Le spectacle tant attendu a eu lieu ce 28 novembre 2025 dans l’amphithéâtre de l’Université du Burundi, où de jeunes étudiants se sont affrontés en finale de la première édition de la Tribune des idées, un concours organisé par Share-Net Burundi et le Club d’actualité économique. Quelle équipe décrochera la victoire ? Pleins de vivacité et de talent, ces jeunes débatteurs se mesurent autour de thématiques essentielles pour l’avenir du pays. Une manière, sans doute, de se préparer à tenir un jour les rênes de la nation.
Il est 15 heures tapantes lorsque des voix s’élèvent dans l’amphithéâtre de l’Université du Burundi, au campus Mutanga. Sur le podium, les équipes se succèdent. Vêtus de vestes, le regard assuré, les gestes maîtrisés, la démarche affirmée et la voix parfaitement dosée, ces étudiants ont tout d’apprentis diplomates. Ils ne sont pas là pour bavarder, mais pour réfléchir, analyser et débattre. Chaque équipe, composée d’un jeune homme et d’une jeune femme, se bat pour défendre ses idées. Les débatteurs n’hésitent pas à brandir chiffres alarmants, références historiques et citations célèbres. Tout cela pour appuyer leur thèse et convaincre le jury ainsi que le public.
Une jeunesse qui pense et s’affirme
Tout au long de la finale, ces orateurs ont débattu sur les thématiques touchant la jeunesse, allant de la croissance démographique à l’éducation sexuelle. Pour l’équipe de l’Université du Burundi (U.B), une jeunesse nombreuse est une richesse. Pour étayer sa position, elle cite Nelson Mandela : « La jeunesse doit prendre conscience de sa force. Elle est la relève, elle est le moteur du changement. » Les jeunes évoquent également l’exemple des pays européens après la Seconde Guerre mondiale, qui ont fait du Baby-boom un levier de croissance. Toutefois, soulignent-ils, l’État doit investir dans la jeunesse pour qu’elle devienne un véritable acteur du changement positif.
L’équipe de l’Université du Lac Tanganyika (ULT), quant à elle, estime qu’une jeunesse trop nombreuse, dépassant les capacités d’un pays, peut devenir un fardeau silencieux menaçant l’équilibre national. « La vraie bénédiction n’est donc pas d’avoir beaucoup de jeunes, mais d’avoir une jeunesse préparée, instruite, employée et paisible. C’est cela qui construit une nation, qui la protège et l’élève », a martelé Abraham Sibomana, de l’ULT.
Le débat comme outil de compréhension mutuelle
Le deuxième thème de la finale porte sur l’éducation sexuelle chez les jeunes. L’équipe de Bujumbura International University (BIU) la considère comme une priorité essentielle, un moyen d’accompagner la jeunesse avec des connaissances fiables et adaptées à leur âge. Un avis que ne partage pas l’équipe adverse de l’Université Espoir d’Afrique, qui alerte contre des programmes standardisés risquant de s’immiscer dans l’intimité des familles et de fragiliser les valeurs traditionnelles. L’équipe de BIU a réfuté cette inquiétude. « L’éducation sexuelle chez les jeunes, loin de détruire, renforce les valeurs familiales, sociales et morales. Elle aborde notamment les notions de consentement, de respect et de non-violence », explique-t-elle. C’est la remise des prix qui a clôturé le concours. Toutes les équipes ont été récompensées pour encourager leur travail de recherche et leur engagement sur des sujets d’envergure nationale. L’équipe de l’ULT a remporté le premier prix. Clara Kenguruka, l’une de ses membres, a affirmé que cette compétition marque le début d’une grande aventure. « Pour moi, cela a été un véritable processus de développement personnel. Prendre la parole en public pour défendre ses idées avec des arguments solides n’est jamais facile, surtout lorsqu’il s’agit de sujets complexes », reconnaît la jeune étudiante. Elle poursuit : « Parfois nous doutons de notre légitimité ou craignons de choquer par notre position. Mais ce sont justement ces divergences qui nous enrichissent et nous complètent ».
