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#NtaKoriMukwezi : une année après, quel impact ?

Décembre 2019. Face à la précarité menstruelle de milliers de jeunes burundaises, Yaga lance la #NtaKoriMukwezi pour la détaxation des serviettes hygiéniques. Récemment, un peu plus d’une année plus tard, un internaute a posé des questions sur l’impact de la campagne. Cette blogueuse lui répond. 

Cher Didi,

C’est avec plaisir que je prends le temps de rédiger cette petite missive pour toi. C’est un honneur de savoir qu’il y a des gens (jeunes) qui non seulement nous suivent mais aussi font le suivi de nos publications. Vous êtes la raison qui nous pousse à nous surpasser chaque jour pour donner un travail bien fait. On ne demanderait pas plus. 

Je t’écris cette lettre à la suite de ton inquiétude sur notre campagne. Tu demandais : « Vyahereye he ? » (Quelle a été la suite ?). Certains diront qu’un simple post Facebook ne nécessite pas une si longue tirade mais peut être que ta question taraude plus d’un. Merci donc de la poser.

Comme une de ces jeunes femmes qui ont exprimé leurs opinions sur la détaxation des serviettes hygiéniques, je vais te répondre.

Un impact positif. Au-delà de nos attentes

Dans une société burundaise où tout ce qui est en dessous des hanches est pris comme tabou, #NtakoriMukwezi  a brisé le tabou. Pour ces enfants qui recouraient à des bouts de tissus puisque les papas ne pouvaient pas les leur acheter (ils ne savaient pas ou s’en foutaient royalement). Pour ces nounous qui galéraient à mettre les bouts de pagne usées mais pour qui la patronne a décidé d’octroyer mensuellement des serviettes hygiéniques. 

« Faisons de petites choses avec bon cœur » 

Voilà ce que disait si bien Mère Theresa. Le rôle des médias c’est aussi de pointer du doigt ces ça ne va pas. Montrer ces choses jusque-là prises comme banale mais qui handicapent la vie des uns et des autres. Ce n’est pas le président de la République qui me contredira, lui qui a récemment mentionné que les médias sont l’œil du peuple. 

Nous avons de quoi être fier ca aujourd’hui, c’est rare de voir des gens qui vont voir des catégories de personnes vulnérables sans inclure les serviettes hygiéniques. Nous avons donc conscientisé sur un besoin qui existait bien avant mais qui était banalisé.

Une chose est sûre. Ils n’ont pas détaxé mais ils ont appris qu’il y a des filles qui mettent des feuilles de bananeraie, ils ont appris que de jeunes filles ratent leurs études, et qui sait si un projet de loi n’est pas en cours.

 

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Les commentaires récents (5)

  1. Yaga, je vous aime.
    Mais je dois avouer que NtaKoriMukwezi était une bonne idée mais mal avancée(ou mal annoncé).

    Parce que le problème n’est pas Ikori(ou la façon dont la serviette hygiénique est commercialisée). Mais c’est la condition féminine, et l’incapacité de plusieurs femmes(filles) burundaises de s’en procurer. Maintenant cet article vient d’ajouter le fait que la société n’était pas éveillée en rapport avec le sujet.

    Dans tous les cas riposter à ces problèmes avec le pseudo NtaKoriMuKwezi, est hors sujet. Il pouvait y avoir d’autres moyens plus efficaces à utiliser pour riposter a ces problèmes entre autres: le found-raising pour assister celles incapable, séminaires de sensibilisation pour enseigner l’hygiène des parties intimes(Il y a une association qui a déjà fait ça si ce n’est pas vous) etc.

    Merci

    1. Je ne vois vraiment pas la difficulté de Yaga à comprendre cela. La détaxation va permettre de réduire le prix du produit et améliorer l’accès au produit pour les usagers au faible pouvoir d’achat. Voilà ma compréhension.