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Arrestation de Bruce Melody : « Chers Burundais, à qui mentez-vous ? »

C’était un Let’s do this sur lequel on s’était séparé avec deux de mes amies, dont une qui repart bientôt. Un 3 septembre dans notre agenda pour bien clôturer la haute saison qui, visiblement se boucle en une saga de dossiers pas très clairs entre deux nations sœurs aux dépens d’une myriade de fans.

Ceci mérite un topo pour plus ou moins cerner ce qui se passe. L’artiste rwandais Bruce Itahiwacu, du nom de scène Bruce Melody, est attendu à Bujumbura pour deux grands concerts les 2 et 3 septembre courant. Mais en 2018, ce même artiste était en tête d’affiche pour un concert à Bujumbura, événement dans lequel il ne viendra pas laissant derrière lui des suspicions politiques dans le public. Il faut rappeler qu’à l’époque, les relations entre le Burundi et le Rwanda ne sont pas au beau fixe. Bis repetita : l’année dernière, invité encore une fois pour se produire à Bujumbura, le jeune artiste rwandais sera victime d’une décision des autorités burundaises d’annuler certains rassemblements populaires en vue de limiter la propagation de la Covid-19.  

Jamais deux sans trois, dit-on. Troisième tentative de donner un « show » aux Burundais, énième déception pour les mélomanes. Le Bruce, aux sons agréablement repris par presque tout le monde, ne verra pas le #KazeiBurundi d’un même œil que le reste des 8 milliards de voisins. Ce 31 août, en cours de route, après sa sortie d’avion, il est recueilli par la police, direction, la police judicaire. Des clichés de bienvenu à l’aéroport à Bujumbura, puis rien. Bruce est conduit pour « être écouté ». Motifs ? Plusieurs informations circulent sur les réseaux sociaux, notamment l’hypothèse « des frais non remboursés après annulation d’un de ses concerts »

Adaptons aux B ce que nous faisons à B

Au Burundi, ce n’est pas le sujet d’impunité qui manque dans les médias et discussions dans tel atelier de réflexion et j’en passe. Mais peu de fois, nous voyons l’action censurer les mots. Loin de moi l’idée de penser qu’il est intouchable, Bruce. Encore moins de penser qu’il ne devrait pas payer ce qu’il doit si c’est le cas.  Mais  le « #BruceMelodyGate » est, sans tomber dans le fanatisme et avec peu de détails, un cas parlant d’une justice qui fonctionne à double sens. Si un citoyen peut faire valoir son argent et orchestrer un recouvrement aussi spectaculaire, au risque d’écorner l’image du pays, j’ose espérer qu’un grand appareil qu’est l’Etat obtiendrait en un laps de temps tous les détournements opérés (afin presque) et dont d’ailleurs le président de la République ne s’efforce plus à pointer du doigt. 

Aux yeux du monde, ce que nous venons de faire à cette icône du Rwanda n’est autre qu’une honte habillée d’incohérences. Comment vouloir prêcher l’évangile au reste du monde, sans faire d’efforts pour ôter la poutre qui se trouve dans notre œil ? Comment continuer à prêcher le #VisitBurundi ?

Pour le reste, les plans pour ce weekend devront certainement changer pour plusieurs (dont moi), et ceci d’une manière ou d’une autre. Mais d’un seul vœu, aux concernés dans le dossier, impore itahe iwacu.

 

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