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Jardins potagers, la clé pour une bonne sécurité alimentaire.

Située au nord-ouest du pays, cette commune porte le même nom que la province-mère. Pour les gens de la région, les prochains leaders devront résoudre certains défis, avec en tête de liste : la corruption et la démographie galopante.  

En empruntant la RN9 au nord de Bujumbura, la commune Bubanza se trouve à une quarantaine de kilomètres de la capitale économique. Dès l’entrée, les champs qu’on contemple à perte de vue ressemblent plus à des jardins qu’à des plantations. Ici et là, des parterres verdoyants de riz, de maïs et de légumes de toutes sortes. Au chef-lieu, une cathédrale pour les candidats à la vie éternelle, un hôpital pour les malchanceux, des banques et micro-finances pour les nantis, et même un marché moderne. Cette commune a tout pour être un joyau aux mille atouts.

Tout en sirotant un petit fanta dans une des paillotes du « New Star Center Hôtel », la gérante Angèle, 29 ans, est à nos petits soins. Elle a fugué de sa famille à cause des conflits fonciers, d’abord entre son père et son oncle, et ensuite entre lui et ses six frères. Elle vit comme un oiseau à l’aile cassée, mais qui vole malgré tout. « Les problèmes fonciers persistent à cause des pots-de-vin dans les instances judiciaires ». Pour elle, un bon dirigeant doit prendre à bras-le-corps le fléau de la corruption. « La corruption est un mal pour le Burundi, et là où il y a la corruption, il n’y a pas de développement », assure Angèle.

Le riz, pas toujours un bon allié

Sous l’immensité d’un ciel généreux en soleil rayonnant, nous décidons de nous rendre en zone Mitakataka, à la colline Randa. La colline héberge à elle seule une ferme grandiose, un centre national d’insémination artificielle, une riziculture moderne, et une petite rivière qui fait la joie des petits gamins qui s’y baignent. Les maisons y sont éparpillées comme des grains de maïs dans un moulin.

À l’entrée de la ferme, silence total. Rien ne nous assure que nous avons pris le bon chemin, avant de voir surgir Aline. Du haut de ses 24 ans, c’est une jeune femme aux apparences infantiles. Personne ne croirait facilement que c’est elle, la mère des deux gosses. « J’ai été délaissée. Mon mari riziculteur a préféré se marier légalement avec la deuxième femme avec qui il a trois enfants », lance dans une tristesse à fendre le cœur, avant de nous informer qu’à cause de l’argent du riz, des femmes dans une situation pareille sont légion à Bubanza. « C’est la démographie qui en souffre », renchérit Aline. Pour elle, le pays a besoin d’un leader qui comprend les enjeux de cette démographie galopante, en luttant contre les grossesses en milieux scolaires, la polygamie et le concubinage, tout en votant une loi et des sanctions pour la limitation des naissances.

Guidé par l’amour

En sortant du centre national d’insémination artificielle, nous rencontrons Joachim, le planton. Né à Cunzwe en commune Rugazi, il est arrivé à Bubanza par amour : « C’est elle, oui, ma femme qui m’a amené à Bubanza ». Il raconte : « Pour nous les Abahinda, il est interdit d’épouser une femme en dehors de notre clan. Elle, je l’ai vu sur la colline, on s’est aimé et j’ai décidé de m’enfuir avec elle pour pouvoir vivre ensemble ». Souriant, il confie qu’il aimerait un leader qui surpasse ses origines politiques, ethniques et claniques, pour gouverner au nom de tous les Burundais, en toute justice et équité.

Un petit détour dans la zone Buvyuko, un ami a une connaissance dans la région. Il s’appelle Sylvestre et est diacre. Pour ce futur prêtre, il considère le travail comme un commandement de Dieu. « La pauvreté est un handicap majeur dans notre zone », constate Sylvestre, et d’ajouter qu’il est nécessaire d’avoir une loi claire pour que les détenteurs des certificats fonciers puissent contracter un crédit bancaire pour se développer. « Un cultivateur reste jusqu’aujourd’hui à la traîne pour avoir un crédit, en hypothéquant sa terre. Seuls les salariés et les hommes d’affaires ont accès aux crédits, ce qui condamne la population rurale à rester dans la pauvreté ». Pour le diacre, cette loi pourra corriger ces inégalités. 

La commune Bubanza est l’une des cinq communes que compte la province Bubanza. Elle est délimitée au nord par les communes Musigati et Murwi, au sud-est par la commune Mpanda, au sud-ouest par la commune Gihanga et à l’ouest par la commune Buganda. Avec une superficie de 224,82km², elle s’étend sur deux régions naturelles à savoir Mumirwa et Imbo. La commune est subdivisée en 23 collines, réparties en quatre zones : Bubanza, Muramba, Mitakataka et Buvyuko. Avec une population de 83 678 habitants, la commune Bubanza est une région aussi agricole que pastorale, et la présence du marché moderne permet des échanges commerciaux.

 

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