Les fêtes, en cette période de manque de carburant, il faut vite oublier. Si ce n’est pas quelqu’un de très proche, il est difficile de répondre à l’invitation. Et pour cause, les frais de déplacement atteignent des piques inimaginables. C’est ce qui est arrivé à cette jeune femme.
Il est 17 heures moins. Je me prépare à me rendre au mariage d’une collègue. Une trentaine de minutes et des poussières plus tard, je suis prête. Un dernier coup d’œil dans le miroir. Ce que j’y vois me plaît. Je me détache de mon reflet avec peine – eh oui, je suis très comme il faut ce soir – et j’attrape mon cellulaire. Je demande un wasili et j’attends qu’on me réponde. Dix, vingt, trente minutes et toujours rien. Je m’adresse à celui qui gère les courses et il me dit qu’il n’a trouvé aucun véhicule qui veuille bien venir me prendre. Oh, zut ! C’est la dernière chose qu’il me fallait en ce moment. La réception va bientôt commencer, si ce n’est déjà le cas.
J’essaye de me calmer en respirant profondément. S’agiter ne va servir à rien. Réfléchir, c’est mieux. Je décide de descendre jusqu’à la route macadamisée, où j’ai plus de chances de trouver un taxi. Mais ma tenue ne me facilite pas la tâche, juchée comme je suis sur ma paire de talons hauts. La route en terre est cahoteuse, parsemée de pierres qui menacent de me faire trébucher à chaque pas. Heureusement que je suis habile dans le catwalk, sinon il y a longtemps que je n’aurais fait qu’un avec le sol ocre. J’arrive kw’ibarabara sans encombres, mais les jambes en feu. Et à mon grand malheur, il n’y a pas l’ombre d’un taxi sur cette route qu’une pénombre de plus en plus épaisse assombrit. Je regarde l’heure, il est presque 18 heures 30 passées.
Soudain, j’ai une idée : je téléphone un ami qui possède une voiture pour qu’il fasse office de chauffeur, moyennant paiement. Mais la chance semble me bouder, car il me dit que la voiture n’est pas disponible. Et même les taximen qu’il me recommande n’ont pas de carburant.
20 mille Fbu pour un trajet de moins d’1 Km !
Découragée, je tente toutefois un dernier coup: un agent de Lumicash est assis près de là où je me tiens. Je lui demande s’il ne connaîtrait pas des taxis en service dans les environs. Après maints et vains essais, il me trouve quelqu’un qui est tout près, mais il me prévient que ça va me coûter cher. Je lui demande quand même le numéro, afin de pouvoir négocier moi-même. Quelle n’est pas ma consternation lorsque le monsieur me demande 20.000 BIF pour un trajet de moins d’un kilomètre. J’essaie de lui faire comprendre que ce prix, c’est de la folie. Il en a conscience, mais pénurie de carburant oblige, on maximise ou rien.
Je suis dépitée et donc je lui dis de laisser tomber. J’ai fait ce que j’ai pu. Je fais demi-tour et remonte cahin-caha la pente abrupte qui mène à la maison. J’ai eu mon lot de déceptions aujourd’hui.
