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Lettre au Ministre Alain Ndikumana : bravo, courage et prudence

Alors que le Burundi révise sa loi budgétaire 2025-2026, une voix a surgi, claire et ferme, là où beaucoup chuchotent à peine. Celle du ministre des Finances, du Budget et de l’Économie numérique, Dr Alain Ndikumana. Devant l’Assemblée et le Sénat, il a dit haut ce que d’autres murmurent tout bas. Un courage rare, qui est salué par un blogueur à travers cette lettre.

Monsieur le ministre,

Permettez-moi de vous dire simplement « bravo ». Bravo d’incarner un espoir que beaucoup de Burundais avaient rangé au placard des bonnes intentions. Votre franc-parler, votre optimisme assumé, votre façon d’affronter les vérités qui dérangent, dessinent une silhouette singulière sur notre scène politique actuelle.

En nommant l’indiscipline budgétaire, les comptes publics opaques, les dossiers de corruption camouflés derrière les subventions agricoles ou les marchés publics, vous osez ce que d’autres ministres, par peur des puissants, évitent. Toutes mes félicitations.

En refusant d’étouffer les scandales, vous envoyez un signal d’espoir à des millions de Burundais. Vos engagements clairs, vos solutions concrètes, votre appel à revoir notre gouvernance plutôt que de mentir en disant que tout va bien, tout cela est salué par nous, burundais lambda.

Monsieur le ministre,

Face aux menaces que vous avez évoquées, vous avez sans doute constaté que dans notre pays, nombreux sont ceux qui voient la vérité, mais détestent se tenir de son côté, au grand jour. Alors, puissiez-vous maintenir cette détermination lucide, mais soyez également malin. Ne soyez pas naïf que tout le monde, même ceux qui sont proches de vous au gouvernement, se réjouit de vos réalisations. Un indifférent face à l’injustice ne saurait soutenir la vérité, bien entendu.

Conduisez-vous avec prudence, agissez avec rigueur, parlez avec mesure. Certains vous diront que « toute vérité n’est pas bonne à dire (publiquement) », peut-être pour se dédouaner de toute responsabilité. Moi, je vous dis que c’est plutôt tout ce qu’il faut aux Burundais, actuellement, bien évidemment avec une stratégie. L’ex-ministre des travaux publics, Dieudonné Dukundane, reste un exemple parlant. Lui aussi était arrivé avec une énergie et une intégrité semblables. Et puis… le silence. Disparu de la scène comme s’il n’y avait jamais été. Pourquoi ? La question mérite réflexion.

Monsieur le ministre,

Le président du Sénat a raison ; dans l’ombre, des cœurs prient pour vous, espérant voir votre détermination se concrétiser. Notre rêve collectif est de voir le Burundi remettre en question sa gouvernance, cibler les dysfonctionnements, éradiquer la corruption et embrasser un changement durable. Vous nous en donnez l’espoir qu’une émergence réelle, portée par des femmes et des hommes intègres, est possible.

Votre doctorat n’est pas qu’un titre. C’est un symbole et vous le défendez très bien. En incarnant la capacité à penser le long terme, à transformer la théorie en action, inspirez-vous des modèles qui ont réussi ailleurs, dans l’art d’aligner les finances sur une vision ambitieuse. Adaptez ces leçons à notre terre, à nos défis.

En cette fin d’année, je vous souhaite une santé de fer, une implication sans faille, et la sagesse d’un serviteur de l’État. Le pays compte sur vous. La Vision 2040 compte sur vous. Le peuple burundais compte sur vous. Nous espérons que d’autres ministres vous emboîteront le pas, formant une coalition du courage qui rendrait fier ceux qui les ont mandatés, et redoreraient enfin le blason du Burundi pour les années à venir. Vous êtes déjà mon deuxième, après le ministre Arthémon Katihabwa.

Meilleurs vœux pour 2026.

 

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