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Génération Z : la bête noire des dirigeants ?

Récemment, à Madagascar, une vague de jeunes a fait plier le pouvoir. Ils l’accusaient d’être responsable de pénuries d’eau et de coupures d’électricité. Ils ont réussi, par volonté et la détermination, à se faire entendre. Depuis, le monde observe, ébahi, la naissance et le développement de cette nouvelle forme contestation 2.0 si efficace, qui se propage comme une trainée de poudre. Avant Madagascar, cette génération décomplexée avait déjà renversé des institutions au Népal et fait trembler le Maroc, le Bangladesh, le Sri Lanka, le Kenya, etc. Qui sont-ils ? Qu’est-ce qui anime cette jeunesse qui a fait des réseaux sociaux son cheval de bataille ?

Puis-je être classé dans cette génération dorée ? Né en 1994, j’ai posé la question à mes amis. Ils m’ont répondu : non. La Génération Z, ce sont plutôt ceux nés entre 1995 et 2010 — les enfants du numérique, élevés dans un monde connecté et globalisé, où la technologie façonne la pensée et la parole. Nous, ceux d’avant, avons connu la lenteur des devoirs sans Google, les lettres écrites à la main et les réponses qui mettaient des jours à arriver.

Eux, ils ont grandi à la vitesse grand V. La visibilité et la liberté de parole sont de leur côté, grâce aux réseaux sociaux.

Une génération confiante

La Génération Z se distingue par deux qualités qui ont manqué à leurs aînés : la confiance en soi et la soif du changement.

Elle refuse d’attendre. Elle s’organise, se mobilise et agit.

Au Kenya, elle a poussé le gouvernement à retirer un budget jugé injuste. À Madagascar, elle a forcé les autorités à écouter. Ce n’est plus une génération silencieuse : c’est une génération qui interpelle, exige et obtient.

Un monstre créé… par les gouvernants eux-mêmes?

Ironie du sort : cette génération contestataire a été créée par les dirigeants eux-mêmes.

Dans un monde dominé par Internet et les réseaux sociaux, les gouvernements ont souvent tardé à répondre aux attentes des citoyens. Aujourd’hui, la donne est en train de changer.

Conscients que la pression numérique peut faire vaciller un régime, les Gen Z sont devenus la hantise de dirigeants bornés et fatigués, convaincus que le pouvoir est leur chasse gardée.

Quel effarement quand ils ont constaté que les hashtags pouvaient devenir si puissants qu’ils font tomber des dirigeants accrochés au pouvoir depuis des décennies ! Ce n’est pas qu’ils soient plus courageux que nous. Ils ont peut-être les bons outils à leur disposition. Ils sont nés à une époque où l’information circule à la vitesse de l’éclair — et Dieu sait que l’information est le ferment infaillible des changements et des révolutions.

Ils ont grandi avec la liberté d’expression qu’offre le numérique, là où, de notre temps, nous devions murmurer nos opinions entre nous.

Et surtout, ils ont compris que le changement ne se demande pas : il se crée.

Une génération miroir ?

En les observant, je me demande si, en réalité, la Génération Z n’est pas simplement le reflet amplifié de ce que nous voulions être : libres, informés, engagés. Peut-être que leur révolte est le fruit de nos silences, nos oublies et nos désespoirs. Et tant mieux!

Car leur impatience véhicule comme une promesse : celle d’un monde qui ne se résigne plus, qui ose dire non aux puissants. Il faudra désormais compter avec eux, sous peine de se voir emporter par la violence de leur colère. Un homme averti en vaut deux!

 

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