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Les dessous de la hausse des prix du carburant

Depuis le début de l’année, les prix du carburant ont connu une hausse significative. Selon le ministère de l’Énergie, cette augmentation est due aux fluctuations des prix sur le marché international. Cependant, les facteurs internes qui contribuent à cette hausse restent ignorés. De plus, une question pertinente se pose : qui perçoit la marge réservée aux importateurs de carburant ?

Surprise amère à la pompe. La mauvaise nouvelle se répète pour les usagers d’engins motorisés. Lundi, 9 septembre 2023, les prix de l’or noir sont encore repartis à la hausse. Cette hausse surgit, faut-il le rappeler, 28 jours seulement après sa précédente. Ce qui est inédit. 

Les automobilistes inquiets

Les automobilistes vont devoir dorénavant débourser pour le litre du gasoil 4250 BIF.  Pour ceux roulant à l’essence, il leur coûte 4550 BIF le litre. Cette hausse est de 145 BIF le litre pour le gasoil et de 100 BIF pour l’essence. 

Cela n’enchante guère les Burundais et autres résidents dans le pays de Ntare Rushatsi. Certains sont partagés entre résignation, colère, anxiété, déception et autres ressentiments. Jean, un automobiliste, se dit préoccupé : « Cela va être insupportable pour les ménages et il nous sera difficile de tenir avec cette hausse récurrente de ce produit.» L’augmentation du prix des produits pétroliers, souligne-t-il, notamment l’essence et le diesel, entraîne une augmentation des coûts de transport et de production.

Les facteurs internes derrière cette augmentation

Tout d’abord, le ministre de l’Énergie a justifié cette hausse en soulignant les fluctuations des prix sur le marché international. En effet, sur base de tarif des prix rendus publique par ledit ministère, le prix du carburant a augmenté au port de Dar-Es-Salaam.  

Cependant, d’autres facteurs internes ont également contribué à cette hausse des prix. Parmi ceux-ci, la dépréciation de la monnaie burundaise, qui a rendu l’importation du carburant plus coûteuse.  

En outre, une nouvelle taxe appelée « prélèvement forfaitaire » a été introduite depuis septembre dernier sur la structure des prix du carburant. Cette taxe ne cesse d’augmenter. Par exemple, en moins d’un mois, elle est passée de 31BIF à 32,6 BIF par litre.  

En parallèle, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) a également connu une augmentation. Par exemple, la TVA perçue sur le litre d’essence est passée de 631 à 646 BIF en 28 jours seulement. D’ailleurs au mois d’avril, un automobiliste ne payait qu’une TVA de 467 BIF par litre d’essence.  

Pour rappel, dans le budget actuel, l’Etat prévoit que la taxe sur le carburant rapportera à peu près 100 milliards BIF.     

Qui perçoit la marge des importateurs ? 

Depuis août 2022, l’importation du carburant a connu un changement majeur. Face à l’incapacité des sociétés privées à fournir suffisamment de carburant pour répondre à la demande locale, c’est désormais l’Etat qui est chargé d’importer le carburant via de la Regideso.   

Cependant, même si l’État a pris le relais, la marge bénéficiaire des importateurs, c’est-à-dire le montant perçu par ces derniers sur chaque litre vendu, est toujours incluse dans la structure du prix du carburant. Toutefois, malgré cette intervention étatique, il est important de souligner que la marge bénéficiaire des importateurs reste incluse dans la structure du prix du carburant. En effet, depuis juillet dernier, cette marge a été revue à la hausse, passant de 40 BIF à 90 BIF par litre. 

Selon les données fournies par la Banque de la République du Burundi (BRB), entre fin septembre et fin juin, le pays a importé pas moins de 50 464 000 litres de carburant. Ces quantités rapportent à l’importateur des marges bénéficiaires variant entre 2 et 4,5 milliards de BIF.

Cette situation présente plusieurs avantages. Tout d’abord, elle permet d’assurer une gestion transparente des devises allouées à l’achat de carburant à l’étranger. En centralisant l’importation du carburant, l’État peut mieux contrôler les flux financiers associés à cette activité et s’assurer que les ressources sont utilisées de manière efficiente.

De plus, les marges bénéficiaires perçues par les importateurs, sont désormais directement versées dans les caisses de l’État. Cela représente une source de revenus supplémentaires pour financer les dépenses publiques et soutenir les programmes de développement du pays.

 

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