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Real vs Barça au Burundi : des dribbles, des débats… et des dons !

Bien que le Burundi soit situé à des milliers de km de l’Espagne (et qu’aucun vol direct ne relie Bujumbura à Madrid ou Barcelone, faut-il le rappeler), les fanbases du Real Madrid et du FC Barcelone y coulent des jours heureux. Au pays de Mwezi Gisabo, la passion pour ces deux géants du foot européen ne connaît pas de frontières, ni géographiques ni émotionnelles. Mais au-delà des cris de joie (ou de détresse) accompagnant les matches, une réalité bien plus touchante se dessine : la solidarité.

Associations, actions de charité, entraide… Qui aurait cru que des fans des deux clubs espagnols pourraient devenir des piliers de la cohésion sociale au  Burundi ? Oui, parfois, un tacle bien placé peut aussi rapprocher les cœurs.

Par expérience, je sais ce que c’est que d’être un supporter jusqu’au bout des crampons. Ce bonheur inexplicable quand ton club préféré écrase son rival avec panache… et cette tristesse abyssale quand il se fait ridiculiser en demi-finale de Ligue des champions.

Ces derniers jours, l’ambiance est électrique : alors que les championnats européens approchent de la ligne d’arrivée, les débats enflammés fusent de tous les côtés. Analyses pointues, pronostics hasardeux, blagues de mauvais goût entre supporters. On dirait un mix entre une émission de sport et un stand-up à la burundaise.

Mais pour les non-initiés, ce culte du ballon rond peut sembler… disons, excessif. Je pense à cette collègue qui, à ce jour, ne comprend toujours pas comment on peut veiller jusqu’à 2 heures du matin, les yeux rougis, scotchés à un écran. Ou cette amie qui m’a dit un jour : « Quand je réalise qu’il existe des gens qui ne mangent pas parce que leur équipe a perdu… je me dis que le monde est vraiment vaste. »

L’autre visage des fanbases

Être fan, ce n’est pas juste hurler devant sa télé ou porter un maillot trois fois par semaine. C’est un engagement total : suivre les infos du club, soutenir l’équipe dans la victoire comme dans la défaite (même quand ça fait mal), et, au Burundi, aller encore plus loin.

Ces derniers temps, les supporters du Real Madrid et du FC Barcelone ne se contentent plus d’encourager : ils s’organisent. Création d’associations, dons de sang, participations aux mariages avec des cadeaux (oui, oui, des vrais !), visites aux hôpitaux, actions de charité… Bref, le fanatisme a mué en fraternité.

À Ngozi, l’association des fans du Real Madrid a même reçu les honneurs du gouverneur. Rien que ça ! A nos confrères d’Iris News, Jean Paul Nsanzimana, président de ladite association, a expliqué que tout a commencé avec 150 membres motivés comme jamais : « Nous œuvrons dans la province et la commune de Ngozi. C’est en mars 2025 que nous avons commencé à opérer légalement. On se soutient dans les bons comme dans les mauvais moments. On fait de l’agriculture, de l’élevage, du commerce, et du sport collectif deux fois par mois. » Le moment qui l’a le plus marqué ? Ce fan du Barça, lors de son mariage, entouré de ses frères supporters. Cadeaux, discours, ambiance. Un ami « neutre » — comprendre : qui ne supporte aucun club — en est resté bouche bée.

Le foot peut aussi guérir

Pour ceux qui ne comprennent toujours pas cette ferveur, sachez qu’un supporter croisant un autre de la même équipe ressent instantanément une fraternité quasi mystique. Origine, religion, classe sociale, tout ça passe au second plan. Le lien, le cordon ombilical, c’est le club. Et dans un pays comme le Burundi, qui porte encore les cicatrices des divisions du passé, ce genre de lien n’a pas de prix.

Le sport, et particulièrement le football, devient alors un outil de réconciliation et de solidarité. Imaginez un instant si cette dynamique s’étendait aux clubs locaux comme Vital’o ou Inter Star. Une fanbase burundaise, forte et soudée, œuvrant pour la communauté, pourrait devenir une véritable force de paix. Parce que oui, parfois, il suffit d’un ballon pour faire tomber les murs et tisser des ponts.

 

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