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Burundi : l’employabilité des jeunes rafle les financements

Les dons de l’IDA (Institution de la Banque mondiale) au Burundi ne cessent d’augmenter. Un autre programme nommé PRETE va être financé à hauteur de 100 millions USD via un financement de l’IDA. Un financement de plus pour l’employabilité des jeunes. Pour quels résultats ? Des questions ne manquent pas…

Il est 11h, je prends mon téléphone pour suivre l’actualité de mon pays comme à l’accoutumé. Scotchée, je tombe sur un post de Akeza.net parlant d’un projet analysé et adopté par l’Assemblée nationale sur l’accord d’un don de 100 millions USD entre le Burundi et l’IDA, qui financera le projet pour l’emploi et la transformation économique au Burundi (PRETE en sigle). Tout à coup, mon cœur se tord. Encore un autre programme ? Pour quels résultats ?  

Un petit saut dans les chiffres pour comprendre. 48 milliards de BIF, c’est le montant pris en charge par le budget général de l’Etat pour le PAEEJ. Plus de 160 milliards de BIF pour un programme de créations de 545.456 emplois pour les jeunes dans le cadre du Plan d’Action National pour l’Emploi des Jeunes (PANEJ), élaboré pour un cycle de 4 ans allant de 2021 à 2025. Sans oublier la mise en place de l’Agence Burundaise pour l’Emploi des Jeunes avec 72 millions de BIF pour encadrer les jeunes, la création de coopératives Sangwe avec un budget de 10 millions de BIF pour chaque coopérative, la création de la Banque d’Investissement des Jeunes (BIJE), le Fonds d’Impulsion, de Garantie et d’Accompagnement des jeunes (FIGA), etc.

Pour la plupart de ces programmes, force est de constater que les résultats se font attendre. Le taux de chômage ne cesse d’aller crescendo, avec des conséquences désastreuses. 

Devrons-nous alors nous alarmer de ce don appuyé par IDA pour financer PRETE ? Évidemment que oui. Si d’autres programmes n’ont pas donné de bons résultats (ici, je fais référence au nombre d’emplois stables créés par les jeunes qui ont bénéficié de ces programmes et du taux de chômage toujours élevé chez les jeunes), pourquoi injecter des fonds dans un programme similaire ? Quid des études sur la faisabilité de ce programme afin de trouver des solutions durables au chômage ? 

C’est une question de stratégie

J’ai lu attentivement un article concernant le PAEEJ, paru sur le site de Yaga en juin 2022, qui a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. Je trouve que les idées avancées par l’auteur étaient bien fondées, et les faits présentés corroborent ses arguments. 

En tant qu’économiste, mon analyse n’est pas loin de la sienne. Le gouvernement devrait créer plutôt des entreprises afin que les jeunes puissent trouver de l’emploi. Dans le cas contraire (comme bien explicité par cet auteur), cibler en priorité les jeunes qui sont déjà actifs afin qu’ils se diversifient, agrandissent leurs activités et embauchent au passage du personnel.

Le gouvernement devrait élaborer une stratégie de mise en œuvre, axée sur la création d’entreprise et l’augmentation des investissements. Il devrait réformer l’environnement des affaires afin de rendre les acteurs économiques plus productifs et les amener à contribuer au développement économique national, par la création d’emplois. 

Au lieu de continuer d’injecter de l’argent dans des programmes de création d’emplois, nos dirigeants devraient chercher à organiser la création d’emplois dans le secteur privé afin d’attirer les investisseurs étrangers. Comme ça, le pays aura plus de chances de sortir du cercle vicieux de chômage des jeunes. 

 

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