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La pénurie d’eau débattue au Sénat : le ministre à la barre des accusés

Ce 26 septembre 2023, le ministre de l’Hydraulique, de l’Energie et des Mines, Ibrahim Uwizeye, était invité au Sénat dans une séance de questions orales. Le président du Sénat a mis sur la sellette le ministre, enfin qu’il s’explique sur l’exécrable fonctionnement de la Regideso. Peut-on s’attendre à un changement ? L’espoir est permis…

Après la séance plénière du 16 août 2023 qui a séduit plus d’un, le Sénat vient de faire un autre travail que tout Burundais aurait salué. Pour clôturer les questions posées par les sénateurs, le président du Sénat n’y est pas allé par quatre chemins, exigeant au ministre ayant l’énergie dans ses attributions d’expliquer le pourquoi du comment la Regideso n’accomplit pas sa mission. 

Dans ses trois questions dichotomiques, Emmanuel Sinzohagera, sans langue de bois, « kumenera inda ku rukumu », a cuisiné le ministre, exigeant des réponses claires et directes : «  Son excellence le ministre, je ne veux qu’une réponse : oui ou non. » Et d’entamer ses questions : « Avez-vous des fils conducteurs d’électricité ? » Et au ministre de répondre, « oui ». « Avez-vous des transfos dans les stocks ? » : « Très honorable, les transfos sont disponibles. » Et enfin, la troisième question : « Vous vous êtes bien expliqués avec des paroles qui donnent de l’espoir. Mais ça ne correspond pas à la réalité sur terrain. Où se trouve réellement le problème ? »

Dans ses explications, le ministre Ibrahim Uwizeye a affirmé que tous les matériaux sont dans les stocks de la Regideso, et que lui-même ne sait pas où réside la racine du problème. Mais, a-t-il promis, une assemblée générale sera organisée pour détecter le problème. 

Une lueur d’espoir ?

Les justifications du ministre n’ont pas pu convaincre le président du Sénat. Il a plutôt suggéré aux autorités burundaises d’adopter une culture de démissionner lorsqu’ils échouent dans leurs fonctions. 

Un habitant du quartier Kamesa, menacé par le manque d’eau potable, qui a suivi cet échange, se dit rassuré par cette soudaine hausse de ton du Sénat envers la Regideso. Il a un espoir que bientôt les choses vont changer : « Ngira abo bo bazobumvira ! » (Peut-être qu’eux seront entendus, Ndlr).

En effet, les coupures d’électricité et de l’eau sont devenues le quotidien des Burundais. Des grognes ont été émises, la voix des medias a porté loin cette question à plusieurs reprises, mais en vain. La population ne reçoit que des discours remplis des promesses vides. 

Quand le ministère affirme que tout le matériel est disponible dans les stocks et que, dans la réalité, la population peine toujours à accéder à cet or bleu, il y a anguille sous roche. La voix de cette haute personnalité, pourra-t-elle changer les choses ? L’espoir est permis. 

 

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