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[Dossier] Consentement sexuel : Oui c’est Oui, Non c’est Non !

Le consentement, ce petit mot peut faire la différence entre un moment fabuleux et un traumatisme à vie. Appuyé par des chiffres et des témoignages de plus en plus glaçants sur les viols, les sévices sexuels commis sur la femme rurale, la Bujumburoise, le jeune burundais branché, la petite soeur, le cousin…, cette notion, floue pour les uns, occidentale pour les autres, commence à se frayer un chemin dans le débat public. Le consentement nous invite à des relations plus saines, respectueuses et tournées vers le partage. À travers une série d’articles, de visuels, de vidéos, de sondages, nous ouvrons la porte à la réflexion, à la remise en question et à une compréhension sur des principes qui devraient guider nos rapports à l’autre. Cette campagne s’inscrit dans la lignée des 16 jours d’activisme.

 Note des organisatrices de la campagne 

On ne fait pas l’amour contre quelqu’un, on fait l’amour avec quelqu’un.

Le consentement revêt un caractère important dans les relations interhumaines. Il est au cœur des droits de l’Homme. Dans la sphère de la sexualité, c’est un impératif sans lequel on tombe immanquablement dans l’iniquité du viol et son cortège de malheurs. Il faut l’équilibre dans les relations intimes. L’autre doit pouvoir dire non, mais pour dire non il faut pouvoir dire oui.

Les Burundaises peuvent-elles ou disent-elles facilement non ou oui ? Quelles peuvent être les causes du vice de consentement ? Peut-on vraiment parler de consentement pour certaines catégories de personnes (travailleuses de sexe par exemple) ?

Sortir le consentement de l’abstrait

Ce sont là les vraies questions auxquelles il faut essayer d’apporter des réponses pour comprendre les mécanismes des violences faites aux femmes et y apporter des solutions efficaces.

Il faut en parler, oui ! Un partenaire, femme ou homme, peut dire oui mais se raviser et dire non. Cela, l’autre doit le comprendre et le respecter. Si une élève qui rentre fatiguée de l’école dit oui à un motard qui lui propose un lift, elle ne consent que pour le lift et rien d’autre. Si une fille accepte de rendre visite à un mec dans son “Ghetto”, son consentement concerne uniquement la visite. Pour poser ne fût-ce qu’une petite bise appuyée sur la joue, il faut un nouveau consentement. 

« Qui ne dit mot consent », « Abakobwa banka bemeye » (les filles disent oui sans dire oui) « Yari yagiye iwe kurondera iki ? », etc., tous ces prétextes macho et fallacieux que la gent masculine (mais aussi féminine) invoque (peut-être pour se donner une conscience tranquille) sont anachroniques, dangereux, irrespectueux et dévalorisant pour nos sœurs, nos mamans, nos petits-frères et sœurs. Dans la conscience collective, ces préjugés justifieraient presque les actes innommables. Ils jettent ensuite le tort sur les victimes. Le résultat ? La victime devient coupable, on excuse les auteurs et on encourage l’impunité par la même occasion.

Jeter la dignité des femmes aux orties ? Non !

Nous devons le dire à haute et intelligible voix, le silence ne constitue en aucun cas un consentement implicite. Combien de crimes sont commis et justifiés par le fait que nous pensons que la fille ne dit pas non même quand elle dit non? On ne va pas se mentir, notre tradition est pleine de pratiques et d’usages machistes qui jettent la dignité des femmes aux orties. Des pratiques d’un autre âge comme gushinga icumu, gutera intobo, gukanda umuvyeyi, le lévirat transformaient la femme en objet de plaisir de l’homme. Des pratiques d’un autre temps ? Pas tout à fait, parce qu’en réalité, on ne se dévêt pas de la tradition comme on enlève un habit sale. Certains affirment que les résidus de ces pratiques traditionnelles constituent l’origine lointaine des violences faites aux femmes.

Eduquer ! Voilà ce qu’il faut pour changer la donne. Mais comment conscientiser les enfants dès le bas âge sur le consentement, alors que même les adultes ont du mal avec cette notion ? A ce propos, les parents et les éducateurs sont-ils conscients du rôle qui est le leur dans toute cette histoire ? Disent-ils à leurs enfants ou leurs élèves de ne jamais dire oui par peur de dire non ?

Relever le défi

C’est ce défi qu’il faut relever pour espérer avoir une société où les relations sont établies sur une base d’égalité de droit pour l’épanouissement de tous. C’est ce challenge qu’il faut gagner pour prétendre à une vie intime où la femme ne subit pas en silence la volonté de l’homme (l’inverse n’étant pas impossible) et où la communion de l’acte concourt à la satisfaction de tous.

Le consentement, c’est cela qui permettrait aux deux partenaires de décider de commun accord avant de passer à l’acte.

LiLy Ange Keza

Bella Lucia Nininahazwe

Elodie Muco

 

Pour lire l’intégralité du dossier, cliquez sur : https://www.yaga-burundi.com/dossiers-yaga/oyanioya/

 

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