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#NtakoriMuKwezi : le “Made in Burundi”, l’alternative qu’il nous fallait ?

Un chiffre : 80 % des 3 500 000 femmes entre 12 et 50 ans que compte le Burundi ne peuvent pas s’offrir une serviette hygiénique. Dans le même temps, certaines initiatives locales tentent de relever le défi. Une action sous plusieurs formes dont le succès sur le long terme n’est pas sans conditions. 

Un cadre de l’Office Burundais des Recettes interrogé n’y va pas par quatre chemins : « Parler de détaxation alors que cela fait entrer de l’argent dans les caisses publiques me parait impensable dans l’état actuel des choses ». Encore que, ajoute-t-il, « les serviettes et tampons étant taxés selon le TEC (Tariff Extérieur Commun) qui est du ressort de la communauté est-africaine, aucun pays n’a le droit de changer une législation sans l’accord des autres membres. Donc le changement, s’il devait venir, viendrait de la région et non d’un seul pays », estime-t-il.

Plusieurs initiatives pour un même but

Puisque la bataille de la fiscalité n’est pas gagnée d’avance, qu’en est-il de celle d’une production locale ? En posant la question, certaines initiatives locales y répondent déjà. Et partout, l’objectif affiché reste l’offre de protections périodiques à la hauteur de la poche de la citoyenne lambda. Autant que faire se peut.

AfricanWomen in Action est une des entreprises locales qui font la production des serviettes hygiéniques dénommées Kirezi Pads. À base de tissus en coton, lavables et réutilisables, la fabrication de ces protections a été entamée par l’ONG dans le but d’améliorer les conditions d’hygiène des femmes des milieux défavorisés. Avec sa marque Agateka, l’organisation locale Sacodé contribue également depuis quelques années à relever ce défi.

Comparé au prix des autres serviettes importées qui coûtent entre 1500 et 2000 francs burundais une fois le mois pendant 12 mois, ces protections «Made in Burundi» permettent de diminuer le coût jusqu’à 45% sur l’année. Elles participent également dans la protection de l’environnement car ne contenant pas de plastiques comme les autres importés couramment utilisés.

Appuyées par le Fonds des Nations-Unies pour la population (FNUAP), d’autres unités de production basées au sein des associations ABUBEF et Nturengaho confectionnent des serviettes vendues aussi à des prix relativement abordables.

Ce n’est pas tout. L’APFB (Association pour la Promotion de la Fille Burundaise) offre son expertise aux communautés dans la fabrication des serviettes hygiéniques. Dans le cadre du programme conjoint Menyumenyeshe par exemple, elle forme les enseignants et quelques jeunes élèves burundaises à la fabrication des serviettes hygiéniques qui, à leur tour, vont former leurs pairs dans le cadre des clubs-santés. Après formation, l’APFB octroie aux écoles bénéficiaires des outils nécessaires pour une production accrue.  Ce qui permet entre autres de faire des stocks de secours dans les établissements scolaires. 

Une solution durable, à condition de mesures favorables

Bien que bon nombre de ces entreprises et organisations non-gouvernementales déclarent se conformer à la demande pour leur production, l’objectif ultime reste de pouvoir distribuer ces serviettes à travers tout le pays.

Pour que la production des serviettes hygiéniques localement soit une solution durable pour le Burundi, il faudrait l’encourager par l’exonération des matières premières importées mais aussi faire comprendre que pour les femmes les serviettes hygiéniques ne sont pas des produits de luxe mais un besoin essentiel pour le bien de leur santé.

 


Pour lire notre dossier en intégralité, cliquez sur https://www.yaga-burundi.com/categorie/dossiers-yaga/ntakorimukwezi/

 

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