À l’ère où les réseaux sociaux sont devenus les vitrines du monde, l’image d’un pays peut être détruite ou valorisée en quelques minutes. Récemment, une vidéo du YouTubeur australien Luke Damant, parti du Burundi déçu et déterminé à ne jamais revenir, a relancé le débat sur la perception de notre pays à l’international. Au-delà de sa vidéo, c’est toute la question de la communication autour du Burundi qui se pose : que faire pour promouvoir une image positive du pays ?
En septembre 2023, un blogueur de Yaga rapportait une affaire de deux influenceurs italiens qui accusaient les autorités locales de Kabezi de les avoir malmenés. Récemment un certain Luke Damant a remis sur le tapis la question de l’accueil des touristes au Burundi, avec une triste histoire de corruption. Or, un touriste moderne n’attend plus d’arriver pour savoir à quoi s’attendre : il se renseigne d’abord en ligne. Pour le Rwanda, on pense immédiatement aux gorilles. Pour le Kenya et la Tanzanie, aux safaris, au Serengeti ou au Kilimandjaro. Mais pour le Burundi, les informations positives sont rares. Peu connaissent le lac Tanganyika, le goût du Mukeke, les tambours sacrés ou la beauté des chutes de Karera.
Lorsqu’on tape « Burundi » sur Internet, les premiers résultats renvoient souvent aux crises politiques, à l’insécurité ou à la pauvreté. L’image du pays est donc déjà abîmée avant même l’arrivée du visiteur. Luke, comme beaucoup d’autres, a débarqué avec ces préjugés, et sa vidéo reflète davantage cette perception initiale négative qu’une véritable découverte du pays.
Des mauvaises expériences qui virent en “bad buzz” mondial
La vidéo de Luke rappelle un autre problème : le manque de préparation du pays pour accueillir les touristes. On voit souvent des taximen surfacturer leurs services, simplement parce qu’ils ont à faire à un blanc. Les commerçants modifiant les prix, tout le monde est convaincu qu’un touriste transporte forcément des devises. Résultat : ce qui était supposé être un voyage de plaisance devient une succession de tentatives d’arnaques.
Certes, les Burundais sont généreux et accueillants, mais beaucoup ne saisissent pas encore l’importance du tourisme. Dans la vidéo, le YouTubeur accumule les mauvaises expériences en un temps record. Pour un créateur suivi par plus d’un million de personnes, chaque incident devient une publicité négative qui se propage au monde entier, en quelques clics. La scène la plus préjudiciable reste celle où un policier confisque sa caméra et accepte un pot-de-vin, filmée et diffusée sans filtre. La corruption est un problème connu, mais lorsqu’elle s’expose ainsi devant un étranger, elle renforce l’idée que le pays manque de sécurité.
Des trésors touristiques et culturels pas ou peu valorisés
Le Burundi possède pourtant des richesses naturelles et culturelles exceptionnelles : les chutes de Karera, Gishora, le lac Tanganyika, ou encore les collines verdoyantes. Mais ces sites restent difficilement accessibles. Les routes sont parfois en mauvais état, les panneaux de signalisation manquent, et les services de base, wifi, guides formés, centres d’information, etc., sont rares. Un lieu peut être magnifique, mais sans infrastructures adéquates, l’expérience du visiteur reste limitée. Le manque de communication institutionnelle accentue le problème : peu de contenus en ligne valorisent réellement le pays, et le gouvernement invite rarement dans des conférences, que des influenceurs choisis stratégiquement pour promouvoir le tourisme.
Redorer l’image du Burundi: une mission collective
La récente nomination d’une jeune femme à la tête de la Direction du tourisme représente une opportunité pour changer cette dynamique. Mais la réussite dépendra aussi de la population. L’image du Burundi ne se construit pas uniquement dans les ministères ou les vidéos d’influenceurs. Elle prend forme dans l’accueil au quotidien, dans la qualité des services offerts et dans la façon dont nous racontons notre pays.
Luke est parti avec une impression négative. La question, désormais, est de savoir si les Burundais sont prêts à offrir une meilleure expérience aux prochains visiteurs.

Construisons d’abord la cohésion sociale puis l’image positive…
Big up sn mukora neza ndabakurikina cn