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Le stress et la solitude, nouveaux compagnons des étudiants étrangers

Derrière le rêve d’étudier à l’étranger se cache souvent une épreuve silencieuse. Entre solitude, choc culturel et pression de réussir, nombreux sont les étudiants étrangers à sombrer dans le mal-être. Un témoignage sincère d’un étudiant qui a connu ce poids de l’intérieur.

Partir étudier à l’étranger, c’est souvent le rêve d’une vie. Un rêve nourri de promesses : une meilleure éducation, une ouverture sur le monde, un avenir plus stable. Mais derrière les images idéalisées de réussite et d’indépendance se cache une autre réalité, plus discrète, plus intime : celle du stress, de la solitude et du mal du pays. Loin de nos familles, de nos amis et de nos repères culturels, nous devons apprendre à nous reconstruire dans un environnement souvent froid et exigeant. Le choc culturel, les difficultés financières, la barrière linguistique et la pression académique forment rapidement un cocktail difficile à gérer.

Pour certains, les journées s’enchaînent entre cours, petits boulots et insomnies, tandis que les appels à la maison deviennent des soupirs de soulagement temporaires. Dans ce contexte, la santé mentale se fragilise. L’anxiété, la fatigue émotionnelle et la sensation d’isolement s’installent insidieusement. Pourtant, derrière chaque étudiant se cache une histoire de courage, d’adaptation et de lutte silencieuse. Et si aujourd’hui j’ai décidé d’en parler, c’est pour briser ce mur du silence et rappeler que la réussite universitaire ne peut se construire au détriment du bien-être mental.

Loin des siens, près du burn-out 

Pour beaucoup de jeunes, partir étudier à l’étranger représente une chance inespérée : accéder à une formation de qualité, découvrir une autre culture, bâtir un avenir meilleur. Mais derrière les photos souriantes et les récits enthousiastes, une réalité plus difficile s’installe. Loin des siens, il faut affronter la solitude, la pression académique et, pour certains, la précarité financière.

Le poids des attentes est immense. Certains cumulent études exigeantes et petits boulots pour subvenir à leurs besoins. D’autres luttent contre la barrière de la langue ou le sentiment d’exclusion.
Dans mon cas, à force de vouloir tout gérer, je me suis épuisé. Il y a quelques semaines, les troubles du sommeil, l’anxiété et la perte de motivation étaient devenus monnaie courante, des signaux que j’ignorais jusqu’à ce que le corps me lâche. Par peur du jugement, j’ai préféré me taire. Mon mal-être était donc invisible, caché derrière une réussite apparente.

Sous les étoiles d’un autre ciel, les blessures du silence

Chaque soir, je levais les yeux vers les étoiles d’un ciel étranger et je pensais à celles qui brillaient chez moi, loin de moi. Ce contraste me rappelait à quel point j’étais isolé. Les rues animées, les rires des passants, les boutiques bondées… tout semblait vibrant de vie, mais pour moi, l’éloignement se transformait en solitude. Même entouré de mes camarades de classe, je ressentais ce décalage diffus, cette impression que personne ne pouvait vraiment comprendre ce que je traversais.

Les journées défilaient entre cours exigeants, devoirs interminables et tentatives de rester actif pour ne pas sombrer dans l’isolement. Les nuits, elles, étaient souvent les plus dures : insomniaque, je ressassais mes inquiétudes, ma famille me manquait et la pression de réussir me pesait. J’ai appris à sourire devant les autres, à masquer la fatigue et le doute. Mais à l’intérieur, le silence pesait lourd. Il devenait ce compagnon invisible, celui qui écoute sans juger mais laisse une empreinte profonde sur l’esprit et le cœur.

Parler de ce mal-être est difficile. On ne veut pas paraître faible ni ingrat face à la chance d’étudier à l’étranger. Pourtant, je savais que ce silence était dangereux : il creusait la distance entre ce que je montrais et ce que je ressentais vraiment. Aujourd’hui, je choisis de partager cette expérience, non pas pour me plaindre, mais pour rappeler que chaque étudiant venu d’ailleurs porte ses blessures invisibles sous un ciel étranger, et que reconnaître ce poids est la première étape pour s’en libérer.

Continuer, avancer malgré tout 

Souvent, tard dans la nuit, je restais assis dans ma chambre, seul, le téléphone silencieux à côté de moi. Dehors, les étoiles brillaient, immuables, magnifiques, mais elles ne réchauffaient pas mon cœur. Je pensais à ma famille, à mes amis, aux repas partagés, aux rires que je ne retrouverais plus. Ici, les journées sont longues et chargées… et puis ce silence, constant, qui s’installe dès que les bruits de la ville s’éteignent. Je souriais devant les autres, je disais que tout allait bien. Mais à l’intérieur, je me sentais épuisé. Parfois, je me demandais si ce rêve valait ce prix. Ce sentiment de vide, cette fatigue invisible, cette peur de lâcher prise alors que tout le monde attendait que je réussisse. Et pourtant, j’ai continué.
J’ai continué parce qu’il y avait cette petite voix, celle qui me rappelait pourquoi je suis parti, ce que je veux construire. J’ai continué parce que partager mon silence, même à travers ces mots, me soulage un peu et me fait sentir moins seul.

Peut-être qu’un jour, d’autres comprendront que, sous un ciel étranger, les étoiles ne suffisent pas toujours à réchauffer le cœur. Mais le courage, la résilience et le soutien des autres peuvent créer une lumière qui, doucement, guérit, guide et réconforte.
N’oublions pas que les étoiles brillent au-dessus d’un ciel étranger, mais qu’elles ne réchauffent pas toujours le cœur. Loin des siens, le silence pèse et chaque sourire cache une fatigue invisible. Pourtant, parler, être écouté, c’est déjà faire naître une lumière dans l’obscurité.

 

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Les commentaires récents (5)

  1. On comprend que être ailleurs du pays ne suffise pas pour avoir un épanouissement totale physiquement que mentallement ,l’entourage fait partie de nos atout qui nous accomplisse dans notre reussite

  2. La vie à l’étranger c’est tellement difficile, la réussite est un sacrifice de tout ce que je peux appeler le bien être de soi, comme dit l’auteur il faut rester courageux, regarder d’où on vient

  3. Kwiga mu mahanga bigomba gusa n’ukuja gukora mu mahanga. Ubwirizwa kumenya icakujanye, l’unique motivation pour rester dans un monde impitoyable

  4. C’est la réalité que nous vivons, comme le souligne l’auteur.

    Pour ma part, je n’ai jamais été seul : je savais qu’il y avait un Dieu — Père aimant, Ami fidèle et Conseiller précieux — qui me portait jour après jour.
    Je Lui parlais de tout ce que je traversais, de mes peurs comme de mes espoirs, et c’est avec une paix profonde que j’ai pu achever mes études.

    À tous les étudiants qui cherchent la paix dans l’alcool ou d’autres échappatoires, je veux dire qu’il existe un Ami fidèle, capable de soutenir, de guider et de restaurer. C’est Lui qui m’a aidé.
    Jah bless.