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#ThePoliticianWeWant : Gashikanwa, vivre du café et d’espoir

La commune de Gashikanwa est l’une des neuf communes de la province de Ngozi. Elle est limitée au nord par la commune Nyamurenza, au sud par Ruhororo, à l’est par Kiremba et Tangara, à l’ouest par Ngozi et Mwumba.

Il y a quelques jours, je participais à une formation qui se tenait dans la province de Muyinga. Comme le week-end venait de commencer, on a décidé de prolonger notre séjour, en allant nous promener dans la province Ngozi. On a commencé par visiter la commune de Kiremba puis la commune Gashikanwa. Cette dernière est habitée en grande majorité par des cultivateurs de café. 

Un (dés-) espoir pour les agro-éleveurs

Sur le chemin, nous avons rencontré Longin, un jeune homme de 31 ans, caféiculteur, habitant et natif de cette commune, dans la zone Gatobo. La sueur sur son front, il labourait ses plantations du café. « La culture du café exige beaucoup de travail et de moyens. Après la récolte, en décembre, nous vendons le kg à 500fbu, mais nous ne recevons l’argent qu’en mai. Heureusement, l’État a pris l’initiative de soutenir les caféiculteurs », explique-t-il, avant d’ajouter : « Notre pays tire des devises des exportations, dont le café. Le nouveau dirigeant devrait prendre des décisions pour accroître la production de cette culture industrielle. Aussi encourager les caféiculteurs afin que nous n’abandonnions pas ».

De l’autre côté du chemin, Rose-Marie qui nous écoutait, approche et nous salue avec une certaine timidité. Cette femme cultivatrice de 33 ans, mère de 3 enfants partage le même avis que Longin : « Le développement doit être dans tous les domaines de la vie du pays. Le bon dirigeant est celui qui développe tous les secteurs du pays sinon le pays ne va pas se développer correctement. Comme on nous dit que le pays vit grâce à ses exportations, pourquoi alors on n’investit pas beaucoup plus dans ces cultures industrielles », demande-t-elle.

Poursuivant notre trajet jusque dans la zone Ngoma pour enfin retourner dans la zone Gashikanwa, nous apercevons un jeune apiculteur de 33 ans, perché en haut d’un arbre où il a mis la ruche pour ses abeilles. « Élever les abeilles n’est pas chose facile, ça demande des connaissances, moi je les ai apprises dans une association. Aujourd’hui, je peux vendre du miel et faire vivre ma famille. Je touche 100 000 fbu de gain par mois. J’aimerais que les dirigeants nous soutiennent afin de développer ce secteur. C’est une des solutions pour lutter contre le chômage des jeunes dans notre commune », fait savoir l’apiculteur.

Une jeunesse désabusée

Au coucher du soleil, on se rend dans la zone Gashikanwa, il est 17h. Comme c’est le week-end, les élèves et fonctionnaires sont au centre. Au bar « Ku Kayaga », les serveurs sont à la traîne malgré le fait qu’il n’y a pas beaucoup de clients. Impatient, je décide d’aller chercher ma boisson moi-même au comptoir. Je tombe dans une conversation des gens qui sont au comptoir avec le même objectif que moi. Alors je m’invite dans leur discussion. Ce jour-là, l’information qui est à la une dans cette localité, n’était autre que les affrontements entre les jeunes du parti au pouvoir et celles du parti d’opposition CNL.

Viateur, élève de 20 ans, raconte : « Je suis partisan du parti au pouvoir, nous les jeunes, nous devons veiller à ce que les politiciens ne nous utilise pas. J’espère que le nouveau dirigeant va unir tout le monde sans aucune forme de discrimination, qu’il instaurera la méritocratie dans tous les secteurs du pays afin de lutter contre  la corruption et le népotisme dans l’obtention de l’emploi. ».

Quant à Marc, homme de 34 ans, du parti de l’opposition CNL soutient l’idée de Viateur : « Dans les campagnes électorales, beaucoup viennent nous promettre le ciel, mais le bon dirigeant est le guide de tous, on ne peut jamais se développer tant qu’on est séparé alors qu’on est un seul peuple. Le nouveau dirigeant devrait restaurer la liberté de l’expression. Que ça soit ceux qui sont au pouvoir ou les opposants. Nous avons vraiment besoin d’un président bâtisseur, espérons que celui-ci saura être à la hauteur de nos attentes.».

#ThePoliticianWeWant : Bugenyuzi, le temps des comptes

La dernière à donner son avis, c’est une enseignante dans une ECOFO de cette localité, qui est à côté de nous. En suivant notre conversation, Angélique, 29 ans, est mère de deux enfants. Elle confirme ce que disent les autres, et ajoute pour sa part, le respect de l’égalité des genres : « Un petit exemple, combien de femmes sont directrices d’un établissement scolaire de notre DCE (Direction Communale de l’Enseignement) ?… Moins d’un tiers du nombre total de directeurs ! ».

Selon le recensement général de la population de 2008, la commune Gashikanwa a 57.086 habitants dont 47,8 % d’hommes et 52,2% de femmes vivant sur une superficie de 143 km² avec une densité avoisinant à 399,8 hab/km². Administrativement, la commune est repartie en 3 zones dont : Gatobo, Ngoma et Gashikanwa, établies sur 24 collines. En grande partie, la population vit de l’agriculture et l’élevage. On retrouve aussi à Vyegwa un grand marché de vaches (le 3ème dans tout le pays).

 

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