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« Je ne vis pas, je vivote »

Alors que le monde célèbre la journée internationale des travailleurs, une employée, vivant en Mairie de Bujumbura raconte son calvaire après huit mois sans salaires, locataire, et ayant une famille à charge. Pour joindre les deux bouts du mois, elle est obligée de contracter des dettes sans cesse. Ceci est une violation du code du travail estiment les Association des consommateurs et celles des Employeurs.  

« Le dernier salaire en date perçu est celui du mois d’août de 2022. Je l’ai reçu au mois de février 2023. Mes dépenses mensuelles dépassent largement nos rentrées. Tenez ! Je touche 650 000 Fbu. Dès que l’on me paie, je demande immédiatement une avance sur salaire dans ma banque, ceci pour dire que je touche réellement 320 000 Fbu après avoir retiré le remboursement de l’avance et les frais de tenue du compte. Le loyer est a 250 000 frs, mon bébé consomme 3 boites de lait par mois à raison de 25 000 Fbu chacune. D’ailleurs, on vient d’augmenter le prix et on l’achète aujourd’hui à 32 000 Fbu. Le minerval est de 125 000 Fbu. Là, je ne mentionne pas le repas, plus de 10 mille Fbu y compris le charbon. L’eau et l’électricité doivent être payées. Je ne compte pas non plus les différents déplacements et les imprévus. Je ne vis, je vivote »

Cette employée raconte qu’aujourd’hui elle est dans une impasse. « Je parcours mes contacts téléphoniques pour écrire de petits messages aux ami (e)s qui sont au pays ou à l’étranger pour me dépanner. » Heureusement, dit-elle, Whatsapp a rendu les choses plus ou moins facile. Certains compatissent et font signe de vie, d’autres ont eux aussi des problèmes financiers.

Une violation fragrante de la loi 

« Un employeur qui passe 10 mois sans verser les salaires aux employés aux échéances convenues viole la loi, précise l’Association des Employeurs du Burundi. Cela arrive d’habitude en cas de difficultés économiques. Même dans ce cas, les parties cherchent ensemble une solution à l’amiable. Et si l’employeur fait des retards injustifiés dans le versement des salaires, les employés ont le droit de saisir l’inspection du travail », martèle Gaspard Nzisabira secrétaire général de l’AEB. 

Cette violation de la loi est en outre évoquée par l’Association burundaise des consommateurs ABUCO. A l’heure de la hausse des prix des produits de première nécessité, le secrétaire général dit ne pas comprendre une telle situation et avoue compatir. Il appelle l’employeur à honorer ses engagements car indique-t-il « ceci a des conséquences fâcheuses également sur la personne et la qualité du travail. » 

L’employeur communique peu sur cette situation et se contente de dire « je reconnais les arriérés, dès que possible ils auront un ou deux mois de salaires  »

Selon M. Nzisabira, les employeurs doivent faire tout leur possible pour rémunérer leurs travailleurs. Avoir des difficultés financières, dit-il,  c’est normal. « Il faut par conséquent opérer des changements pour réduire la masse salariale et garder un personnel qu’ils sont capables de payer. Se rappeler qu’ils ont des familles. L’article 13 du code du travail de novembre 2020 est clair. », conclut-il.

 

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