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Mama Buntu : « Bénis, sois mon prochain ! »

Avec la magie de Noël, les cœurs s’attendrissent et certains en profitent pour venir en aide aux malades dans les hôpitaux, aux enfants dans les orphelinats ou aux sans-abris. Dans ce papier, Mama Buntu, une mère dont le fils est alité à l’hôpital depuis bientôt 2 ans, rend hommage à ces âmes charitables.

À l’hôpital roi Khaled, je fais la rencontre de Mama Buntu, une dame âgée d’une soixantaine d’années. Elle est au chevet de son fils qui se trouve dans un box avec huit autres malades. D’emblée, je vois que son fils, qui approche la quarantaine, est paralysé et me fixe de ses yeux. Peu à peu, la maman me relate avec résilience leur mésaventure.

Son fils, âgé de 37 ans au moment des faits, vivait avec sa femme et ses 4 enfants lorsqu’il fut frappé par une maladie qui paralysa tout son corps. Mama Buntu m’indique que depuis cet incident, il n’est plus libre de ses mouvements à part sa main gauche qu’il peut bouger. Hormis sa paralysie, il a en outre perdu l’usage de sa voix. « Tu vois, lorsqu’il veut me parler, il cligne des yeux. Regarde ! », me montre cette mère en faisant quelques mimiques avec son fils.

« Malheureusement, sa femme vient rarement lui rendre visite. Leur relation était tendue avant même qu’il ne tombe malade. Je suis pratiquement la seule à m’occuper de mon fils. », dit-elle en refroidissant le lait qu’elle prépare pour son fils. Elle se rappelle la dernière fois où elle a vu sa belle-fille. C’était avant la rentrée de l’année scolaire, elle était venue avec leurs enfants. « Le benjamin avait carrément refusé de rentrer à la maison sans son papa. »

Pourtant, le jeune homme n’a pas toujours été ainsi. Mama Buntu raconte que son fils était un vendeur prospère dans son métier avant qu’une série de drames ne s’abatte sur lui. Des voleurs ont dérobé tous ses biens, ce qui l’a profondément atteint alors qu’il se voyait toucher le sommet de sa carrière. Suite à cela, il a eu des problèmes au sein de son couple. « Certes, ces soucis ont dû le plonger dans la maladie, mais j’ai déjà pardonné du fond de mon cœur tous ceux qui lui ont causé du tort. Je n’en veux à personne. », confie-t-elle.

Une leçon de gratitude

L’année touche à sa fin et Mama Buntu n’oublie pas tous ceux qui lui sont venus en aide. « Tu vois, ce matelas au fond de la pièce, ce sont des bienfaiteurs qui me l’ont donné. Avant, je me couchais sur de vieux cartons ». Cette mère reconnaît que sans la bienveillance de son prochain, elle et son fils seraient perdus. Elle me raconte plusieurs anecdotes comme la fois où une dame travaillant dans cet hôpital lui a remis 90 000 Fbu provenant d’un inconnu. Ou ce visiteur qui leur a acheté 3 paquets de lait. Des proches qui lui offrent des médicaments pour son fils. Des médecins qui cotisent pour lui donner une somme d’argent pour combler leurs besoins. « La plupart sont des personnes que je ne connais pas. Le bon Dieu me les envoie pour aider mon fils. Bénis, sois mon prochain ! », dit-elle, le cœur plein de gratitude. « Il m’arrive aussi de partager la nourriture avec d’autres malades ou gardes malades qui en ont besoin. », ajoute-t-elle.

Vers la fin de l’année, elle reconnaît également que des personnes collectent des fonds pour fournir des provisions aux malades. Hélas, les démunis se comptent par centaine voire plus à l’hôpital roi Khaled, ce qui fait qu’il y a ceux qui ne profitent pas de cette magie de Noël. En effet, suite à la naissance de l’enfant Jésus, les cœurs s’attendrissent et beaucoup en profitent pour venir en aide aux malades dans les hôpitaux, aux enfants dans les orphelinats ou aux sans-abris.

 

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