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Burundi : vers la fin du tourisme médical ?

Du 16 au 18 septembre, le Burundi a abrité la première conférence nationale sur la santé. Alors que le système de santé burundais n’a pas encore atteint le niveau escompté pour réduire le flux de Burundais obligés de se faire soigner à l’étranger, une lueur d’espoir commence à pointer à l’horizon. Voici six exemples.

Neurochirurgie

Il y a quelques années, la neurochirurgie était le parent pauvre des disciplines médicales au Burundi. Le pays ne disposait d’aucun neurochirurgien. Les enfants hydrocéphales qui ne parvenaient pas à se rendre à l’étranger, mourraient ou devenaient la risée de tout le monde. Cette période est désormais révolue. Nous avons deux neurochirurgiens burundais opérationnels. Les tumeurs cérébrales, les hydrocéphalies et les traumatismes crâniens sont maintenant opérés chez nous. De quoi faire jubiler ceux qui devraient se rendre à l’étranger. 

Pacemakers

Eh oui, la chirurgie du cœur est réalisable au Burundi. L’implantation du « pacemaker », ce stimulateur cardiaque, en est un exemple. Plus besoin de se rendre à l’étranger, pour les patients qui présentent des pathologies cardiaques du genre blocs auriculo-ventriculaires type 3. L’hôpital Militaire de Kamenge l’a fait, et avec succès. Et comme bonne nouvelle, le directeur de cet hôpital a promis que ces interventions vont continuer. Alors que le Burundi n’avait aucun chirurgien cardiaque, il en a un, Burundais, et opérationnel. Une avancée non ?

Chirurgie par vidéo assistée

C’est faisable au Burundi. La preuve, il suffit de se pointer à Kira Hospital. Par de très petites incisions, écran numérique aidant, c’est une technique de chirurgie moderne. Contrairement à la chirurgie classique, dites « à ciel ouvert ». Juste un petit trou et hop, fin de l’opération. Selon le chef de service de chirurgie à l’hôpital Kira, la personne opérée avec cette technique peut rentrer le lendemain. N’est-ce pas que la médecine au Burundi avance ? Si vous en doutez, demandez à ceux qui devaient aller se faire soigner à l’étranger.

Bujapath

Il n’y a pas longtemps, le cancer était seulement suspecté. Et si par chance, on prélevait un échantillon, il devait être envoyé au Rwanda ou au Kenya. Via Bujapath, c’est une vieille histoire aujourd’hui. Ce centre est spécialisé dans le dépistage et le diagnostic du cancer. Un ouf de soulagement pour les patients qui effectuaient des déplacements coûteux à l’étranger. En plus, on a la chance de détecter précocement certains cancers qui tuaient, car dépistés tardivement. Une avancée qui vient à point nommé, dans un pays où 5% de l’ensemble des décès sont dus au cancer.

Traitement avec laser

Même la chirurgie par laser est là. Et spécialement la chirurgie oculaire par laser. Pas question alors pour les diabétiques développant une rétinopathie diabétique de se rendre à l’étranger pour cette complication du diabète. Cela permettra de prévenir la perte de vision chez des milliers de Burundais qui voyaient l’Inde comme l’eldorado pour ce genre d’opération.

L’hémodialyse

Ils étaient nombreux les Burundais qui prenaient l’avion, juste pour l’hémodialyse à l’étranger. C’est un soulagement pour ces malades souffrant de l’insuffisance rénale. Le pays de Mwezi a maintenant cinq unités d’hémodialyse et même des médecins néphrologues burundais. Une avancée salutaire.

Il y avait un besoin réel. Une centaine de Burundais par mois se retrouvaient obligés de partir se soigner à l’étranger. La raison : recourir aux soins auxquels ils n’ont pas accès chez eux. L’Inde, le Rwanda, la France, le Kenya et la Belgique étaient leurs principales destinations, et cela, leur coûtaient énormément. Mais, pour le moment, malgré les défis existants, la roue du système de santé burundais commence à tourner positivement.

 

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Les commentaires récents (4)

  1. On n’a qu’à ce féliciter de ces avancées. Mais le papier me semble un peu « trop » élogieux. D’aucuns pourraient même être tentés d’y voir une certaine publicité. Ca aurait d’ailleurs été une, que je n’en serais pas offusqué. Quoi qu’il en soit, j’aurais bien aimé « un peu d’eau dans le vin ».
    Merci quand même pour le billet, en attendant le prochain.
    Bravo à toute l’équipe Yaga.

  2. J’admets que c’est une merveilleuse nouvelle.Mais où est ce qu’on en est avec la chimiothérapie?ces malades souffrant du cancer après le diagnostic,seraient obligés de se rendre au Kenya tout de même