De Magarama, à Gitega, aux grandes scènes internationales, Dj Fernando a tracé son chemin avec discipline et vision. À force de travail et de constance, il a transformé des débuts modestes en une carrière jalonnée de tubes incontournables. Son parcours dépasse le simple succès : il incarne la persévérance d’un talent burundais devenu référence. Portrait.
Fernando Ayee, de son vrai nom Fernand Aransabiye, n’est pas qu’un artiste à succès. Il est la définition même de cette maxime devenue légendaire : le travail et la discipline battent le talent quand celui-ci ne travaille pas. Né en 1997 dans la province de Gitega, commune Gitega, au quartier Magarama, Fernand a grandi avec un rêve plus grand que les moyens dont il disposait. Très jeune, aux côtés de son ami Melanin Boy, Fernando nourrit une ambition, celle de faire de la musique, dans un contexte où celle-ci est encore perçue comme un simple passe-temps. Le premier obstacle est brutal et est fait de manque de matériel, de l’absence de soutien financier, des doutes, etc. Mais face à cela, deux armes vont tout changer, à savoir : la passion et la discipline. « On passait des heures à travailler, à répéter. Ce qui nous a permis de tenir, c’est la passion et la discipline », confie-t-il.
Des débuts prometteurs
Dès la première sortie de Icamamare, Never et Fresh, les observateurs attentifs de l’industrie musicale burundaise flairent quelque chose de spécial. Malgré leur jeune âge, Fernando et Melanin Boy affichent déjà une créativité audacieuse, une constance impressionnante et une identité sonore reconnaissable. Mais c’est avec Molo, véritable chef-d’œuvre, que leur carrière prend un tournant décisif. Ce morceau marque officiellement leur entrée sur la scène nationale. Derrière cette réussite, il y a un pilier essentiel qui se nomme la famille. « J’avais le soutien de ma famille, surtout de mon père. Il était musicien, chanteur et compositeur. Même s’il est décédé, il reste une immense source d’inspiration », témoigne Fernando avec émotion.
Des bangers qui marquent toute une génération
Après Molo, les deux natifs de Gitega enchaînent les succès. Joli, Jana Nanje et surtout Away, leur plus grand hit en tant que groupe explosent dans tout le pays. Puis vient le choc. La nouvelle tombe : Fernando Ayee et Melanin Boy ne travaillent plus ensemble. Très vite, le doute s’empare des mélomanes. Certains annoncent la fin d’une dynamique, d’autres remettent en question le talent individuel de Fernando.
La musique pour seule réponse
Fernando Ayee choisit de répondre de la seule manière qu’il maîtrise, c’est-à-dire par la musique. Et la réponse est cinglante. Il enchaîne des chefs-d’œuvre qui marquent durablement l’industrie :
- Bellissima: 9,3 millions de vues sur YouTube
- Korazon: 5,5 millions de vues
- Kazima Imana Inkunda : 12 millions de vues, l’un des plus grands hits burundais de ces dix dernières années
« J’ai transformé les doutes et les critiques en motivation. J’ai prouvé que le travail, la vision et la foi peuvent faire la différence », affirme-t-il. Ces succès ouvrent à Fernando les portes de l’international, avec des concerts en Belgique, en Suisse et en France, notamment à Lille.
DJ dans l’âme mais artiste malgré tout
Peu le savent, mais avant de chanter, Fernando Ayee était DJ. Une expérience déterminante dans sa compréhension du public, des tendances et des émotions musicales. « Être DJ m’a appris ce qui fait bouger les gens, ce qui touche vraiment » ; explique-t-il. Son conseil à la jeunesse est limpide : « Apprenez chaque jour, innovez, soyez patients et restez authentiques. Le talent ne suffit pas sans discipline, travail et constance. »
Entre vision, influence et avenir
Sa participation à House of Influencers marque une nouvelle étape. « House of Influencers a été une expérience très enrichissante. J’y ai appris l’importance de l’image, du branding, du travail en équipe et de la vision internationale. Ce genre d’initiatives peut faire évoluer notre industrie musicale en ouvrant la voie aux artistes, aux collaborations et à des standards professionnels plus élevés. »
Fernando y affine sa posture d’artiste moderne, conscient de son impact. Aujourd’hui à son apogée, Fernando Ayee refuse pourtant de s’en arrêter là. Des collaborations internationales et de nouvelles sonorités fraîches sont déjà en préparation. De Magarama aux scènes européennes, Fernando Ayee prouve qu’avec du travail, de la foi et une discipline sans faille, aucun rêve n’est hors de portée. La question n’est plus jusqu’où il ira… mais, qui sera le prochain à s’inspirer de son parcours pour tracer son propre chemin ?

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