article comment count is: 1

Lettre d’un parent au ministre du Commerce : « Hélas, les jeunes continuent de consommer la liqueur Kick »

Malgré les mesures prises par la ministre du Commerce, Marie Chantal Nijimbere, pour limiter la consommation des boissons ayant une teneur en alcool dépassant 16 %, les jeunes font preuve d’une grande ingéniosité pour se procurer la liqueur Kick. Cela a suscité l’indignation d’un parent, qui a décidé de lui écrire une petite missive.

Madame la Ministre,

C’est avec une grande inquiétude que je constate que les jeunes continuent de faire preuve d’une ingéniosité déconcertante pour contourner les restrictions et se procurer la liqueur Kick. Or, cette situation représente un véritable danger public, et il est regrettable de constater que les autorités peinent à y mettre fin de manière efficace.   

Madame la Ministre,

Avec tout le respect que je vous dois, les questions ne manquent pas. Malgré les préoccupations exprimées par les parlementaires quant aux impacts de cette boisson sur la santé des consommateurs, pourquoi reste-t-elle sur le marché ? Vous avez expliqué que vous ne pouviez pas fermer toutes les usines ayant des licences d’exploitation, mais cela n’est pas convaincant. Qu’est-ce qui prime entre les intérêts du pays et la santé de la population ? 

Madame la Ministre,

Je sais que vous êtes une mère. Avoir un enfant accro à l’alcool n’est pas facile à gérer. Mon fils a 18 ans et a commencé à consommer Kick dès l’école secondaire. Il a d’ailleurs abandonné ses études. À l’heure actuelle, il est devenu insupportable. Non seulement, il est alcoolique, mais il ne cesse de nous voler de l’argent à la maison. Il ne sait plus quoi faire de sa vie, et nous ses parents, nous ne savons plus comment le contrôler ni comment l’aider à arrêter cette boisson. 

Je sais que je ne suis pas la seule mère à traverser ce calvaire. Mais ça fait mal au cœur d’élever son enfant jusqu’à un certain âge et le voir gâcher son avenir dans l’alcool. 

Madame la Ministre, 

A moins que je me trompe, vous n’êtes pas la première et sans doute pas la dernière à prendre une telle mesure. En août 2021, le Bureau de normalisation burundais (BBN) avait annoncé que les boissons de plus de 16 % d’alcool ne seront plus certifiées. Pourtant, jusqu’ici, aucune parmi les sociétés fabricant ces boissons, n’a été inquiétée.

Madame la Ministre, 

Cette missive est comme un cri du cœur. Il est temps de rassembler un cadre de dialogue avec toutes les parties prenantes qui peuvent statuer sur cette question. À défaut de cela, le gouvernement devra en payer le prix fort. D’ailleurs, l’ambition de faire du Burundi, un « Pays Emergent en 2040 et Pays Développé en 2060 » restera une illusion.

 

Est-ce que vous avez trouvé cet article utile?

Partagez-nous votre opinion

Les commentaires récents (1)