son propre plan d’aménagement. Ce dernier donnerait des détails sur les dimensions des canaux d’évacuation des eaux de précipitations. « Par exemple, la commune Ntahangwa qui est une zone industrielle nécessite une canalisation adaptée à ses activités. », explique Chris Noel Nduwimana. Pour que tout ceci marche, il faudrait mettre en place un bureau de prévention et d’études. Ce dernier aurait la tâche d’élaborer des plans adaptés à la ville, indique l’expert. 

Les espaces verts, l’autre solution

Il est important de renforcer les textes juridiques prévoyant la prévention et la gestion des catastrophes naturelles. Sur ce point, la ville dispose d’une loi spécifique qui montre des mécanismes d’intervention en cas d’obstruction d’une canalisation.

Il faut aussi imposer aux citadins les normes de constructions dans des zones-tampon de cours d’eau et du lac. « Quand il y a de fortes précipitations, les cours d’eau et le lac se remplissent et menacent les constructions riveraines », souligne notre expert. Par conséquent, il faut identifier les zones à risque pour prévenir ou élaborer un plan de construction conséquent.

Enfin, M. Nduwimana insiste sur la nécessité pour l’Etat d’instaurer les espaces verts afin de préserver les sols naturels qui accueillent les eaux par infiltration. Selon lui, chaque quartier devrait avoir un espace vert pour permettre aux eaux de ruissellement de s’infiltrer dans le sol. Pour les surfaces d’infiltration perdues, la sentence de l’expert est sans appel : elles doivent être compensées.

 

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