Dans un paysage du basketball burundais en pleine mutation, un nouveau nom s’impose : Romis Bujeje. Alliant hargne, discipline et détermination, ce jeune ailier s’est hissé au sommet à force de travail et de courage, jusqu’à devenir l’un des visages emblématiques d’un sport en plein essor au Burundi.
Le basketball burundais entre dans une nouvelle ère. Pendant plus d’une décennie, les noms de Landry Ndikumana, Guibert Nijimbere et, plus récemment, Richard Ndikuriyo dominaient les conversations dès qu’il s’agissait d’évoquer les rois du ballon orange. Mais depuis quelque temps, un nouveau nom résonne dans les gymnases de Bujumbura, un nom qui symbolise le courage, la rage de vaincre et l’humilité d’un vrai soldat : Romis Bujeje. Ce joueur n’a pas conquis le public par des dribbles spectaculaires ni par des envolées offensives démesurées. Il a gagné les cœurs par son énergie brute, son engagement total et sa capacité à transformer la douleur en motivation. Romis n’est pas seulement un joueur : il est une force tranquille, un guerrier qui entre sur le terrain avec le feu dans les yeux et la victoire dans le cœur.
Des débuts modestes
À l’origine, rien ne prédestinait Romis Bujeje à devenir l’un des symboles du basketball burundais. Passionné de football dans son enfance, il a pris un virage inattendu lorsqu’il a compris que sa taille pouvait devenir un atout majeur sur un parquet plutôt que sur un terrain de foot. « Why not? », s’est-il dit et ce fut le début d’une épopée.
En 2017, il rejoint le lycée Don Bosco avant de poursuivre sa progression au lycée du Lac Tanganyika. C’est là qu’il découvre la discipline, le jeu collectif et, surtout, la mentalité de compétiteur. Ses performances dans les tournois interscolaires attirent rapidement l’attention des recruteurs du club de Muzinga, où il fera ses premiers pas en compétition officielle. Lors d’une demi-finale de la Coupe des Héros face au géant Dynamo BBC, le jeune Romis marque les esprits : 21 points inscrits et une prestation éclatante face à une équipe mythique. Le public découvre alors ce jeune ailier longiligne, combatif et au regard décidé. Le Burundi du basketball venait de trouver son prince.
Dans la cour des grands
Séduit par son potentiel, Dynamo ne tarde pas à le recruter. Les débuts sont toutefois difficiles, marqués par les blessures, la pression et l’adaptation au haut niveau. Pourtant, Bujeje ne fléchit pas. Il apprend, il encaisse, il grandit. En 2023, sa patience est récompensée : Dynamo remporte la VBL en battant Urunani 4-2 dans une série épique. Romis obtient davantage de temps de jeu et découvre la scène africaine lors de la Road to BAL et de l’Élite 16, participant à la qualification historique du club pour la BAL 2024. Si 2023 fut une année de gloire collective, 2024 marque le début de sa transformation individuelle. D’un défenseur acharné, il devient un joueur complet, capable d’impacter les deux côtés du terrain. Bien qu’il perde la finale VBL face à Urunani après une série haletante de sept matchs, son engagement impressionne tout le monde, y compris ses adversaires. Séduits par sa mentalité de guerrier, les dirigeants d’Urunani décident de le recruter. Dans une équipe composée de stars telles que Jean Jacques Boissy, Sibanyoni, Landry Ndikumana et Peter Olisemeka, Romis ne se contente pas d’être un figurant. Il se bat pour mériter chaque minute sur le parquet.
2025 ou le couronnement d’un roi ?
En 2025, le prince devient roi. Bujeje réalise une saison régulière exceptionnelle avec une moyenne de 14 points et 7 rebonds par match.
Malgré la défaite en finale face à son ancien club Dynamo, il est désigné MIP (Most Improved Player) de la VBL, une consécration méritée pour un joueur qui n’a jamais cessé de progresser. Il acquiert une certaine réputation. Lorsque les Hippos, dirigés par Josué Ndimugakiza, l’appellent pour renforcer leur effectif lors du EABCC au Kenya, Romis répond présent. Véritable pilier de son équipe, il guide les Hippos vers la victoire finale face à Ulinzi et rafle tout sur son passage : MVP de la compétition, meilleur ailier et membre du cinq majeurs. Trois trophées individuels dans une seule compétition, un exploit retentissant. Plus récemment, il s’est encore distingué en étant l’un des meilleurs scoreurs de la Coupe des Héros avec Urunani, qui a terminé troisième après avoir battu les Hippos.
Un combattant né
Romis Bujeje incarne une valeur rare dans le sport moderne : la persévérance silencieuse. Il n’a pas besoin de mots ni de gestes spectaculaires pour s’imposer. Sa simple présence inspire. Sur le parquet, il est ce joueur prêt à se jeter sur chaque ballon, à défendre chaque possession et à motiver ses coéquipiers quand tout semble perdu. Dans un pays où le basketball devient une véritable passion nationale, Romis Bujeje est plus qu’un joueur : il est un symbole. Le symbole d’une génération qui croit en la sueur, en la discipline et en la victoire par le travail. Le prince a grandi. Aujourd’hui, le roi du basketball burundais porte le nom de Romis Bujeje, et son règne ne fait que commencer.

« Dans un pays où le basketball devient une véritable passion nationale, Romis Bujeje est plus qu’un joueur : il est un symbole. »
Le basketball une passion nationale… Tu n’exagères pas un peu là, cher David Niyungeko? Je voudrais quelqu’un qui fasse un sondage dans tout le pays qui montre même le nombre de personnes connaissant le mot « basketball », tout simplement. Si le nombre arrive même seulement à 40%, je serais d’accord avec toi.