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Monsieur le Président, négliger l’éducation, c’est hypothéquer l’avenir d’un pays

Bien que l’ambitieuse « Vision Burundi pays émergent en 2040, pays développé en 2060 »  soit admirable à bien des égards, un blogueur estime qu’elle n’en restera moins qu’une heureuse chimère, si l’éducation de qualité n’a pas la priorité qu’elle mérite. Raison pour laquelle il s’adresse au président de la République, pour lui faire part de ses inquiétudes.

Monsieur le Président,

La rentrée scolaire approche à grands pas. Comme vous le savez sûrement, elle est prévue pour le 18 septembre 2023. Monsieur le Président, une fois de plus, la presse, la société civile, les parents et tous ceux qui se soucient de la bonne éducation des enfants du pays se retrouveront à égrener, avec dépit et désespoir, la kyrielle des problèmes qui minent le secteur de l’éducation au Burundi : le manque de matériel didactique, le manque de banc-pupitres, l’insuffisance des infrastructures et des équipements… vous connaissez déjà la litanie.

Le problème de l’insuffisance des enseignants se posera à nouveau, avec encore plus d’acuité et de pertinence, accentué par le départ précipité de plus de 3000 enseignants, forcés à la retraite anticipée,  jetés comme des marchandises périmées. Je n’ose pas évoquer ici les conditions de vie de ceux qui prestent encore. Des conditions de vie minables qui les empêchent d’accomplir correctement leur travail au grand dam de ceux qu’ils ont la charge de former et préparer pour un avenir radieux de notre Burundi Bwacu.  

Monsieur le Président, 

J’ai trempé ma plume dans ma peine, pour venir vous dire ces mots plein de chagrin : cela m’étonne, plutôt cela m’offusque, que notre chère patrie soit le seul pays au monde où l’on rappelle l’importance d’investir dans l’éducation. 

Oh Monsieur le Président, n’est-ce pas vous-même qui, à plusieurs reprises, semblez remettre en question l’importance d’investir dans l’éducation ? Pour dire toute la vérité : cela me chagrine énormément. 

Vous dites souvent que ces éminents docteurs et ingénieurs vyossissimes qui vous entourent ne vous sont d’aucune aide, et je comprends votre frustration. Mais Monsieur le président de la République, imaginez un instant s’ils n’étaient jamais passés par l’école ?

Par ailleurs, le fait qu’il ne vous aide pas autant que vous le voulez, et autant que l’exige l’émergence économique à laquelle nous aspirons, n’est-ce pas une manifestation de la défaillance de l’enseignement qui devrait plutôt vous interpeller à consentir plus d’efforts dans ce domaine que de jeter l’éponge ?

A titre personnel, j’ai été étonné que vous ne participiez pas aux Etats Généraux de l’Education de juin 2022. Est-ce un signe que l’éducation n’est pas dans vos priorités ? J’ose croire que non. 

C’est Tidjane Thiam, intellectuel ivoirien qui le dit bien : « La plus grande richesse des nations est leur capital intellectuel », et vous qui prenez la Chine comme modèle, saviez-vous que ce géant asiatique, autrefois très pauvre, n’est sorti de cet état de malheur qu’en investissant dans l’éducation ?

Nous, les jeunes, savons que vous vous souciez de notre avenir, votre engagement en faveur de la jeunesse et de la lutte contre le chômage ne fait aucun doute, mais nous avons peur en voyant comment les autres pays investissent dans l’éducation de leur jeunesse alors que cela semble être le cadet de vos soucis. 

Monsieur le Président,

Nous saluons vos efforts pour mettre en place des mécanismes à même de nous fournir de l’emploi, de nous sortir du chômage, mais assurez-vous que nous avons les bases nécessaires pour fructifier les fonds alloués, pour devenir des agents de changement et de croissance au sein des structures qui nous embauchent, ainsi que pour être compétitifs sur le marché international. Tout cela ne peut être réalisé qu’à travers une éducation de qualité. 

Monsieur le Président, 

Equipez nos écoles du matériel didactique nécessaire et moderne, envoyez-nous étudier à l’étranger, concluez des partenariats avec des universités étrangères pour faire venir leurs enseignants ici, valorisez l’éducation et le développement suivra.

Monsieur le Président, trouvez ici mes plus hautes considérations.

 

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Les commentaires récents (4)

  1. Vraiment il faut se soucier de l’éducation. Les parents se donnent pour envoyer ses enfants à l’école. Arrivé à l’école l’anglofone enseigne les maths, le physicien enseigne la science de la terre etc et cela semble un poison pour nos éduqués. Autre chose attention aux écoles et universités privés; elles mettent en avant le payement d’argent au lieu de la qualité d’enseignement. Par ex quelqu’un (enseignant)a été renvoyé du fait qu’il a donné 0/20 à un élève tricheur par l’interrogation. Sachons que l’éducation est un plébiscite de tous les jours et qu’elle est le pilier de l’éducation. Par f.k

    1. Oui ils devraient bien investir en éducation pour faire faire grandir notre chère patrie en ce qui concerne les enseignants manquant ils devraient recruté les élèves ayant des documents nécessaires et pouvant être capable de le faire.