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Kwa Marango, l’intemporel de Ngagara

Dans l’ombre tamisée de chez kwa Marango, l’attraction va bien au-delà des bières bien fraîches et des brochettes de boeuf copieuses. Leur plat “igitomati”, une spécialité rare dans les bars burundais, son histoire familiale entrelacée et son charme intemporel font de cet endroit un petit trésor.

Dans la ville de Bujumbura, dans un coin discret du quartier Ngagara se niche un petit cabaret aux charmes bien singuliers. À première vue, il n’a rien d’extraordinaire : quelques tables et chaises en plastique, certaines à l’intérieur du cabaret et d’autres à l’extérieur, bordant la rue Buconyori sous l’ombre bienveillante d’un arbre.

Dans cet endroit paisible, l’ambiance est totalement opposée avec celle des bars bruyants qu’on retrouve souvent dans la ville. Ici, pas de musique assourdissante, ni d’éclats de rire des personnes ivres. Seuls les murmures des conversations et le claquement des bouteilles, mêlés au vrombissement des voitures de la rue voisine, viennent rompre le silence.

Lors de ma première fois dans ce cabaret, j’ai remarqué dans un coin, un groupe de personnes du troisième âge. J’ai d’abord cru qu’ils étaient dans une réunion de famille. Mais, les jours suivants, la table est restée dans le même état, accueillant de nouveaux visages. 

Un bar du troisième âge ?

Ce cabaret a réussi à conquérir le cœur de presque tous les pensionnaires de Ngagara (ou des pensionnaires en devenir). Les sages du quartier se réunissent fréquemment autour de ces tables composites, formant ainsi de petits groupes. 

La tranquillité n’est pas sa seule particularité. Dans la plupart des cabarets en ville, on sert des frites en accompagnement à d’autres plats de viande. En revanche, Kwa Marango, les frites sont remplacées par un plat préparé à base de beaucoup de tomates, un peu de bananes vertes et d’oignons, connu sous le nom de “igitomati ». De plus, ils ont une autre façon de le préparer en le cuisinant comme une brochette.

Kwa Marango, toute une histoire

Le cabaret, parait-il, a ouvert ses portes dans les années 80. Selon le gérant actuel, âgé de 50 ans, « à cette époque, c’était le lieu préféré des parents de ceux qui fréquentent actuellement cet endroit, y compris mon propre père … ». Au fil des années, leurs parents disparaissaient les uns après les autres, et leurs enfants, partaient un à un de leur côté, soit pour les études, le travail, ou même rejoindre leurs familles. C’est ainsi que ces enfants, qui sont désormais autour d’une cinquantaine, ont décidé de former un club appelé “Club Marango Sport”, dans le but de renouer les liens avec leurs amis d’enfance. Ils ont choisi ce nom, parce que « chez Kwa Marango, ils se sentent chez eux et leurs souvenirs d’enfance y sont ancrés ».

Actuellement, les membres de ce club, ainsi que ceux du club de la génération de leurs parents, sont les principaux clients de Kwa Marango. Ce qui est particulièrement émouvant, c’est que cet endroit n’a pas changé. Et pourtant, tous les soirs, l’endroit attire une clientèle fidèle.

 

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