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Made in Burundi : entre l’ambition et la réalité

Il ya 5 ans, le label Made in Burundi naissait. Mais cela n’a pas empêché que le déficit commercial se creuse davantage. Est-ce une preuve que le Made in Burundi n’a pas produit les résultats escomptés ? Qu’est-ce qui devrait être fait pour que ce label puisse se faire une place au soleil ? Ce blogueur nous partage ses réflexions. 

Les chiffres publiés par l’Isteebu n’incitent pas à l’optimisme. Un fossé de 191 milliards BIF en un mois. Tel est le nouveau boulet que traîne la balance commerciale du Burundi, ce qui traduit  un écart de plus en plus grand entre ce que notre pays vend à ses partenaires étrangers et ce qu’il importe.

Au cours de ce mois, nous avons acheté à l’étranger des produits et services équivalant à plus de 213 milliards BIF et nous avons fourni au reste du monde des marchandises de plus 21,54 milliards BIF. Les devises tirées de ces exportations ne couvrent que 10% de nos importations. 

C’est indéniable, le pays recule au lieu d’avancer. Il ne peut plus se permettre le luxe de continuer à consommer ce qu’il ne produit pas tout en supportant un déficit abyssal de sa balance commerciale. La souveraineté économique devrait être notre première préoccupation. 

Les dirigeants l’ont compris. Depuis 2017, bien que les résultants ne soient pas encore là, de nombreuses initiatives ont été lancées en vue d’assurer l’équilibre de la balance commerciale. C’est dans ce cadre que le label « Made in Burundi » est né pour encourager les citoyens à consommer « burundais » même si, on le regrette encore, elles n’ont pas hélas porté de fruits conséquents.

 S’il y a une leçon à retenir des différentes expériences à la course au développement, c’est bien celle-ci : les pays qui se sont développés et qui se sont bien arrimés au marché international sont ceux qui ont su stimuler le marché interne et valoriser le potentiel national à travers la mobilisation et l’utilisation à bon escient de leurs  propres ressources.

Le Made in Burundi, peine à convaincre

Mais il ne faut pas se voiler la face. Le développement du Made in Burundi se heurte à plusieurs obstacles et ce à différents niveaux, ce qui explique pourquoi les produits locaux ont toujours du mal à se faire une place au soleil. 

Le premier concerne leur compétitivité. Les produits locaux peinent à être compétitifs par rapport aux produits étrangers à cause du coût de production élevé. Ici, il faut savoir que certains facteurs doivent intervenir comme le capital, l’énergie, le foncier, la fiscalité, etc. 

Oui, la main-d’œuvre n’est pas chère, mais la productivité reste très faible. Ceci, combiné aux autres facteurs qu’on vient de mentionner plus haut, entraîne une augmentation du coût de production. 

Donner de nouvelles ailes au Made in Burundi ? 

Comment alors stimuler le Made in Burundi ? Cela demande l’implication de tous les acteurs. Du côté des pouvoirs publics, une stratégie doit être définie sur le long terme. Ces derniers devraient garantir sa continuité et donner de la visibilité aux investisseurs et ce, quel que soit le gouvernement en place.  

Pour ce qui est des consommateurs, la question est de savoir comment booster la consommation des produits internes. Cela étant dit, il ne faut pas ignorer qu’un des principaux critères des consommateurs est le rapport qualité-prix favorable. Ce rapport dicte la conduite du consommateur. Il s’agit donc d’un élément important à même de fidéliser les nationaux. Le nerf de cette guerre est donc la compétitivité. Sauf que la qualité ne se décrète pas. C’est une culture à promouvoir. 

Burundais, consommez « local » !

Il ne suffit pas de produire des produits de bonne qualité pour bien vendre. D’autres facteurs sont en jeu. C’est notamment le marketing et la communication. Avec tous ces éléments combinés, je pense que le Made in Burundi pourrait connaître son âge d’or. 

Cependant, je l’ai déjà dit, et je le répète : inciter les Burundais à consommer « burundais » est la base de tout. Comment pourrait-on convaincre les étrangers à consommer nos produits si nous ne les consommons pas nous-mêmes? Là est toute la question.

 

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