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La mendicité chez les personnes âgées : une honte pour le pays

Si des fois on parle des personnes âgées, on oublie une catégorie bien particulière de ces gens : ceux qui vivent de la mendicité. Souvent sans logement fixe, et sans famille, ils sont laissés pour compte. Dans le temps, cela nous aurait choqués, et pourtant aujourd’hui, nous passons, indifférents…

La mendicité chez les personnes âgées est un phénomène qui s’observe de plus en plus au Burundi. Certains d’entre eux n’ont pas de famille pour s’occuper d’eux.  À défaut de trouver un emploi ou une activité à cause de leur vieillesse, mendier reste leur seule alternative. 

Odile Minani est originaire de Kirundo. Elle affirme que quand tu n’as pas de proches pour s’occuper de ton sort, tu fais tout pour survivre.  « J’ai plus de 75 ans. Je suis veuve depuis longtemps et mes deux enfants sont morts. De nos jours, les gens ont changé. C’est chacun pour soi. Pareil pour les membres de la famille, si tu veux une chose, il faut beaucoup insister. Pour moi, quémander reste la solution même si dans la rue, il y a peu de gens qui nous viennent en aide. ». Cette veille maman n’est pas la seule à errer dans les rues de Nyakabiga en demandant après « utwo kurya mwoba mwirengangiije  (une assiette de nourriture que vous auriez laissée).

Jean Baremibara,77 ans, quant à lui, son territoire, c’est souvent le centre-ville de Bujumbura. Il erre toujours accompagné par son petit-fils. Il affirme qu’il mendie car son fils, chez qui il habite, est chômeur et ne peut pas s’occuper de toute la famille. Il évite d’être un fardeau de plus.

Face à ces diverses formes de mendicité, certains gens restent insensibles et ne manifestent aucune solidarité.

Que dit la loi ?

La loi burundaise n’est pas totalement claire à ce sujet. Maitre Cyril Fresh Isirahenda, représentant légal de l’association « Famille de soutien aux personnes âgées et aux orphelins » lutte pour les droits de la personne âgée. Selon lui, certaines dispositions du Code pénal burundais sont violées. Par exemple, l’article 482 stipule que quiconque s’abstient de porter assistance à une personne en péril est puni de servitude pénale d’un an à trois ans et une amande allant de vingt mille à cent mille francs burundais.

La Constitution indique que : « Chaque Burundais a le devoir de respecter ses parents, de les nourrir et de les assister en cas de nécessité. » (article 66). À mon avis, cette loi devrait condamner aussi le silence des institutions habilitées car le problème reste posé.

Jean-Christophe Ndikumana, du département de l’intégration social au sein du ministère des droits de la personne humaine, des affaires sociales et du genre reconnaît qu’il y a encore du pain sur la planche. « Éradiquer la mendicité des personnes en âge avancé est un travail qui exige beaucoup de fonds. Notre ministère collabore étroitement avec l’État pour placer ces personnes dans des centres. Bientôt, ils recevront un logement digne », rassure-t-il.

Des actions à mener

Il existe au Burundi quelques centres pour personnes âgées. On y accueille ceux qui ont plus de 65 ans. Une multiplication de ces infrastructures pourrait diminuer le nombre de mendiants âgés. D’ailleurs, les construire nous rendrait service car tout le monde tend vers la vieillesse.

Une loi spécifique contenant des mesures d’accompagnement devrait être instaurée. Ladite loi leur assurerait une protection sociale et répondrait directement aux besoins des personnes en âge avancées qui continuent de mendier. D’ailleurs, le nouveau numéro un Burundais a commencé avec les retraités. Il y a une lueur d’espoir. 

 

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